Crowdfunding : à quoi faut-il faire attention ?

Crowdfunding : à quoi faut-il faire attention ?

En Belgique, le crowdfunding est encore une goutte d’eau dans l’océan du financement des entreprises. Mais les volumes augmentent, très vite. D’après la FSMA, un peu plus de 40 millions d’euros ont été levés entre 2012 et 2017, dont 20 millions rien qu’en 2017.  

Et pour cause, les plateformes existantes permettent à n’importe quel entrepreneur de lancer sa campagne de financement participatif. Ce qui ne veut pas dire que toutes atteignent les objectifs fixés. Au contraire. Car réussir son crowdfunding, c’est respecter un certain nombre de critères. 

Le bon crowdfunding 

Pour certains, le choix du financement participatif est une évidence. Pour d’autres en revanche, beaucoup moins. Comme nous l’indiquions dans un article précédent, les fondateurs de Kazidomi par exemple ont finalement renoncé à se lancer dans l’aventure. « On a fait des tests mais c'était très peu concluant parce que les gens aiment bien avoir un produit, explique Alain Étienne. Une plateforme de vente ne correspondait pas à ce qu’ils recherchaient. »   

Certains projets sont sans doute plus faciles à mettre en valeur sur les sites de crowdfunding. Mais si c’était surtout que l’option testée par Kazidomi n’était pas la plus appropriée au vu des objectifs fixés ? Car à chaque projet correspond un type de crowdfunding. « Un projet très technique fonctionnera sans doute sur une plateforme de financement (où l’internaute investit son argent, ndlr), beaucoup moins sur une plateforme de reward (où l’internaute fait un don en échange d’une récompense en nature, ndlr) », insiste Rodolphe d’Udekem d’Acoz, manager Business Unit Expertises et Digital chez hub-brussels. 

Le bon timing 

Une campagne de crowdfunding ne se fait pas non plus n’importe quand. Héléna Van Aelst en sait quelque chose. Fin 2018, la jeune commerçante décide de lever 10.000 euros pour cofinancer l’aménagement de Wonderloop, sa boutique slow fashion à Bruxelles. Sur ce plan, c’est un succès. Mais sur le plan de la communication, c’est la déception. « Sur les 10.000 euros levés, il y en a presque 5.000 qui venaient du premier cercle (amis, famille, etc., ndlr) alors que normalement ça n’est censé être que 30%. C’est seulement parce que certaines personnes de ma famille ont décidé de donner plus qu’on a atteint l’objectif. » 

Héléna n’a pas peur de le dire, elle a mal choisi son moment pour lancer sa campagne : « c’est arrivé au moment de la réouverture, après les travaux, également juste avant Noël, donc il y avait un afflux de clients et beaucoup de travail en boutique. Or, il faut vraiment n’avoir que ça à faire pour que ce soit un succès. On aurait dû faire le crowdfunding avant de démarrer l’activité. » 

La bonne communication 

Pour Rodolphe d’Udekem d’Acoz, il est en effet crucial de se consacrer à 100% à sa levée de fonds : « la campagne n’est qu’un vecteur, elle ne se suffit pas à elle-même. Il faut prévoir un certain nombre de communications en amont et en aval. Beaucoup de projets ne deviennent pas viraux naturellement. Il faut prévoir par exemple qu’un certain nombre d’investisseurs soient actifs dès le début et que le rythme reste soutenu. Ça contribue à la visibilité et à la crédibilité. » Pas de panique cependant, un crowdfunding « raté » ne signe pas forcément la mort du projet, mais plutôt quelques bonnes leçons à tirer. 

Sur le même sujet
Financement
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La saturation menace. L’afflux de malades du covid inquiète le milieu hospitalier.

    Coronavirus: la semaine de tous les dangers pour les hôpitaux

  2. d-20200515-GG6Z2H 2020-10-22 20:20:54

    Pourquoi les cours se feront à distance dans les écoles secondaires

  3. Un même comité rassemblant Etat fédéral, Communautés et Régions, mais au final des mesures divergentes.

    Quand le coronavirus montre le singulier visage du fédéralisme belge

La chronique
  • Coronavirus – «La vie devant toi, jour 91»: l’ado, le retour

    Dimanche, il s’est passé un truc incroyable.

    Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a opté pour l’arrêt temporaire des cours en présentiel pour les élèves du secondaire dès mercredi. Le petit revient à la maison.

    Quand il a vu ça, il a eu ce sourire, le même sourire que début mai – relire La vie en pause, jour 47 : l’ado – quand, après déjà deux mois sans école, on lui avait sorti : « Tu te rends compte que tu risques de ne pas y aller pendant encore quatre mois ? » Pas une larme, pas un battement de cils pour les copains, le sport, les excursions, le théâtre, math, géo ou néerlandais (ahah). Que la joie.

    Depuis la...

    Lire la suite

  • C’est l’hôpital qu’il faut sauver

    « Je suis là pour soigner les gens et on le fera jusqu’à la dernière seringue, au dernier médecin, au dernier lit. » Le dernier lit ? On s’en approche. Le dernier médecin ? On risque d’y arriver tant les taux d’absentéisme sont élevés. Les chiffres sont affolants. Hôpitaux du groupe Jolimont : doublement du nombre de patients covid en une semaine. CHU de Liège : 47 patients admis pour la seule journée de samedi. Clinique Montlégia (Liège) : 70 % des 240 lits covid déjà occupés, un patient emmené à Furnes, à 200 km de chez lui, pour bénéficier de...

    Lire la suite