Pourquoi les jeunes talents fuient-ils la Silicon Valley ?

Pourquoi les jeunes talents fuient-ils la Silicon Valley ?

Mondialement connue pour ses succès (mais aussi pour ses rebondissements), la Silicon Valley reste une des régions du monde les plus prospères et proposant une innovation continue.  

Mais ce sanctuaire de la technologie est-il en train de vaciller, ou plus raisonnablement d’évoluer ? Une des mesures de cette transformation se situe au niveau du départ massif de jeunes employés vers d’autres régions des Etats-Unis, et même à l’étranger. 

  

D’après un récent sondage, 41% des 18 à 34 ans annoncent vouloir quitter la Bay Area dans l’année qui arrive. En cause, la qualité de vie qui s’est largement dégradée durant les cinq dernières années, même si l’optimisme reste d’actualité dans la région. Ces jeunes estiment que le rival le plus sérieux dans les cinq prochaines années n’est pas une autre ville des Etats-Unis mais bien la Chine. Ils notent aussi que la culture business et les relations avec les personnes dans la région représentent des atouts majeurs qui peuvent difficilement être répliqués rapidement dans une autre région. 

La réalité rattrape cependant les bonnes paroles. Aujourd’hui, à San Francisco, le coût médian pour la location d’un appartement d’une chambre est de 3,700$, le seuil de « pauvreté » étant fixé à des revenus de 120,000$ par an. Certes, les salaires de la tech sont élevés mais évidemment tout le monde ne travaille pas dans ce domaine. L’exode des jeunes diplômés est donc largement motivé par des questions financières. 

Mais pour aller où ?  

Si vous travaillez dans la tech, que vous avez fait vos études dans la Bay Area, vous aurez probablement plus de chance de trouver un job dans la région. Mais à quel prix ? Afin de ne pas trop être déconnecté et de rester en Californie, de plus en plus de jeunes se tournent vers Los Angeles, qui reste encore aujourd’hui plus abordable au niveau du logement. 

La mégalopole bénéfice d’un éco-système particulièrement unique à la croisée de l’entertainment, de l’aéronautique et de la bio-tech. D’ailleurs, tous les GAFAM sont présents dans la cité des anges, c’est essentiel pour eux d’être aux côtés des studios de cinéma. On n’oubliera pas qu’à la base Netflix était une société de tech !  

Aujourd’hui Los Angeles est le troisième hub tech le plus important des Etats-Unis après Seattle et San Francisco. Un autre atout majeur surtout pour les entrepreneurs, c’est la présence massive d’investisseurs (Venture Capitalist) en Californie du Sud. Et cela va souvent de pair avec le marché de l’immobilier de prestige florissant dans la région. Oui, il y a beaucoup de capitaux à Los Angeles. 

Et sinon ? 

D’autres états proposent aussi des incitants afin de draguer les start-up et ainsi développer l’économie locale, comme Austin au Texas ou Raleigh en Caroline du Nord. Mais les jeunes talents se tournent aussi désormais vers le Canada, entre autres le Québec, qui a une très bonne réputation pour tout ce qui touche au design des jeux vidéo. Mais là, les contraintes d’immigration rentrent en jeu et on l’oublie souvent, c’est la première étape à surmonter. 

 La Silicon Valley a encore de beaux jours devant elle mais devra se réinventer pour garder son esprit entrepreneurial qui a forgé sa renommée dans les années 90. 

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HR
 
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