Le statut d’étudiant-indépendant en 5 questions

Le statut d’étudiant-indépendant en 5 questions

Depuis 2002, en Belgique, le nombre d’indépendants est en constante augmentation. L'an dernier, l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI) en a dénombré au total 1.112.646, dont 6.283 sous le statut d’étudiant-indépendant.  

Pourquoi prendre ce statut ?  

Pour l’instant, Il semble que les étudiants le choisissent plus par nécessité que par réelle envie de se lancer dans la vie d’indépendant avec ses nombreuses contraintes.  

Pour Marie par exemple, le statut d’étudiant-indépendant était le moyen de mettre un pied dans son milieu professionnel tout en restant aux études. « J’avais été engagée dans une presse locale pendant les vacances d’été sous contrat d’étudiant mais une fois l’année scolaire recommencée, c’était plus facile pour eux de facturer à l’article, donc j’ai pris le statut d’étudiante-indépendante. » 

Auprès de qui les étudiants se renseignent pour obtenir ce statut ? 

Dans un premier temps, c’est par le bouche à oreille. C’est souvent par l’intermédiaire d’un ami, d’un collègue ou d’un membre de la famille qu’ils entendent parler du statut. Ils se renseignent ensuite sur Internet et finissent par se rendre à un guichet d’entreprises.  

« Il faut chercher soi-même. On ne nous en parle pas à l’école », nous dit Pauline, étudiante-indépendante dans le milieu de la photographie.  

A quel point est-ce difficile d’obtenir des informations ?  

Les sources d’informations sur Internet sont nombreuses, mais insuffisantes. Quant aux guichets d’entreprises, ils ne semblent pas non plus très proactifs ou suffisamment formés pour diffuser l’informations auprès des jeunes. 

C’est en tout cas l’avis de Thomas, journaliste. « A aucun moment, lors de mon inscription, on ne m’a demandé si je savais comment fonctionnait le statut d’indépendant, ce que je devais faire, à quoi je devais faire attention pour éviter les mauvaises surprises, explique-t-il. C’est un peu comme si on m’avait donné un permis de conduire sans m’avoir donné de cours. »  

Léo, fondateur d’une agence de communication digitale, confirme : « les informations manquent parfois de détails sur les obligations administratives liées au statut. Ce qui mène à des situations confuses. Un guichet d’entreprises bien connu nous a par exemple refusé l’inscription car ils n’étaient pas au courant que le statut était valable jusqu’à la fin du troisième trimestre de l’année des 25 ans. Pour eux, il prenait fin dès les 25 ans atteints. » 

Quels sont les avantages du statut d’étudiant-indépendant ? 

Il y a bien-sûr le fait de rester à charge de ses parents et de bénéficier des allocations familiales. Mais d’après Marie, ce n'est pas tout : « le service permet de se baigner dans le secteur d’activités que l’on veut intégrer plus tard, en étant encore étudiant ». Pauline ajoute, « c’est avantageux parce qu’on peut faire des frais comme les indépendants et c’est intéressant pour mon matériel, pour mes shootings, pour mes déplacements, etc. ».  

Et ses limites ? 

Parmi les limites selon Léo : « l’obligation de pérenniser son activité avant fin septembre de l’année de ses 25 ans. Après cela, même si on est toujours aux études, on ne peut plus bénéficier de ce statut et de tous les avantages liés ». Mais, au final, c’est surtout le manque d’informations claires et spontanées de la part des interlocuteurs aux guichets d’entreprises qui semble être le problème majeur.  

« Il faut plus d’informations spontanées parce que, vu qu’on ne sait pas où on met les pieds, on ne pose pas forcément les bonnes questions. On se laisse porter par les conseillers mais on n’est pas accompagné, il n’y a pas de suivi, regrette Thomas. C’est un statut qui est encore assez obscur. Quand on est jeune, on a besoin de quelqu’un qui nous guide et nous explique tout ce qui pourrait arriver parce qu’on ne peut pas le deviner. » 

Dans les grandes lignes  

  • Statut accessible aux étudiants à titre principal (en vue d’obtenir un diplôme reconnu par une autorité compétente en Belgique), âgés de 18 à 25 ans (fin des droits le 30 septembre de l'année des 25 ans) et exerçant une activité d’indépendant. 

  • Aucune cotisation sociale pour les revenus inférieurs à 6.923,69 euros par an (montant indexé en 2019), puis cotisation réduite de 20,5% entre 6.923,69 et 13.847,39 euros. 

  • Maintien des allocations familiales si l’étudiant-entrepreneur est exonéré de cotisation sociale ou preste moins de 240 heures par trimestre. 

  • L’étudiant-entrepreneur reste à charge de ses parents pour le remboursement de ses soins de santé si ses revenus sont inférieurs à 6.923,69 euros par an. 

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