Un stage, en pyjama, sans quitter son canapé ?

Un stage, en pyjama, sans quitter son canapé ?

Résident(e)s des grandes villes et diplômé(e)s des universités les plus prestigieuses... Voilà le profil-type des stagiaires dans les plus grands cabinets d’avocats, les sociétés de conseil, ou encore les firmes d’audit. Résultat : un nombre de candidats limité et, au final, un manque criant de diversité. Le tout-numérique cependant pourrait venir bousculer cette réalité. Bienvenue dans l’ère du stage virtuel !  

Un format tout bénéfice pour les entreprises 

La pratique a déjà ses adeptes. Au Royaume-Uni, la startup Virtual Interships s'est spécialisée dans le « matching » entre les étudiants à la recherche d’expérience et les entreprises souhaitant offrir des stages à distance. Et ce n’est pas la seule sur ce créneau. L’australienne Inside Sherpa, elle, fournit aux entreprises des plateformes de stages virtuels clé en main.  

L’idée dans les deux cas : améliorer l’image employeur de ces entreprises, mais aussi leur donner accès à une palette beaucoup plus large de candidats. Le tout sans que celles-ci n’aient à mener d’entretiens ni à libérer d’espaces de bureaux pour accueillir ces stagiaires. « Nous pouvons trouver des gens avec des profils et des approches différentes, qui profitent à notre firme. Nous sommes très intéressés quand les gens ont un parcours différent », déclarait Berkeley Cox, chief executive partner chez KPMG, au média australien Financial Review. 

Et pour les stagiaires ? 

A chaque formule, ses conditions. Chez KPMG, comme pour l’ensemble des sociétés faisant appel à Inside Sherpa, l’étudiant n’a qu’à s’inscrire pour suivre le stage, sans débourser un centime. Au contraire, il peut même garder son job s’il en a un, organisant son apprentissage comme il l’entend. Les tâches qui lui sont proposées en ligne sont moins nombreuses mais similaires à celles confiées aux stagiaires « in house » : préparer des documents, conseiller des clients, ou encore interpréter des contrats légaux. 

Avec quelques différences de taille tout de même, en plus de la distance. Dans ce cas-ci, tout est fictif ! Aucun contact direct n’a lieu avec les professionnels, les explications ou conseils étant dispensés via des vidéos pré-enregistrées. Quant aux travaux rédigés par les stagiaires, ils ne donnent lieu à aucune notation. Un corrigé leur permet de s’auto-évaluer. Difficile dès lors d’y voir une opportunité de se construire un réseau, même si les entreprises en question ont tout intérêt à repérer les meilleurs éléments. 

Chez Virtual Interships, c’est un tout autre décor. Là, les stages de 2 à 6 mois sont bien réels, les stagiaires bénéficiant de formations avant d’accomplir de « vraies » tâches et de communiquer régulièrement avec leurs encadrants. Une différence qui a malheureusement un coût, la startup demandant 600 à 1200 livres pour jouer les intermédiaires. 

De plus en plus de formules devraient émerger avec le temps, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Dans tous les cas, pour une grande partie des bénéficiaires, c’est l’occasion de prendre le pouls d’une entreprise dans laquelle qu’ils n’auraient, de toute façon, sûrement pas mis les pieds. Parfois parce que leur parcours ne leur permet pas, parfois parce que leur localisation ne s’y prête pas.  

Sur le même sujet
Organisation
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. LEBANON-BLAST

    Beyrouth dévastée suite à de violentes explosions

  2. Lipszyc
: «
L’activité des services de renseignement étrangers sur le territoire belge est une vraie préoccupation.
»

    Serge Lipszyc (Comité R): «Prédire l’arrivée du Covid n’était pas une mission du renseignement belge»

  3. Jean-Marc Nollet et Rajae Maoune voient «
des lacunes importantes
» dans la note des préformateurs.

    Négociations fédérales: les verts recalent la note des préformateurs Magnette et De Wever

La chronique
  • Lettre d’Europe: pour le climat, un objectif de papier mais des mesures insuffisantes en Belgique

    Comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique connaîtra une forte baisse de ses émissions de gaz à effet de serre suite au ralentissement économique causé par la crise du Covid-19. Selon le Bureau du Plan, organisme indépendant d’intérêt public qui réalise des études et de la prospective, elles devraient plonger de 13 % entre 2019 et 2020. Mais le répit sera de courte durée : elles devraient ensuite se redresser. A tel point que, selon les experts du Plan, la baisse enregistrée entre 2019 et 2025 ne devrait être finalement que de 5 %.

    Si elle se vérifie, cette trajectoire ne permettra pas à la Belgique d’atteindre son objectif de réduction : -35 % par rapport à 2005 dans le secteur non-industriel (non-ETS, en jargon). Mais les prévisions du Plan ont ceci de particulier qu’elles sont réalisées « à politiques inchangées ». Les experts n’intègrent dans leurs calculs que les décisions prises et en...

    Lire la suite

  • Bart De Wever, la majorité flamande et la minorité francophone

    On ne les attendait guère et les verts n’ont pas déjoué les pronostics mardi soir : après une longue rencontre avec les missionnaires royaux Paul Magnette et Bart De Wever, ils ont jugé les propositions du duo « en matière de climat, d’énergie et de mobilité insuffisantes », celles visant « une fiscalité plus juste et un renouveau politique trop floues » et celles destinées à réformer l’Etat pas assez « efficaces » pour accepter de rejoindre la table de négociations fédérales....

    Lire la suite