Introvertis : soyez extravertis et vous serez plus heureux !

Introvertis : soyez extravertis et vous serez plus heureux !

L'extraversion est plutôt la norme dans le monde du travail aux États-Unis -  nation bavarde - et la littérature ne manque pas pour s'interroger sur le phénomène de l'introversion. Rien d'étonnant à ce que l'Université de Californie mène elle aussi son enquête sur le sujet. 

La recette miracle ? 

Cela s’est passé à Riverside : 123 participants se déclarant introvertis ont été amenés à jouer... les extravertis, durant une semaine. La semaine suivante, tous étaient priés de revenir à leur personnalité naturelle. Résultat ? Les introvertis qui se font violence semblent plus épanouis, face à leurs proches, mais aussi dans le cadre professionnel. 

Pour la directrice de recherche, Sonja Lyubomirsky, « modifier son comportement social est un objectif réalisable pour bon nombre d'introvertis et cette expérience d'extraversion améliore leur bien-être. » Tout en émettant quelques réserves : « les recherches ont été menées auprès d'étudiants, qui sont plus malléables en termes comportementaux. » Les scientifiques doivent également analyser les effets à longs termes de l'extraversion forcée.  

Des conclusions discutables 

Serait-on plus heureux - donc plus efficace dans le monde du travail - en se forçant à être extraverti ? Pas si sûr. Nous avons soumis l'étude à une coach de vie et formatrice, Nanou Hubeau.  

Elle ne balaie pas les conclusions d'un revers de la main, mais tient à nuancer cette affirmation. « C'est un peu léger. Réducteur aussi. C'est évident que ce type d'expérience peut mener à une sensation de bien-être temporaire. Comme quand on parle d'un problème à des amis au lieu de tout garder pour toi. On se sent mieux juste après. Libéré. Sans un travail de fond, tout cela n'a aucun sens. » 

L'introversion est aussi une force 

La formatrice rappelle le prisme très américain de l'étude : « notamment quand on parle du caractère assertif de l'individu. C'est celui qui fonce et qui dit les choses. Chez nous, l'assertivité est un concept plus nuancé. On n'est ni paillasson ni hérisson. On traite les autres comme on se traite soi-même. C'est d'ailleurs le défaut de nombre d'extravertis. Dire les choses sans filtre, sans tact, sans respect. Et donc se retrouver seul. »  

L'introversion serait-elle même une qualité, voire une force ? « C'est évident. Surtout dans le cadre du boulot, mais pas que. On dit en PNL (programmation neuro-linguistique, ndlr) que celui qui écoute est celui qui maîtrise. J'ai connu un patron particulièrement introverti qui, en réunion, écoutait chacun pour ensuite présenter une synthèse. C'est une force extraordinaire. » 

Se forcer, à petite dose 

Que dire à un introverti tenté par l'expérience ? « Déjà, je lui demanderais si la personne se sent mal. Souvent, l'introversion est liée à l'image de soi. Un travail de confiance en soi peut être fait. Car oui, il y a des effets négatifs, notamment la somatisation. » Dans ce cas, Nanou Hubeau préconise quelques sorties émancipatrices de sa zone de confort. « Je fais cela dans les ateliers de confiance en soi et c'est toujours passionnant. Je propose, par exemple, dans un dîner avec des amis, de prendre la parole en premier et dire un truc drôle. Quitte à se planter. Ce n'est pas grave. Cela aide à, petit à petit, se forcer jusqu'à ce que cela devienne naturel ».  

Comme une plongée dans un petit bassin avant la grande profondeur, l'effort doit être dosé pour être intégré et libérateur. « Parfois, il y a des miracles, mais il ne faut pas compter dessus. »  

Sur le même sujet
Management
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Illu_SalairesWEB (1)

    Baromètre de la relance: augmenter les salaires pour relancer l’économie?

  2. PETRA DE SUTTER

    Les Racines élémentaires de Petra De Sutter: «A l’adolescence, je me sentais coupable, mauvaise, différente, isolée, seule, pas comprise»

  3. Sabine Stordeur: «Avoir un choc anaphylactique la première semaine, c’était notre hantise!»

    Mesures contre le coronavirus: «La tendance n’est pas au relâchement»

La chronique
  • La chronique Carta Academica: «Vers des soins de santé durables en Belgique? Un monde en mutation»

    La pandémie de Covid a cruellement mis en évidence les dysfonctionnements de notre système de soins de santé. Si les soignants de terrain se sont jetés corps et âme dans la lutte contre la maladie, ils ont rarement eu les moyens d’y faire face adéquatement et en sécurité. Les conséquences pour la population sont énormes. La complexité de notre fameuse « lasagne institutionnelle », le sous-financement des soins et l’absence d’anticipation de crises sanitaires pourtant prédites par de nombreux spécialistes, y ont largement contribué. Il semble qu’actuellement, la volonté politique de remédier à ces difficultés existe. Le temps est donc venu d’ouvrir le débat sur les objectifs et l’organisation des soins de santé du futur (proche).

    Par ailleurs, nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour demander que nous prenions collectivement la mesure de l’avertissement sévère que nous adressent l’...

    Lire la suite

  • Apprendre à vivre malgré, pas sans le virus

    Très difficile. Pour tout le monde. La lutte contre le coronavirus est décidément réservée à des athlètes de compétition. Depuis des mois en effet, c’est comme si on reculait la ligne d’arrivée à chaque fois que nous commençons à l’envisager. Ce fut d’abord la deuxième vague à la fin de l’été, alors qu’on pensait reprendre une vie quasi normale. Ce fut ensuite ce décembre maudit où les réveillons ont été reportés aux calendes grecques. Et ce sont aujourd’hui les « variants » venus de Grande-Bretagne, d’Afrique du Sud et surtout...

    Lire la suite