Télétravail un jour, télétravail toujours ?

Télétravail un jour, télétravail toujours ?

Dans une première partie d’interview, Federica S., employée dans une grande chaîne hôtelière expliquait à quel point son statut de télétravailleuse à temps plein lui permettait d’équilibrer vie professionnelle et vie privée. Mais cet aménagement de travail exceptionnel n’a quand même pas que des avantages et ne correspond pas à tous les profils.

Malgré les avantages que tu mets en avant, ne te sens-tu pas « lâchée » dans la nature ?

Mon employeur me donne carte blanche… tant que les résultats sont à la clé. Cette culture d’entreprise me convient parfaitement. Il y a une masse de boulot à accomplir, des projets à mener, des objectifs à atteindre, etc. On n’a pas le temps de se relâcher… De plus, on s’appuie sur un système d’évaluations qui offre un cadre précis et un suivi régulier.

Si je freine la cadence, cela se verra très rapidement. Bref, je suis toujours au taquet, probablement encore plus dans ma situation. Je ne ressens pas de pression additionnelle, mais je crois qu’il faut faire preuve de discipline et d’une grande conscience professionnelle… Je ne cède jamais à l’appel du canapé !

Tu pourrais pourtant passer toute ta journée en pyjama ! À quoi ressemble une journée type ?

Cela m’arrive, mais je fais des efforts pour ne pas divorcer (rires). En réalité, ne pas devoir s’apprêter, c’est aussi un gain de temps. Je suis plus rapidement opérationnelle. Je commence ma journée en vérifiant une première fois mes e-mails. Comme la maison-mère se situe aux États-Unis, cela bouge parfois pendant la nuit.

S’il y a une urgence, je la traite immédiatement, avant de m’occuper des enfants. Une fois qu’ils sont partis, je m’installe devant mon ordinateur. Ces premiers moments sont hyper productifs, car je dispose d’une heure d’avance sur mes collègues (ndlr, basés à Londres). Un temps précieux pour organiser ma journée, avant le coup de feu. Coups de fil, présentations via Skype, conference calls, etc. Tout y passe…


Federica S., télétravailleuse à temps plein

Parlons un peu des inconvénients de ce mode d’organisation…

J’identifie deux aspects principaux, même s’ils sont plutôt évidents. D’abord, l’omniprésence du travail dans la sphère privée. Je m’octroie rarement une pause de midi, par exemple. Je bosse en continu, jusqu’à l’arrivée de la famille, et parfois plus tard en soirée, après le coucher des enfants. Mon boss s’est aussi habitué à cette disponibilité quasi permanente, donc cela peut être pesant. Un e-mail, cela semble peu, mais cela reste envahissant.

L’autre inconvénient ? Sans aucun doute l’isolement : les ragots, les contacts informels avec les collègues, etc. De plus, la communication à distance peut compliquer les choses, mener à des quiproquos, voire même amplifier un conflit. L’entreprise fait le maximum pour favoriser les échanges, mais, dans une relation, il faut souvent faire des efforts. Ce petit pas supplémentaire me revient dans la plupart des cas. Un revers à la médaille que j’accepte volontiers.

C’est quoi le kit de survie du télétravailleur intégral ?

Il faut aimer travailler seule ! La passion de son métier est également un moteur important. C’est aussi indispensable de se créer son petit espace « bureau » à domicile. Un environnement dédié qui permet une plus grande concentration, ainsi que la possibilité de « déconnecter » le moment venu.

D’autres conseils ? Apprendre à prendre une pause, se fixer des limites, par exemple en éteignant son smartphone à une certaine heure. Je marche aussi beaucoup dans l’appartement, pendant mes calls, et je sors parfois m’aérer. Enfin, c’est primordial d’aller ponctuellement au bureau, histoire de sentir l’atmosphère, voir ses collègues, etc.

C’est parti pour la vie ou t’imagines-tu revenir un jour au bureau ?

(longue pause) Cela me semble difficile de faire machine arrière... Avec le télétravail intégral et mes déplacements professionnels, j’ai trouvé un véritable équilibre !

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