Emprunter à sa famille et à ses amis pour se lancer : les pour et les contre

Edition numérique des abonnés

La pratique est vieille comme le monde et, malgré le développement des plateformes de financement en ligne, elle reste plus que jamais d’actualité. Le Love money ou les 3F (pour Family, Friends and Fools). En clair, l’argent prêté par l’entourage, familial ou non, pour financer le démarrage d’une start-up. Certains entrepreneurs sautent sur l’opportunité, alors que d’autres préfèrent s’en passer. Alors, qu’en penser ? 

Les pour 

  1. De l’argent facile 

Eh oui, qui de mieux que papa, maman ou des copains pour croire en vous ? Au stade de l’idéation, un porteur de projet n’a souvent rien d’autre que sa personnalité à montrer... et son idée. Pas de produit et encore moins de rentrées financières pour attester de la validité de cette idée. 

C’est la raison pour laquelle, comme le montre cette étude, les fonds d’investissement et les banques ne rentrent pas dans la danse aussi tôt. Quant aux business angels, ils requièrent de savoir vous vendre. 

Des investisseurs investis 

Votre famille et vos amis ne diront pas non, évidemment, à un retour sur leur investissement. Mais surtout, s’ils vous suivent c’est qu’ils vous aiment. Ils auront donc à cœur que votre start-up soit un succès, quitte à s’impliquer directement. Soutien moral, partage d’expérience, aide matérielle, bénévolat... ils sont souvent prêts à tout pour vous aider. 

  1. Des conditions flexibles 

Avec les proches, pas de « due diligence ». Il est peu probable en effet que votre famille ou vos amis contrairement à des business angels, enquêtent sur votre historique bancaire ou exigent des garanties avant de vous prêter leur argent. Quant aux conditions de remboursement et aux taux d’intérêt, ils ont toutes les chances d’être avantageux. 

Les contre 

  1. Querelles d’argent 

Dans les relations de business, c’est comme dans les relations de couples, l’argent n’est jamais un problème quand tout va bien. Mais quand tout va mal...  Si votre société traverse une mauvaise passe, une belle relation familiale ou amicale peut vite se détériorer. N’oublions pas que, d’aprèsGraydon, 1 société sur 3 fait faillite avant de souffler sa cinquième bougie. Et puisque vous êtes si proches de vos investisseurs, ils n’hésiteront pas à critiquer votre mode de gestion.  

  1. Les risques d’ingérence 

Le risque, c’est qu’en effet vos financeurs s’adjugent le droit d’intervenir dans le processus de décision de votre start-up. Problème : contrairement à des investisseurs professionnels, ils n’ont pas toujours les compétences pour le faire. Votre position peut alors devenir inconfortable. 

Les précautions à prendre 

Comme dans la vie privée, il n’y a pas de recette miracle pour faire de cette relation avec vos investisseurs un succès. Il n’empêche, quelques précautions peuvent vous permettre de mettre toutes les chances de votre côté. 

  1. Une communication claire 

Les clauses du « contrat » doivent être claires dès le début, voire même être mises par écrit. Quel rôle attribuez-vous à vos investisseurs ? Dans quels cas et quelles circonstances leur intervention est-elle souhaitée ? Quels sont les objectifs de la société et à quelle échéance ? Assurez-vous aussi qu’ils partagent votre vision et vos valeurs.   

  1. Des investisseurs comme les autres 

Bien sûr que vous vous connaissez bien et que la relation sera plus souple qu’avec des investisseurs classiques. Il n’empêche, un minimum de professionnalisme a du bon. Quoi qu’en disent vos parents ou amis, il est toujours préférable de prévoir un calendrier de remboursements et de leur verser des intérêts pour l’argent avancé1. Après tout, c’est un bon entraînement pour la suite de votre aventure. 

  1. Sélectionnez les meilleurs 

Si vous avez l’opportunité de choisir entre plusieurs investisseurs, faites abstraction de vos sentiments personnels. Préférez ceux qui seront les plus à même de vous apporter ce dont vous avez besoin pour lancer votre start-up et la faire grandir. Une expertise, une compétence que vous n’avez pas, ou un carnet d’adresses est toujours bon à prendre... 

 

Retrouvez-nous aussi sur la page Facebook de Génération Le Soir 

Sur le même sujet
Financement
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Depuis mars 2020, la Belgique a dépensé sans compter, notamment  pour endiguer la crise du covid et ses conséquences.

    La Belgique croule sous une dette de 581 milliards

  2. La pratique du vélo décolle partout dans le pays.

    Les chiffres du succès fou du vélo

  3. FRANCE2022-POLITICS-ELECTION-MEDIA-TV-DEBATE

    Débat entre Zemmour et Mélenchon: un festival d’horreurs

La chronique
  • La chronique «Déjà vu»: Petits torpillages entre amis

    Le 17 septembre dernier, sur ordre de l’Élysée, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, rappelait à Paris les ambassadeurs de France en poste aux Etats-Unis et en Australie, suite à la résiliation par Canberra d’un contrat de 56 milliards d’euros pour l’achat de douze sous-marins français en faveur de submersibles américains.

    Si la mesure diplomatique est d’une gravité exceptionnelle – jamais cette étape n’avait été atteinte –, les relations de la France avec les Etats-Unis et l’Australie ont historiquement toujours été houleuses et compliquées.

    Vis-à-vis de Washington, tout avait pourtant bien commencé. La France participa activement à la guerre d’Indépendance américaine contre la Grande-Bretagne et, cent ans plus tard, en 1886, elle offrit à la jeune nation son monument le plus emblématique en gage d’amitié : la statue de la Liberté, œuvre du sculpteur français Auguste Bartholdi.

    Tout se gâta durant la Deuxième Guerre mondiale. Dès 1941, le président Franklin...

    Lire la suite

  • Le pass sanitaire wallon, le choix tardif de l’efficacité

    Une femme peut vouloir un enfant ou pas, mais elle ne peut en tout cas pas être à moitié enceinte. Il en va de même pour le pass sanitaire : on peut être pour, ou contre – c’est parfaitement légitime  –, mais on ne peut pas être à moitié pour et à moitié contre. En tout cas pas quand on est un décideur politique aux commandes, qui doit donner un cadre précis, mener une politique, atteindre des résultats et rassurer les citoyens.

    Ce jeudi, la Wallonie a donc finalement décidé de...

    Lire la suite