Le bonheur au travail géré par un Chief Happiness Officer ?

Le bonheur au travail géré par un Chief Happiness Officer ?

Commençons par un cliché. La satisfaction des employés a baissé ? Nommons un Chief Happiness Officer, qui se chargera d’organiser des petites fêtes et qui va placer un baby-foot dans une salle de réunion. C’est tout ? Le cliché et l’image du bonheur au travail se situent souvent à ce niveau-là. « Il faut faire une distinction entre le CHO à la française, chargé des célébrations, de petits événements, plutôt opérationnel et chez nous, plus structurel et lié aux conditions de travail », explique Laurence Vanhée, experte en bonheur au travail et co-fondatrice de l’agence Happyformance. Même point de vue pour Adriana Noailles Benito, Office Coordinator pour Conversion Talent, une agence de consultance digitale : « le bonheur au travail, c’est écouter ses employés etfaciliter leurs conditions de travail mais aussi de vie avec une plus grande séparation entre vie privée et vie professionnelle ».

Une démarche et non un projet défini dans le temps

La gestion du bonheur au travail et de la satisfaction des employés, c’est donc quelque chose de plus structuré et structurel. « C’est une démarche et non un projet défini dans le temps », reprend Laurence Vanhée. « Il n’y a pas de date de début ou de fin. D’une manière générale, on ne peut pas rendre quelqu’un heureux si on ne l’est pas nous-mêmes ». Un employé rendra un client heureux… et son entreprise aussi. Les employés heureux sont par exemple deux fois moins malades, six fois moins absents et neuf fois plus loyaux que ceux qui sont malheureux selon une enquête de l’agence GALLUP. Il ne faut pas attendre que la satisfaction baisse pour travailler sur le bonheur au travail. « Une entreprise à 89% de satisfaction des employés a fait appel à nous pour encore l’augmenter. 100% n’est pas le but mais ils en voulaient encore. Car le bonheur au boulot se travaille tout le temps », ajoute encore Laurence Vanhée.

Un management sincère et courageux

Pourquoi le bonheur au travail devient-il si important pour les entreprises ? La génération Y a son mot à dire. « Les Millennials veulent être heureux dans leur travail et souhaitent le meilleur environnement. Il y a tellement d’opportunités sur le marché que si cela ne leur plaît pas, ils s’en iront », explique de son côté Adriana Noailles Benito. Tout ne se fait pas en deux trois mouvements pour autant selon Laurence Vanhée. « Il faut de la sincérité et du courage. Si c’est pour manipuler ou poser un emplâtre sur une jambe de bois, ça peut être pire. Quant au courage, il en faut car cela risque de changer beaucoup de choses du point de vue ressources humaines, de la vision de la société. Cela peut faire du mal à l’égo ». Mais c’est sans doute comme cela qu’on arrive à 89% de satisfaction employé… et qu’on en veut encore plus.

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Vladimir Poutine avant la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet 2018 à Moscou: une apothéose pour le chef du Kremlin, à l’issue d’un tournoi rondement mené.

    Euro 2020: le football, «soft power» de Poutine pour redorer l’image de la Russie

  2. Johnny Hallyday à Bercy en 2003.

    Johnny Hallyday, les secrets de fabrication d’une sacrée carrière posthume

  3. Jaco Van Dormael, dans son jardin ucclois. Trente ans ont passé, depuis «Toto le héros».

    Les Racines élémentaires de Jaco Van Dormael: «En Allemagne, j’étais der Franzose. En Belgique, je suis devenu le boche»

La chronique
  • La chronique Carta Academica: au moment où un tribunal nord-américain rend justice à George Floyd, en Belgique…

    Aux États-Unis, on semble vouloir faire la lumière sur les affaires de violences policières, particulièrement si elles entraînent la mort d’une personne. En Belgique, il n’est pas sûr que ce soit le cas. En tout cas, à Gand, le 16 mars dernier, on a bel et bien mis le couvercle sur une affaire qui aurait dû connaître un procès public.

    L’histoire, telle qu’elle est racontée ci-dessous est sans doute incomplète, peut-être bien biaisée, mais c’est celle qui ressort d’une décision de justice. Elle se passe à Roeselaere, en mai 2018. Monsieur Bangoura, d’origine guinéenne, se fait condamner à être expulsé de chez lui. Il ne s’est pas défendu au procès à ce propos. Le jour dit, un huissier chargé de l’expulsion, escorté de deux policiers, se présente au logis. Ils trouvent porte de bois et finissent par forcer l’entrée. Un chien hurle, menaçant, l’homme est allongé sur un divan. Moïse Lamine Bangoura crie,...

    Lire la suite

  • De la fragilité de l’ordre du monde

    J’étais dans la voiture, à Bruxelles. Je reçois un coup de fil du Président qui me dit : “Tu es prêt à entendre quelque chose d’énorme ? Je crois qu’on doit se retirer de l’Otan ce matin.” Le coup de fil s’est coupé inopinément et cela m’a donné quelques minutes pour réfléchir. J’ai tenté sans succès de joindre le général Mattis – le secrétaire d’Etat US à la Défense – et sur le moment, j’ai pensé que peut-être il avait déserté, que c’était trop pour lui. »

    Ce moment inouï...

    Lire la suite