Bruxelles, capitale européenne de la tech au féminin ?

Bruxelles, capitale européenne de la tech au féminin ?

L’intelligence artificielle, le big data, l’IoT, tous ces noms qui nous semblent encore barbares font déjà partie de notre quotidien. L’algorithme, ce mot qui en dit long, régit le monde d’aujourd’hui. Rien qu’à Bruxelles, plus de 1.000.000 de lignes de code (CIRB) sont créées chaque année. Il est temps de prendre la mesure de l’impact de ces technologies sur notre développement économique et sociologique.  

Réécrire l’histoire 

Cette 4ème révolution industrielle interroge plusieurs aspects de notre société et ouvre le champ des possibles. Aujourd’hui, tout est à réinventer. C’est un moment unique que l’on doit pouvoir saisir pour réécrire l’histoire. Grâce à cette évolution, nous pourrions rééquilibrer les inégalités de genre, mais aussi économiques et sociales.  

Il y a deux ans, la Région bruxelloise, à travers son Plan NextTech, a créé Women in Tech.Brussels au sein du service 1819. Un écosystème unique en son genre, rassemblant le secteur public et privé avec comme objectif d’augmenter la mixité dans le secteur technologique et sensibiliser les femmes et les jeunes filles au « code » informatique et aux études STEM. 

Une région dynamique 

En deux ans, grâce à l’écosystème 1819-Women in Tech.Brussels, une vraie dynamique « pro gender » est née. On a vu éclore de nombreux projets afin de promouvoir les femmes dans ce secteur comme par exemple Startit KBC avec « Female founders », BeCentral « Hack the gendergap », Google Digital Atelier « I am remarkable », Ecole 19 « She Loves to Code », Le Wagon « Women Who Code ». Toutes ces initiatives ont contribué à déclencher un mouvement positif au cœur de la capitale européenne.  

Bruxelles peut se targuer d’être la Région de notre pays la plus « women friendly ». Pas peu fière d’afficher un taux de création de startups par les femmes le plus élevé de Belgique, parti de 8% en 2017 pour atteindre 18% (Sirris) en 2019, elle fait même plus que la moyenne européenne, qui est de 16,7% (European Startup Monitor). 

Des opportunités à saisir 

Devrions-nous nous en réjouir ? Non, car malgré les efforts et l’intérêt grandissant du public féminin, nous devons mettre les bouchées doubles et se retrousser les manches tous secteurs confondus - industries, universités, gouvernement, institutions, enseignement - afin de répondre à la pénurie de professionnel.le.s et assurer aux femmes les mêmes opportunités économiques qu’aux hommes. En Europe, 900.000 emplois seront créés grâce à l’automatisation et aux technologies d’ici 2020 (OECD). Selon l’étude d’Agoria « BetheChange », ce sont 584.000 postes vacants d’ici 2030 avec un risque de perte de 60 milliards de PIB si ces postes ne trouvent pas preneur ou preneuse !  

Dans nos universités aujourd’hui, on assiste à un déclin du pourcentage d’étudiantes dans les études STEM. Et les écoles de codage à Bruxelles, malgré les efforts consentis, affichent un taux maximal de 15% d’étudiantes. C’est dans ce contexte que l’écosystème 1819-Women in Tech.Brussels se mobilise pour la 3eme année consécutive pour organiser le Women Code Festival. 

L’émancipation par le code ? 

Le Women Code Festival, c’est une semaine pendant la Code Week européenne, pour découvrir le code et l’innovation à travers une série d’activités organisées avec nos partenaires. Ce sont des workshops de code pour les femmes et les enfants, mais aussi des débats, une projection de film, des panels de rôles-modèles expertes en informatique ou scientifiques qui évoluent dans les universités ou entreprises belges.  

A travers le thème de cette année, « Code & Fly to the Moon », nous souhaitons célébrer les 50 ans du premier pas de l’Homme sur la Lune, différemment… nous voulons mettre en lumière ces femmes qui sont à l’origine de ce moment historique comme Margaret Hamilton, directrice du programme software Apollo 11, qui a permis l’alunissage du module lunaire, Katherine Johnson, femme afro-américaine, qui a calculé la trajectoire de l’appareil, et bien d’autres encore passées trop souvent inaperçues. 

Elisa, Charene, Caroline, Audrey, Ramata, Caroline, Valérie… Elles se sont toutes, au hasard d’une vie, plongées dans le code. Des années et des lignes de code plus tard, elles parlent de leur métier avec la même passion. Le code les a aidées à se réaliser. 

Nous souhaitons surtout dire aux femmes et aux jeunes filles bruxelloises que l’histoire de la technologie est une histoire de femmes, et que toutes les femmes ont une place à prendre dans cette évolution du monde. Notre écosystème 1819-Women in Tech.Brussels est là pour les soutenir.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. belgaimage-168437410-full

    Les négociations de la semaine en trois moments forts et trois hommes clefs

  2. Tatone-BFN-Banks-Gold-logo OK (2)

    FinCEN Files: Belfius a distribué du cash par millions à un acheteur d’«or sale»

  3. belgaimage-137040188-full

    Jean-Charles Brisard: «Les islamistes engendrent un climat de tension permanent»

La chronique
  • Vous avez de ces mots: Au {brame}, citoyens!

    Depuis quelques jours, les forêts d’Ardenne et de Navarre connaissent une agitation singulière. Dès la nuit tombante, de petits groupes se faufilent sous la futaie, dans un silence recueilli. À leur tête, un guide familier des lieux chemine, vers on ne sait quel sanctuaire. Soudain, il s’arrête, réprime le frémissement qui a gagné ses ouailles et chuchote : « C’est par là ! Vous entendez ? » Un cri rauque et caverneux court sur la fagne, auquel répondent plusieurs autres, dans le lointain.

    Naguère, les cerfs bramant le soir au fond des bois n’attiraient que les nemrods et les raboliots. Aujourd’hui, le spectacle se donne parfois à guichets fermés, pour des publics où de timides adonis coudoient des dianes délurées… à moins que ce ne soit l’inverse. Et lorsque le seigneur de la forêt quitte la scène, chacun se retrouve au gîte, un vin fumant à la main, pour commenter la sensuelle bestialité de ces cris qui vous prennent aux tripes.

    Brame, bramer, bramement sont des mots de...

    Lire la suite

  • Une gestion trop souvent erratique

    Le Financial Times et le Wall Street Journal ont salué la manière dont l’Italie gère la pandémie. Elle serait un modèle du genre, loin, très loin devant l’Espagne, la France et le Royaume-Uni. Plus au nord, c’est la Suède qui serait l’exemple à suivre, elle dont le pari sur l’immunité collective fut tant décrié au printemps dernier.

    Comparaison n’est pas raison, l’Italie et la Suède ne sont pas la Belgique, mais il faut bien se demander pourquoi les courbes statistiques restent...

    Lire la suite