L'augmentation du nombre de freelances suscite les convoitises

L'augmentation du nombre de freelances suscite les convoitises

La Belgique est encore loin des Etats-Unis ou même de la France dans ce domaine. Il n’empêche, le nombre de freelances ne cesse d’augmenter chez nous. D’après un sondage réalisé l’an dernier par SD Worx et l'Antwerp Management School, jusqu’à 97% des entreprises belges feraient régulièrement appel à des indépendants, ces derniers représentant en moyenne 10% de leurs effectifs.   

Pas étonnant dès lors que le secteur du freelancing attire autant les convoitises, de plus en plus d’acteurs étant avides de tirer leur épingle du jeu. Parmi eux, la startup néerlandaise Jellow ou encore la française Malt ont déjà franchi la frontière pour commencer à proposer des missions chez nous. Tout comme les géants américains LinkedIn Profinder ou Upwork.  

Un petit nouveau 

Des initiatives belges existent cependant. Dernière arrivée : la bruxelloise Beelance, une plateforme de mise en relation spécialisée dans la tech. Disponible en version béta depuis mars, l’application a officiellement été lancée au mois de septembre. Elle revendique déjà 2.500 freelances inscrits. « Dans les industries à plein emploi, l’engineering et l’informatique, il y a vraiment un bond très important du nombre de freelances parce que le risque pour l’individu de ne pas trouver de mission est très faible, explique son cofondateur, Laurent-Philippe Ham. De plus en plus de jeunes se lancent dans le freelancing dès la fin de leurs études, ou après deux ou trois ans dans une société de consultance. » 

L’argent est évidemment une motivation. Une étude de Malt montre que 79% des indépendants gagnent mieux leur vie en étant freelances que s’ils étaient salariés. Mais c’est loin d’être la seule explication d’après l’étude. Ce que confirme Laurent-Philippe Ham : « les gens choisissent aussi le freelancing par principe de liberté. Ils choisissent quand ils travaillent, avec qui ils travaillent et comment ils travaillent. C’est la clé aujourd’hui pour pouvoir recruter des talents. » 

Des ambitions internationales 

Jusqu’ici, la grande majorité des inscrits sur la plateforme est domiciliée en Flandre. C’est là d’ailleurs que sont implantés les quelques concurrents de Beelance, comme Freelance.be. Mais la startup espère bien rétablir un semblant d’équilibre linguistique, principalement grâce à Bruxelles et... à la France. L’objectif de 2020 est en effet de développer un axe Bruxelles-Paris, avant d’essayer de conquérir le reste de la France et le Luxembourg.  

Outre-Quiévrain, plusieurs acteurs sont déjà bien implantés mais Beelance compte sur son business model pour faire la différence. Concrètement, la formule se veut entièrement gratuite pour les freelances. Ce sont les entreprises qui paient un abonnement mensuel pour poster leurs offres de missions et avoir accès à la banque de données des travailleurs disponibles.  

Seules quelques plateformes comme WeLoveDevs ou Freelance Informatique ont opté pour la même stratégie, les autres s’octroyant des commissions pouvant monter jusqu’à 15 ou 20%. « Soyons clairs, le modèle sans commission est un business model plus risqué mais je crois que le futur est le mode SaaS (Software as a Service, ndlr). Ca répond plus à la problématique des indépendants », insiste le cofondateur.  

Objectif grandes entreprises 

Gratuité oblige, le défi pour Beelance ne consiste donc pas à attirer les freelances, mais plutôt les clients. « C’est vraiment de l’évangélisation parce que les gens ont besoin de nous mettre dans une case, regrette Laurent-Philippe Ham. On n’est pas un cabinet de recrutement, ni un cabinet de consultance, on offre un service différent donc les premières sociétés qui nous suivent ce sont les startups, scaleups et sociétés de consultance. » 

Il n’empêche, même si « les grands comptes ne font plus rêver les jeunes », l’idée est bien de commencer à démarcher les grandes entreprises. Et ce, dès 2020, quand la base de freelances se sera étoffée et qu’un grand contingent pourra leur être proposé. En attendant, Beelance se prépare à lever 2 millions d’euros pour financer son expansion internationale et la version 2 de sa plateforme. 

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