Et si vous repreniez la main sur vos données ?

Et si vous repreniez la main sur vos données ?

Quel est le point commun entre le Ministère de l'Enseignement néerlandais, les gouvernements fédéraux allemands et suédois et, depuis peu, le Ministère de l'Intérieur en France ? Ils ont tous déployé une solution de cloud privé européenne, open source et souveraine : Nextcloud.   

Le choix de l’intérieur 

Une décision qui s'impose dans un climat de tensions commerciales avec les États-Unis, mais également depuis l'introduction du Cloud Act américain (loi autorisant les autorités américaines à accéder aux informations stockées sur les serveurs cloud, ndlr) .  

La sécurité des données devient en effet une préoccupation majeure dans l'Union, face à l'omniprésence du cloud américain : iCloud, AWS (Amazon), GSuite (Google) et Outlook (Microsoft).  

Un projet européen collaboratif  

Nextcloud est un logiciel libre d'hébergement de fichiers lancé en juin 2016 par un développeur allemand, Frank Karlitschek, sur base d'un autre projet (ownCloud), dont il ne partageait plus la version stratégique. 

Depuis sa création, l'architecture ouverte de Nextcloud lui a permis de gagner en fonctionnalités : stockage de fichiers sécurisé, calendrier, carnet d'adresses, galerie d'images, gestion de tâches, prise de notes et même fichiers multimédia. Avec en prime un outil de synchronisation pour ordinateurs, mobiles, tablettes et des connecteurs pour une suite de productivité (Collabora Online, OnlyOffice).  

Des hébergeurs en Belgique 

Les administrations ne sont pas les seules clients de la solution open source. Sa flexibilité lui permet d'être installée sur le poste de travail d'un freelance, d'une TPE ou d'une grande entreprise, comme alternative privée et sécurisée aux solutions proposées par les GAFAM.  

Les plus avertis peuvent se charger de son installation complète sur un serveur (presque aussi simplement que Wordpress pour un site web). Les autres s'adressent à des hébergeurs partenaires, situés partout en Europe : Hostiso en France, The Good Cloud aux Pays-Bas, Wölki en Suisse, Kinamo ou Benison en Belgique.  

Les formules gratuites sont limitées en capacité de stockage, mais certaines formules payantes démarrent à 5 euros par mois pour 25 GB, configuration et mises à jour gratuites.  

Une nouvelle version cette semaine 

Deux grandes mises à niveau sont proposées chaque année.  Les 14 et 15 septembre derniers se tenait à Berlin une grande conférence. L'occasion de présenter la nouvelle version du nuage, Nextcloud 17. Sortie prévue ce 26 septembre. Officiellement en tout cas, parce que la solution fait l'objet de tests auprès d'une large communauté d'utilisateurs et de développeurs depuis plusieurs mois.  

Pour l'occasion, le nuage gagne en fonctions qui réduisent de plus en plus l'écart avec les grandes solutions commerciales du marché. Quelques exemples : effacement des fichiers à distance en cas de vol de données, renforcement de la sécurité pour accéder à son cloud (2 facteurs), plugin pour envoyer des fichiers de manière sécurisée via Outlook ou encore Nextcloud Text, un éditeur de texte riche et collaboratif très proche de Paper de Dropbox. 

Nextcloud participera en décembre au Paris Open Source Summit 2019, événement majeur du logiciel libre en Europe.

 
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