Le profil que toutes les entreprises vont s’arracher

Le profil que toutes les entreprises vont s’arracher

Dans la famille top management, je voudrais le CDO pour Chief Data Officer. Un poste récent, même si la question de la digitalisation des entreprises, elle, est loin de l’être. D’après le cabinet Gartner, fin 2019, 90% des grandes sociétés auront nommé un CDO. Une progression vertigineuse quand on sait qu’à l’heure actuelle 68% seulement des 1000 plus grandes entreprises américaines ont déjà franchi le pas (12% en 2012). 

Un rôle stratégique 

Qui est exactement le Chief Data Officer ? Jusqu’ici, pas vraiment de consensus sur cette question. Une chose est sûre : c’est un agent du changement. Celui qui va gérer la transformation digitale, collecter et traiter les données, et définir la stratégie analytique. C'est donc celui qui va permettre de désiloter l’organisation, en centralisant les données et leur analytique.  

Mais surtout, le CDO, c’est celui qui va convaincre (ou pas) tous les employés du bien-fondé de cette transformation digitale, mais aussi de la nécessité de se former pour comprendre, analyser et maîtriser ces données. 

Dans tous les cas, le Chief Data Officer est un gros poisson, un membre de la “C-Suite” comme l’appellent les anglophones, tout comme le CEO, le CFO (Chief Financial Officer), le COO (Chief Operational Officer) ou encore le CHO (Chief Happiness Officer). Pendant longtemps, c’est souvent le CIO (Chief Information Officer) qui s'occupait de gérer simultanément les informations et les données dans une optique de sécurité et de meilleure gouvernance. Mais le volume de data explose. La gestion et surtout la valorisation des données sont devenues un job à part entière tant celles-ci sont essentielles pour gagner en efficacité et prévenir les risques. 

Un profil à mi-chemin entre technique et business 

D’après une étude d’IBM, deux-tiers des entreprises ayant créé un poste dédié affirment surpasser leurs concurrents en termes de parts de marché et d’innovation générée par les données. Elles ont aussi, selon KPMG, deux fois plus de chances que les autres d’avoir une stratégie digitale claire. 

Jusqu’ici, la majorité des Chief Data Officer ont une formation plutôt business, les compétences en matière de management et de communication étant essentielles pour réussir à dépasser les réticences au changement au sein de l’organisation. Mais avec la place de plus en plus grande prise par le machine learning et l’intelligence artificielle, les profils techniques tendent progressivement à prendre le pas. 

Mais à long terme, quel avenir pour la fonction ? Que se passera-t-il quand la transformation digitale aura abouti et que l’utilisation des données se sera généralisée dans les différents services des entreprises ? Le rôle du CDO consistera sans doute surtout à rechercher de nouvelles manières de valoriser ces données. Il y a fort à parier que c'est là-dessus que les meilleurs feront la différence... 

 
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