5 idées reçues à bannir à propos des freelances

5 idées reçues à bannir à propos des freelances

Hier, les freelances travaillaient surtout dans la culture, les médias ou l’IT. Désormais, ils sont partout. Avec la digitalisation et les pénuries d’emplois, leurs profils ont pris de la valeur. Et ce, quel que soit le secteur d’activité. Avides de flexibilité, les entreprises, petites ou grandes, hésitent de moins en moins à faire appel à eux. Mais certaines idées reçues ont quand même la peau dure. En voici quelques-unes.

# 1 : les freelances ne sont bons qu’à accomplir des tâches secondaires
D’après une étude d’Upwork, menée fin 2017 aux Etats-Unis, les freelances sont plutôt là pour combler un manque au sein de l’entreprise. Un manque en termes d’effectifs (56% des répondants) ou un manque en termes de compétences (49%) pour mener un projet à bien. Un projet qui, dans plus de 80% des cas, aurait dû être retardé ou annulé sans eux.

“La grande majorité des indépendants, ce sont des gens qui sont qualifiés donc ils ne vont pas avoir un rôle secondaire, explique Jean-François Art, National Director Contracting de Hays Belgium. Il y a un projet important pour la société mais celle-ci n’a peut-être pas l’expertise en interne, alors elle se tourne vers l’externe.”


Etude Upwork 2018 sur le marché américain du freelancing

# 2 : le freelancing, c’est pour du très court terme

Oui, les entreprises font appel aux freelances surtout pour rester flexibles. Mais flexibilité ne rime pas nécessairement avec manque de visibilité. Au contraire. On l’a dit, la plupart des freelances sont engagés pour mener à bien un projet, une mission, qui s’étale souvent sur plusieurs mois, voire plusieurs années. La transformation digitale notamment pousse de nombreuses sociétés à s’entourer de consultants externes pour passer ce cap.

# 3 : Les indépendants ont choisi ce statut par obligation
Faux ! D’après un sondage de Malt, l’une des plus grandes plateformes pour freelances en France, près de 9 interrogés sur 10 sont freelances par choix. Principales motivations : la liberté d’organiser leur temps comme ils l’entendent, la possibilité de travailler en “mode projet”, l’absence de lien de subordination avec la hiérarchie, ou encore la paye.

Eh oui, ce qui est rare est cher ! Aujourd’hui, pour un profil qualifié et expérimenté, il est bien plus facile de trouver des missions qu’il y a 15 ou 20 ans. Au point que de plus en plus d’employés décident de sauter le pas à titre complémentaire ou même à temps complet.

# 4 : les freelances ont moins d’éthique que les employés
Impossible. Si c’était le cas, ils finiraient vite par se retrouver sans mission. C’est d’autant plus vrai avec le développement des plateformes Internet, sur lesquelles indépendants et employeurs peuvent laisser leurs commentaires.

Le savoir-vivre et le savoir-être sont devenus capitaux selon Jean-François Art : “il y a 4 ou 5 ans, quand une société décidait de faire appel à un externe, ce qui était important c’était les hard skills. Aujourd’hui, les soft skills sont tout aussi importantes. La personne doit s’intégrer dans l’équipe et travailler pour le succès de la firme qui lui a confié sa mission.”

# 5 : la gig economy n’est qu’une mode, elle ne va pas durer
Les études menées aux quatre coins de la planète disent le contraire. D’après le cabinet McKinsey, entre 20 et 30% de la population active mondiale serait déjà concernés par le travail indépendant aujourd’hui. Outre-Atlantique, Les recruteurs interrogés pour le compte d’Upwork estiment que 28% de leur force de travail sera composée d’externes d’ici 10 ans, contre 10% seulement au moment de l’enquête.

En Belgique, on en est encore loin cependant. Le marché de l’emploi est plutôt “conservateur” d’après Securex. Le CDI reste la norme et le fait de passer toute sa carrière dans la même entreprise un idéal. Il n’empêche, “le marché du freelancing est en pleine croissance” d’après Jean-François Art. Quelques plateformes, comme Jellow, commencent d’ailleurs à se créer.

En passant d’un projet à l’autre, ils voient ce qui se passe dans d’autres sociétés, d’autres cultures, et aussi acquérir d’autres compétences. Les indépendants sont beaucoup plus flexible que les employés classiques. Ils sont prêts à se former, à se remettre en question...

 

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