Au travail aussi, faut qu'on cause !

Au travail aussi, faut qu'on cause !

Mettre le doigt sur les dysfonctionnements qui gangrènent une entreprise, c'est l'une des missions que relèvent les consultants et analystes en communication. Leur promesse aux clients : prendre suffisamment de hauteur pour avoir une vision globale des forces et des faiblesses de l'organisation, et y défaire les nœuds, même les plus coriaces. Rencontre avec Sandra Mpoyi, une de ces magiciennes des relations humaines sur le lieu de travail. 

Parler vrai pour communiquer mieux 

Si Sandra Mpoyi porte plusieurs casquettes au quotidien, celle de consultante en ressources humaines a un objectif très clair, surtout dans le secteur privé : optimiser le rendement de l'entreprise qui fait appel à ses services, fluidifier les communications en interne, éviter les conflits et, finalement, renforcer l'esprit d'équipe général. Le tout avec transparence, en discutant avec l'équipe de management d'abord, et avec les collaborateurs un par un ensuite.  

Un travail qui se base donc sur la confiance, mais aussi sur une parole qui se libère enfin. « L'expérience m'a montré que le fait que chacun puisse venir s'exprimer, me parler en tant que personne externe, amène un allègement spontané. Parfois, le simple fait de mettre des mots permet de désamorcer des situations problématiques. Et puis, dans un second temps, on fait les liens entre les choses et les gens. Je me demande alors où est-ce que la communication a commencé à dérailler ? Qu'est-ce qui n'a pas été dans l'identité des personnes concernées ? Et qu'est-ce qui a fait que le message n'a pas été entendu, reçu ou perçu correctement ? »  

Rien de tel qu’un regard extérieur 

Au bout du processus, une rencontre collective permet de partager les lignes de forces et de faiblesses du système humain que l'experte aura mises en avant, pour ensuite engager les solutions, en équipe. L'expérience a été vécue par Nicolas Deisser, fondateur de l'entreprise de conseils en assurance, In Finia.  

Il témoigne de l'efficacité d'un profil comme celui de Sandra Mpoyi : « je pense qu'il faut prendre le temps et la peine d'externaliser tout ce qui est organisationnel, relationnel et lié à la communication. C'est difficile au jour le jour de positionner correctement chaque personne dans une structure qui tourne très vite. Et puis il y a le côté humain : Sandra, a plus de facilités, elle est plus lucide que quelqu'un qui travaillera dans la pure analyse en posant 300 questions pour finalement sortir des graphiques éternels et indigestes. Elle a été nettement plus efficace pour nous que ces études de bien-être au travail très théoriques, qui ont fait la tendance il y a quelques années. » 

Trouver la perle, à la bonne place 

Pour Nicolas Deisser, l'idéal serait même de réaliser ce genre de travail en amont. « On essaie toujours de réparer des choses cassées... Mais pourquoi ne pas être proactif et faire en sorte de bien entretenir la machine avant que des choses ne s'écroulent ? » La mission peut, en effet, être entreprise à l'étape du recrutement, de manière à former des équipes équilibrées, avec une belle dynamique. 

« Là, mon travail sera de définir, parmi les candidats, la personne qui trouvera sa place, explique Sandra Mpoyi. Par exemple, il est important d'éviter les structures concurrentielles, avec des personnes qui ont toutes le même âge, le même profil... Et qui finiront, même de manière inconsciente, par se sentir en compétition, et donc pas se tirer dans les pattes. » Le mot d'ordre serait donc, au boulot aussi : assieds-toi, on va causer. 

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Quel est le lieu qui incarne, pour vous, le monde d’après
? Jean Macq, professeur en santé publique à l'UCLouvain, a décidé de poser, à deux pas de l’université, devant une maison médicale, modèle parfait de ce en quoi il croit pour le futur des soins de santé
: «
La maison de santé, à deux pas de la crèche parentale, illustre bien l’importance de la notion de territoire qui doit guider notre vision de la santé dans le monde d’après. Plusieurs professions au cœur d’un quartier, donc au plus près du quotidien des habitants.
»

    Penser le monde d’après: «L’avenir de la santé dépend autant du lien social que de l’innovation technologique»

  2. Le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski , en meeting parmi ses partisans, vendredi à Zgierz.

    Pologne: une présidentielle aux airs de référendum pour ou contre le PiS

  3. Pour le télétravail durant la crise du coronavirus, un montant de 126,94 euros par mois comme indemnité de bureau est défiscalisé.

    Opération Impôts: à quoi va ressembler votre déclaration 2021?

La chronique
  • Enseignement à distance: Loin des yeux, loin du cœur des missions de l’Université

    Dans la liste des « occasions à saisir » apportées par le Covid-19, à côté du télétravail, l’e-learning (l’apprentissage à distance) et le blended learning (la multimodalité ou la pratique d’enseignement mixte, en présentiel et distanciel avec des technologies dites « nouvelles ») figurent au sommet. Cependant, il s’agit là surtout de la poursuite d’un mouvement engagé depuis une dizaine d’années, malgré une résistance passive mais parfois ferme de la part d’une grande partie du personnel académique. Dans notre beau pays, certains recteurs ou rectrices enthousiastes, voire prosélytes, et leurs équipes investies de la mission de mise en œuvre du blended learning, pourraient donc bien chercher à tirer profit de la crise : un méchant virus, un confinement et trois mois de débrouillardise et d’improvisation en ligne imposées par les autorités et sans concertation avec les acteurs de terrain sauront-ils nous convertir à cette nouvelle mise en forme de l’enseignement supérieur ? Le mécanisme politique à l’œuvre est bien connu...

    Lire la suite

  • Avis à Emmanuel Macron: on n’a pas deux fois l’occasion de faire bonne impression

    Et donc, en France, c’est le Président qui a un gros problème – des politologues le disent même détesté –, c’est son Premier ministre qui est populaire, mais c’est ce dernier qui remet son tablier.

    Il est trop tôt pour prendre la totale mesure du « changement » que veut imprimer un Président en grande difficulté en remplaçant Édouard Philippe par le haut fonctionnaire Jean Castex. Il faudra attendre la composition du gouvernement et vérifier s’il y a, par exemple, constitution d’...

    Lire la suite