La startup bruxelloise Cohabs à la conquête de New York

La startup bruxelloise Cohabs à la conquête de New York

La colocation n’est plus réservée aux étudiants, loin de là. Et pour cause, l’économie d’argent n’est plus la seule motivation pour vivre ensemble. Ce que recherchent les nouveaux adeptes de ce mode de vie, c’est surtout la possibilité de tisser du lien social, tout en gardant une certaine autonomie. « A notre grande surprise, il ressort de notre sondage que, dans 85% des cas, les gens postulent chez nous pour l’aspect communautaire, sachant qu’on connecte nos 300 membres régulièrement via des événements », explique Youri Dauber, le CEO de Cohabs. 

Cible privilégiée, surtout au début de l’activité il y a 2 ans : les expats, dans le quartier européen mais aussi dans les communes branchées de la capitale. La part de ces derniers dans l’ensemble des locataires a baissé mais reste de 70% aujourd’hui. 

500 chambres à New York d'ici 3 ans

L’affaire en tout cas fonctionne. Cohabs compte 387 chambres déjà louées ou en passe de l’être. Et la croissance ne va pas s’arrêter là. La startup continue de chercher de nouveaux bâtiments à rénover à Bruxelles, mais aussi aux Etats-Unis. Elle vient d’ailleurs de lever 15 millions d’euros auprès de trois investisseurs (Alphastone, AG Real Estate et un anonyme) pour conquérir New York. Brooklyn même plus exactement. C’est là que Cohabs a décidé d’installer ses nouveaux bureaux et d’ouvrir ses 14 premières chambres américaines. 

Contrairement à ce qu’on peut penser, la Grosse Pomme offre de vraies possibilités de profits d’après le CEO : « c’est un marché très profond, où on peut acheter beaucoup. C’est aussi un marché où il y a déjà beaucoup d’expats, déjà familiarisés avec le co-living. Et financièrement, on n’est pas à Manhattan, où le mètre carré est à 10.000 euros. Brooklyn est plutôt à 5.000 euros du mètre carré avec des loyers assez conséquents, ce qui nous permet d’atteindre un rendement locatif net de 6%. » Résultat : la startup compte y proposer quelque 500 chambres à la location d’ici 3 ans. Toujours sur le même modèle et avec la même cible, les jeunes travailleurs en transit. 

La coloc a bien changé

Et justement, cette cible a des attentes bien particulières. Pas question d’entasser un maximum de personnes dans un minimum d’espace, avec pour seules commodités des toilettes et une cuisine en mauvais état. Les Millennials en coloc recherchent un certain niveau de confort et de praticité. « On fait attention à ce que tout soit adapté pour une coloc de 10-15-20 chambres. Chaque chambre a un numéro et on a, par exemple, catégorisé les frigos et les rangements pour que chaque chambre ait son propre espace. Et puis, il y a des espaces communs conséquents pour le jeu, le sport, etc. », poursuit Youri Dauber. 

Mais ce n’est pas tout. Qui dit colocation « nouvelle génération » dit forcément offre numérique, à toutes les étapes du processus. Cohabs l’a bien compris. Pas de visites physiques, elles sont uniquement virtuelles. Pas non plus de clés, le locataire se voit remettre un badge. Quant à l’application, elle permet autant de recommander les fournitures manquantes que d’organiser un événement entre colocs. « La dimension technologique est clé, surtout avec la génération des 25-35 ans. Sans ça, impossible d’espérer grandir. » L’entreprise espère ouvrir 3 à 4 hubs comme Bruxelles ou New York dans les 5 ans. 

 

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