La téléphonie fixe sur son petit nuage

La téléphonie fixe sur son petit nuage

Le phénomène des cord-cutters ne touche pas que le câble télé. Votre ligne fixe se trouve peut-être déjà dans le cloud… ou le sera bientôt. Voici pourquoi. 

La ligne fixe résiste encore 

On comptait fin 2018 plus de 2,5 millions de lignes fixes encore actives en Belgique, auprès des particuliers et des sociétés. Et pour cause : ces lignes sont encore présentes par défaut dans les « packs » vendus aux consommateurs, à plus forte raison aux entreprises. Depuis 2015, le trafic des communications fixes a pourtant chuté de 25 %.   

La ligne fixe n'en est pas morte pour autant. Longtemps liée au cordon téléphonique, elle a depuis quelques années migré vers des lignes numériques, directement reliées aux modems des opérateurs. La prochaine grande mutation est connue et le monde de l'entreprise la pratique depuis longtemps. C'est la téléphonie par internet et surtout, dans le cloud.  

Un numéro de téléphone dans le cloud 

La téléphonie a longtemps été liée à un appareil, lui-même branché sur le réseau commuté. Son évolution ressemble à celle du courrier électronique. Au départ, nous avons d'abord appris à télécharger et traiter les messages sur un seul ordinateur. Puis, progressivement, avec l'avènement de Hotmail, Gmail ou Mail.be, nous avons naturellement évolué pour gérer ces mêmes messages depuis n'importe quel appareil connecté à internet.  

La téléphonie dans le cloud suit le même principe. L'idée est que la ligne fixe d'hier est hébergée sur un serveur. Et qu'il est possible d'y accéder soit par un téléphone fixe (dit IP), soit via le navigateur web, soit via une application mobile. Le service Google Voice (racheté à GrandCentral) montre la voie à suivre depuis 10 ans : un numéro de téléphone, attaché au cloud, permettant de gérer ses SMS et ses appels depuis le web ou une application mobile.  

Une ligne fixe dans un pack télécom est loin d'être gratuite. Les coûts en sont bien souvent tout simplement cachés. Dans le cloud, les tarifs sont plus transparents. Et le numéro n’est plus lié à aucun cordon et aucun emplacement physique. 

De nombreux prestataires en Belgique 

3StarsNet, Belgium VOIP... les acteurs locaux ne manquent pas. Souvent associés au marché des entreprises, ils disposent pourtant souvent d'offres à destination des particuliers, indépendants et artisans.  

Exemple de pionnier local du domaine, l'entreprise Allocloud, basée à Saintes, affirme permettre 80% d'économies, avec une offre à 10 € par mois. Avec certains avantages par rapport à une ligne classique : la ligne bénéficie d'intégrations, permettant par exemple de reconnaître un client qui appelle, fiche client comprise.  

Autre acteur en pleine expansion, le luxembourgeois MixVOIP, qui vient de racheter l'opérateur belge IPFix. Objectif : s'attaquer au marché des TPE et des artisans, avec une offre particulièrement agressive à 7,90 euros par mois par utilisateur, communications comprises. 

Enfin, du côté des particuliers, l'hébergeur OVH s'est rapidement implanté dans la téléphonie fixe en Belgique. Ses offres de « lignes VOIP » démarrent à 0,99 € par mois, communications vers les fixes comprises. Si l'opérateur s'adresse davantage à des personnes capables de configurer elles-mêmes une ligne fixe, le jeu en vaut clairement la chandelle. Des adaptateurs et autres téléphones fixes compatibles sont vendus sur le site à partir de 50 €. 

Sur le même sujet
Quotidien connecté
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Il n’y a pas actuellement deux centres de dépistage où le fonctionnement du testing est identique. © Belga / Eric Lalmand

    Coronavirus: il suffira (bientôt) d’un SMS pour se faire tester

  2. Les dégâts ont été indescriptibles dans la capitale du Liban.

    Beyrouth: comment le nitrate d’ammonium peut se transformer en dangereux explosif

  3. Le président Bouchez s’astreint à un certain silence ne donnant plus d’interview et ne se répandant plus sur les réseaux sociaux. Histoire d’éviter toute polémique dommageable. © Pierre-Yves Thienpont

    Négociations fédérales: les libéraux soignent leurs bleus, attendant de revenir au jeu

La chronique
  • Lettre d’Europe: pour le climat, un objectif de papier mais des mesures insuffisantes en Belgique

    Comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique connaîtra une forte baisse de ses émissions de gaz à effet de serre suite au ralentissement économique causé par la crise du Covid-19. Selon le Bureau du Plan, organisme indépendant d’intérêt public qui réalise des études et de la prospective, elles devraient plonger de 13 % entre 2019 et 2020. Mais le répit sera de courte durée : elles devraient ensuite se redresser. A tel point que, selon les experts du Plan, la baisse enregistrée entre 2019 et 2025 ne devrait être finalement que de 5 %.

    Si elle se vérifie, cette trajectoire ne permettra pas à la Belgique d’atteindre son objectif de réduction : -35 % par rapport à 2005 dans le secteur non-industriel (non-ETS, en jargon). Mais les prévisions du Plan ont ceci de particulier qu’elles sont réalisées « à politiques inchangées ». Les experts n’intègrent dans leurs calculs que les décisions prises et en...

    Lire la suite

  • Ras-le-bol? Est-ce vraiment bien le moment?

    L’adhésion à la lutte contre le Covid est-elle en train de filer entre les doigts des autorités politiques et sanitaires ? Pas de sondage encore, mais des impressions recueillies ici et là, une fatigue lancinante, un ras-le-bol qui va crescendo alors que paradoxalement la pandémie rebondit.

    Face au Covid, la communication politique et scientifique est cruciale.

    Elle doit convaincre du bien-fondé de l’effort collectif et individuel. Mais à quoi servent...

    Lire la suite