« Dans un partenariat, je ne suis pas là pour un one shot »

« Dans un partenariat, je ne suis pas là pour un one shot »

Au moment de choisir mes partenaires, ma priorité va systématiquement vers les 2 critères suivants : 1/ partagent-ils mes valeurs, accorde-t-on le même degré d’importance aux mêmes choses ? Et ce d’autant plus que 2/ mon objectif consiste chaque fois à vouloir viser la collaboration à (très) long terme. 

Ce qui précède sonne comme une évidence lorsque l’on parle de « partenaires » : dans le mot « partenariat », le long terme et l’envie de construire « crescendo » sont induits selon moi. 

On dira ce qu’on veut, rien ne remplace un rapide passage par l’étymologie, « partenaires » signifiant « joint heir » (ou « lié par héritage ») et « part tenour », du latin « tenere » qui donnera le « ténor », celui qui tient. C’est limpide. 

Encore faut-il les identifier en vue d’une première rencontre… 

Au moment de faire la connaissance des sociétés qui m’ont été recommandées (je me suis donc d’abord renseigné à leur sujet, sachant que si je les ai trouvées en dehors de mon réseau, je demande des références, des gens à contacter – je rappelle : je ne suis pas là pour un « one shot » et je souhaite que cela dure), je plante le décor en insistant lourdement sur les critères 1/ et 2/ mentionnés ci-avant. Je parle de ce qui m’importe, etc. et je propose très souvent de commencer à travailler ensemble sur un petit « case », un premier dossier de plus petite importance. 

Avancer de la sorte permet de « filtrer » facilement (ceux qui sont là pour engranger « vite fait » ne restent pas longtemps) et de commencer sur une collaboration « ad minima » qui permet à chacun de voir comment l’autre procède, avance, est détailliste ou plutôt l’inverse, avait surtout fait une bonne impression de départ pour finir par faiblir rapidement en efficacité et prise(s) d’initiative(s), etc. 

Accepter de perdre un peu pour mieux gagner ensuite

Une autre façon de me dire qu’un fournisseur/ société mérite l’appellation de « partenaire » consiste à voir dans quelle mesure l’autre est, ou non, prêt à partir vers un déséquilibre momentané de la relation « win-win » dans laquelle on se trouvait jusque-là, sachant que cela lui sera rendu à la première occasion. 

C’est aussi là que je me surprends à être le premier des deux disposé, de façon intuitive et très naturelle, ou pas, à perdre un peu/ beaucoup de mon intérêt/ gain au profit de l’autre partie, avec la conviction profonde qu’un juste retour des choses se passera à court, moyen ou parfois même long terme. 

D’autres éléments à ne pas négliger lorsqu’un « partenariat » s’engage, ce sont l’humour et le plaisir de travailler ensemble. Lorsque l’on a pris tous ces risques pour se lancer dans la vie d’entrepreneur, qu’on est en perpétuelle remise en question et que les échecs se ruminent bien plus longtemps que le temps que l’on se donne pour fêter dignement ses petites et grandes victoires, n’est-ce pas primordial de se donner toutes les chances de (très) bien s’entourer au-delà de sa propre équipe, et ce notamment en choisissant de vrais « partenaires » ? 

Sur le même sujet
Parole d'entrepreneur
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
  • Les espaces communs du petit hôtel sont particulièrement cosy.

    Par Marie-Eve Rebts

    Immo

    Le B-Lodge, une expérience belge un peu différente de l’hôtellerie

 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Ostende a accueilli beaucoup de monde ce week-end. Des mesures sont déjà prises pour passer un bon week-end du 15 août.

    Forte affluence et bagarre: comment la Côte s’est barricadée en 24 heures

  2. Le site archéologique est déserté par les visiteurs étrangers.

    Pompéi somnole en attendant les touristes disparus

  3. SOCCER JPL DAY 01 KV MECHELEN VS RSC ANDERLECHT

    Les bulletins des Mauves à Malines: Doku a pris sa revanche, Zulj n’a pas saisi sa chance

La chronique
  • «Vous avez de ces mots»: du rififi au Quai Conti

    Nous sommes en 1629. Neuf personnalités parisiennes, actives dans le domaine des lettres, ont pris l’habitude de se rencontrer chaque semaine au domicile d’un des leurs, Valentin Conrart. Le cardinal de Richelieu, alerté par son secrétaire, l’abbé de Boisrobert, s’intéresse à ces intellectuels qu’il prend sous sa protection. Il décide de donner à ce groupe le statut d’une compagnie littéraire dépendant de l’autorité royale, d’après le modèle qui a prévalu à Florence en 1582 pour la création de la fameuse Accademia della Crusca.

    Une académie procrastinatrice

    Les statuts de la Compagnie sont finalisés dès 1634 et officialisés le 29 janvier 1635 par des lettres patentes de Louis XIII. L’article 24 précise...

    Lire la suite

  • Par BAUDOUIN LOOS

    L’effroyable drame du 4 août met les Libanais face à leurs responsabilités

    Comment les Libanais se relèveront-ils de l’incroyable déflagration qui a ravagé leur capitale le 4 août à 18 h 07 ? Aux violents tourments de ce pays naguère surnommé « la petite Suisse du Moyen-Orient » – la guerre civile (1975-1990), les interventions israéliennes (1978, 1982, 2005), l’occupation syrienne (1976-2005), l’irruption de plus d’un million de réfugiés syriens (2012-2020) – succède soudain une double et monstrueuse explosion causée mardi par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées par négligence et...

    Lire la suite