Le stage, nouvelle méthode de recrutement

Le stage, nouvelle méthode de recrutement

Faire un stage dans une entreprise. Il s'agit d'une obligation pour les étudiants de nombreuses filières : bacheliers en sciences, ingénieurs industriels, masters en science de gestion, etc. Idem pour certaines formations mises en place par les organismes de placement (Forem, Actiris, VDAB, ADG). Cela élève certes le niveau des études mais c'est l'assurance de se frotter à la réalité professionnelle avant la fin de son cursus. Face à cette obligation, le plus dur est souvent de dégoter une entreprise qui pratique ce type de formation. Pendant longtemps, les compagnies ont été plutôt réticentes à l'idée. Aujourd'hui, ce constat n'est plus vrai. «La situation est en train de changer, explique Jean-François Art, expert au sein du cabinet de recrutement Hays. Elles ont compris que les stages pouvaient leur apporter beaucoup. Leur perception s'est modifiée. La preuve ? Plusieurs d'entre elles se rendent maintenant dans les hautes écoles et les universités pour informer sur les stages qu'elles proposent, se présenter, expliquer leur métier.»

La pénurie de diplômés joue

Si ce changement s'est produit, c'est pour une raison simple : le marché de l'emploi s'est tendu. Beaucoup de branches souffrent d'une pénurie de diplômés. C'est le cas des métiers scientifiques et techniques. «Il y a une chasse aux talents, poursuit le spécialiste RH. En conséquence, les entreprises sont devenues plus proactives dans la recherche de leurs futurs collaborateurs. Elles ont élargi leurs canaux de recrutement». Ceux-ci vont désormais de la classique annonce d'emploi à l'entrevue «job dating», en passant par les réseaux sociaux, les candidatures spontanées, les contacts informels, les cooptations en interne... Et donc les stages, qui ont pris une nouvelle dimension. «Ceux-ci permettent aux entreprises de jauger les capacités des futures diplômés, de voir comment ils s'intègrent socialement, d'apprécier leur esprit d'initiative, etc. C'est une manière de faire du recrutement mais plutôt de façon indirecte. Car les jeunes doivent d'abord décrocher leurs diplômes. L'engagement s'il se fait, aura lieu un an plus tard.» Donc, on n'est pas encore au niveau du modèle allemand de la formation en alternance (Duale Ausbildung).

Du gagnant-gagnant ?

Le stage peut aussi profiter aux étudiants. «Les entreprises doivent donner d'elles-mêmes. Il faut encadrer les jeunes, leur donner des informations, leur trouver un projet à mener... C'est surtout le cas pour les stages de longue durée (3 ou 6 mois). Moins pour ceux de courte durée (1 mois).» Ce qui explique que des entretiens de sélection se tiennent généralement en prélude. Même s'ils sont moins exigeants que les entretiens d'embauche, il est conseillé de les aborder «de façon professionnelle.»

 

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Le Premier ministre Alexander De Croo, retrouve, à ce stade, un rôle de coordonnateur.

    Reconfinement: le fédéral reprend la main avant de frapper plus fort

  2. Selon des avocats qui défendent plusieurs patrons de l’horeca, «
les arrêtés ministériels qui ont imposé les fermetures totales ou partielles des établissements violent certaines libertés fondamentales, comme la liberté de travail et de commerce et la Constitution
».

    Coronavirus: les recours contre l’Etat se multiplient

  3. Emmanuel Macron a infligé la douche froide que les Français redoutaient.

    Coronavirus: la France replonge en confinement

La chronique
  • Coronavirus – «La vie devant toi, jour 93»: le voyage

    Hier, il s’est passé un truc incroyable.

    On avait rendez-vous avec Kris, un super pote, du côté de la rue de Namur, à Bruxelles. On s’était dit qu’on se trouverait un petit café à emporter et puis qu’on irait se promener. Tant qu’on peut. C’est la phrase de la semaine, ça, « tant qu’on peut ».

    On est allés chez Tich mais c’était fermé. Alors on est allés chez Jat, en face. On a pris un cappuccino et un chocolat chaud et, dans la rue derrière – la rue Brederode –, on s’est assis sur un banc devant le nº10 qui est vraiment une jolie maison, genre la maison en pain d’épices d’Hansel et Gretel. N’allez pas voir sur Google Maps, tout le quartier a été flouté, une vraie purée de pois. A cause du Palais royal, sans doute.

    Donc on est là, tranquilles, chacun à un bout du banc. Kris est triste parce qu’on lui a volé son beau vélo. Et triste aussi parce que son métier, c’est voyager. Parcourir le monde de bout en bout, rentrer...

    Lire la suite

  • La détresse sanitaire générale force à l’union et au confinement

    Rien n’aurait pu empêcher l’épidémie qui frappe tous les pays européens aujourd’hui, et rien ou pas grand-chose ne pourra empêcher qu’elle sévisse encore avec une grande intensité jusqu’au printemps prochain et le retour de la chaleur. Cela nous laissera alors quelques mois pour trouver un vaccin et être, on l’espère, parés quand il reprendra vigueur à l’automne. Parce qu’il reprendra vigueur. Ces propos sont de l’épidémiologiste français Martin Blachier, conseiller de l’OMS et de la Commission européenne. L’interview qu’il nous accorde...

    Lire la suite