La collaboration jusque dans le recrutement

La collaboration jusque dans le recrutement

La jeune génération ne jure plus que par elle, la fameuse économie collaborative. Logique donc que la pratique s’immisce jusque dans les méthodes de recrutement. Évidemment, la recommandation d’une connaissance pour un poste est vieille comme le monde, mais depuis quelques années, elle se professionnalise en quelque sorte. Les chasseurs de têtes amateurs sont de plus en plus souvent rémunérés par leur entreprise pour ce “service”.

Plus de fidélité

En France, la cooptation comme on l’appelle représente désormais près d’un tiers des recrutements dans beaucoup d’entreprises. “Ça s’accélère parce qu’on a quasiment tous un réseau LinkedIn. On voit qu’untel a quitté sa boîte, etc. On a chacun de l’information sur des gens qu’on connaît de loin, alors qu’avant on avait de l’info sur beaucoup moins de monde”, explique Michel Verstraeten, professeur de Gestion des ressources humaines à l’ULB. Avant de poursuivre : “beaucoup d’études ont montré déjà depuis 20 ou 30 ans que, évidemment, le recrutement va beaucoup plus vite par ce biais, mais aussi qu’il y a une plus grande fidélité. Les gens restent, et ce n’est pas rien, parce que le turn over, ça coûte, surtout quand on doit un peu former les gens.

La Belgique s’y met... timidement

En Belgique, le mouvement est plus modeste, la pratique met plus de temps à s’installer. Contrairement à chez nos voisins d’ailleurs, une seule plateforme s’est pour l’instant positionnée sur le marché du recrutement participatif. Les sociétés semblent avoir du mal à convaincre leurs salariés de jouer les rabatteurs de talents. “Il y a un manque de communication souvent, dépore Vincent De Meerleer, fondateur de la plateforme Hunterz. Un des meilleurs moyens de témoigner de la reconnaissance, ce qui est essentiel pour les Millennials, c’est de tenir les salariés informés de ce qu’il advient de leurs candidats. C’est une marque de respect et ça les tient plus engagés dans le process. L’autre problème c’est que les entreprises ne récompensent que s’il y a engagement.

Une piste face à la pénurie

C’est le cas par exemple à la SNCB, où les coopteurs reçoivent 500 euros à l’embauche de chacun de leurs poulains, voire 1.000 euros si celui-ci reste plus d’un an. Depuis 2011, plus de 500 collaborateurs ont ainsi été recrutés... sur plus de 12.000 candidats cooptés. Le programme vient néanmoins d’être étendu à quatre métiers supplémentaires. Des métiers techniques, tous en pénurie. Car, en Belgique, c’est bel et bien cette difficulté à trouver du personnel qualifié qui pousse la plupart des entreprises à s’essayer à la cooptation. Engie Electrabel fait partie des nouveaux convertis. Là-bas, la prime est plus élevée : 1.500 euros à chaque embauche, et même 3.000 si l’objectif de 80 embauches est atteint d’ici la fin de l’année. “C’est un canal qui a le mérite de mobiliser les équipes, donc ça c’est important, affirme Olivier Desclée, responsable communication du fournisseur d’énergie. On fera le bilan en fin d’année et, à ce moment-là, on verra bien.

 

Motiver en permanence

Chez Engie Electrabel, comme à la SNCB, le coopteur repart bredouille si son candidat ne va pas au bout du processus de recrutement. “C’est très frustrant, alors que les gens ont besoin d’être motivés en permanence, insiste Vincent De Meerleer. C’est pour ça que sur notre plateforme, les chasseurs de têtes improvisés reçoivent des points à chaque étape du processus de recrutement, même si leur candidat n’est pas retenu. Ils peuvent ensuite choisir un cadeau dans le catalogue défini par leur entreprise.” La motivation ne tient parfois qu’à un ticket de cinéma ou une journée de congé en plus.

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