La digitalisation va-t-elle impacter mon job ?

La digitalisation va-t-elle impacter mon job ?

Depuis 5 ou 6 ans, les livres se multiplient autour de la « révolution digitale ». Les économistes se sont aussi emparés du sujet pour tenter de cerner ses effets sur les emplois. Une des premières études publiées fut celle de Carl Benedikt Frey et Michael Osborne de l'université d'Oxford. En 2013, ils ont classé 702 métiers aux USA en fonction de leur probabilité d'être concernés par l'automatisation. Verdict : 47% ont un « très haut risque » de disparaitre ! Bye bye les agents de call centers, les techniciens mathématiques, les aides comptables, les archivistes...


Michael Osborne – The impact of AI on jobs

Pas assez de données

L'avenir serait-il si sombre ? « Le problème avec la digitalisation, c'est que nous manquons de données et d'outils pour en cerner les impacts futurs, observe Vincent Calay, chargé de recherches à l'Iweps, l'Institut wallon de l'évaluation, la prospective et la statistique. La digitalisation est en soi difficile à saisir. Car elle progresse à des rythmes différents selon les secteurs et les entreprises. Elle dépend de leur ouverture à l'international, de leur niveau de compétitivité, de leur capacité à investir. » Difficile, donc, de tirer des généralités.

Pour contourner l'obstacle, l'Iweps a privilégié un autre type d'analyse. « D'une part, nous avons pris le modèle de Frey et Osborne et nous l'avons adapté à la Wallonie. D'autre part, nous avons consulté une vingtaine de secteurs, afin de connaître leurs intentions en matière d'innovation. Nous avons ensuite croisé les deux approches, quantitative et qualitative, et obtenu de nouvelles simulations. »

Une cause, trois effets

Selon cette démarche, la digitalisation aurait trois types d'effets. Le premier est la disparition. C'est ce qui risque d'arriver à 11% des jobs (au lieu des 47% de Frey et Osborne). Ceux dans l'encodage et les services administratifs vont ainsi être concurrencés par la bureautique. Ceux dans les entrepôts logistiques vont être remplacés par des robots. Ceux dans l'agriculture vont faire place à des drones et des logiciels de gestion des cultures...

Le second effet consiste en une transformation. Ici, les tâches humaines ne disparaissent pas mais changent de nature. Près de 50% des emplois seraient concernés. Ceux dans le commerce devront de plus en plus s'adapter à la vente par Internet. Ceux dans l'industrie manufacturière abandonneront le travail répétitif au profit de la gestion. Ceux dans la construction s'aideront de logiciel BIM, de cobots ou de lunettes 3D. Etc.

Enfin, le troisième effet est le plus léger. Ici, les métiers ne changent pas fondamentalement. Ils subissent juste une adaptation. C'est le cas pour toutes les professions touchant à la personne : soins de santé, enseignement, culture... Exemple : le prof continuera de donner cours et d'interroger ses élèves mais pourra aussi s'aider de Moocs, ces formations en ligne. Quelque 39% des emplois devraient être touchés de cette manière.

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