Cryptomonnaies : la plateforme Bit4You mise sur la proximité pour grandir

Cryptomonnaies : la plateforme Bit4You mise sur la proximité pour grandir

Fin août 2018, le ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo était le premier à effectuer une transaction sur Bit4You, la toute première plateforme belge d’échange de cryptomonnaies. Le contexte est alors difficile, le Bitcoin ayant perdu 80% de sa valeur en huit mois. Un peu plus d’un an plus tard, on fait le point avec Marc Toledo, en charge du business development et des finances de la société. 

Quel bilan faites-vous de votre activité, un peu plus d’un an après son lancement ? 

Nous avons enregistré à peu près 2.600 nouveaux clients, aussi bien en mode démonstration qu’en mode réel. Nous devenons une plateforme de référence pour les utilisateurs belges, qui recherchent une solution beaucoup plus sécurisée. La plupart des autres solutions leur demandent de travailler avec des sociétés qui sont établies dans des pays en dehors de l’Union européenne et en cas de problèmes les recours sont quasi inexistants. Nous insistons donc sur la proximité avec nos clients, en Belgique mais aussi en Europe.  

Comment voyez-vous l’avenir ? 

En Belgique, si les gens font une recherche sur le bitcoin, ils tombent immanquablement sur nous puisque nous sommes la seule plateforme d’échange dans le pays. Pour l’instant, un peu plus de 20% des utilisateurs sont extérieurs à la Belgique. On commence à se faire connaître grâce au bouche-à-oreille et nous allons bientôt commencer le marketing.  

Les gens apprennent à connaître les cryptomonnaies et Facebook vient grandement nous aider avec son libra, qui permet d’évangéliser une grande partie de la planète. Imaginons que sur les 2,4 milliards d’utilisateurs de Facebook, 20% adoptent le libra, on arrive plus ou moins à 500 millions d’utilisateurs...  

Il y a quand même encore beaucoup d’hésitations face aux cryptomonnaies. L’inconnu fait peur ? 

Il y a une inconnue parce qu’il y a un manque d’information des gens, qui est dû à deux choses. Premièrement, dans les médias, les titres les plus intéressants sont ceux liés aux arnaques qui ont eu lieu dans la blockchain, mais vous avez exactement les mêmes arnaques – le phishing – dans les banques. On en parle simplement beaucoup moins.  

Deuxièmement, tout le monde parle de la grande chute de 2018, où le bitcoin était monté à près de 20.000 dollars (le 17 décembre 2017, ndlr) avant de retomber, mais depuis lors les choses sont différentes. Ceux qui ont investi en bitcoin en janvier par exemple se retrouvent maintenant avec plus de deux fois leur investissement.    

D’après certains analystes cependant, les cours seraient plutôt appelés à baisser... 

Personne ne détient la bonne information sinon il y a bien longtemps que ces personnes seraient milliardaires. Il y a évidemment du wishful thinking, mais le crash du bitcoin de 2018 est comparable à celui de bpost, qui a aussi engendré 80% de chute.   

Aujourd’hui, la crypto est quelque chose d’extrêmement sûr. Il y a des moyens de placement qui peuvent être très volatiles, mais il y a aussi des assets qui sont stables comme le tether, qui permet de mettre de l’argent en dollars quelque part dans la blockchain (le tether est désormais la cryptomonnaie la plus utilisée en volume, mais aussi la plus controversée, ndlr). Vous avez des cryptos qui ne se basent que sur la confiance comme le bitcoin, et vous avez des cryptos, comme le libra, qui reposent sur des paniers de monnaies avec une contrepartie en valeur. Il y a de tout avec un peu plus de 3.000 cryptos aujourd'hui en circulation.  

Qu’en est-il du reste de votre activité ? Celle-ci ne se limite pas aux cryptomonnaies... 

Nous avons plusieurs plans. Le premier, c’est la partie développement pour le compte de tiers de smart contracts. Ces contrats intelligents vont permettre l’automatisation et surtout la désintermédiation de pas mal de choses.  

On se développe aussi sur l’acceptation des cryptos par les marchands. En Belgique, il n’y en a encore aucun qui accepte les cryptos mais un jour ils seront contents de pouvoir le faire. Le but pour nous est de développer des projets qui se servent les uns les autres et qui aident à aller dans le sens d’une quatrième révolution industrielle.  

Grâce à quels moyens se font ces développements ? 

Il y a eu une levée de fonds l’an dernier, puis une deuxième cette année pour continuer l’expansion. Nos actionnaires ont remis la main à la pâte.  

En termes d’emplois, vu l’état actuel des ressources IT disponibles dans notre petit royaume, nous préférons travailler en outsourcing avec des indépendants. Comme le confirme Agoria dans son dernier rapport, il manque quelque 16.000 IT en Belgique. C’est un fait. Non seulement on a du mal à recruter, mais si vous recrutez des personnes et que vous les formez, elles ont immédiatement des propositions d’autres sociétés. Dans ce contexte de guerre des talents, nous n’avons pas les reins assez solides pour rivaliser avec les grandes entreprises, donc on préfère travailler avec des freelances. 

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