Un questionnaire en ligne pour dépister les burn-out ?

Un questionnaire en ligne pour dépister les burn-out ?

Un détecteur qui prédit les burn-out ? C'est la promesse un peu folle d'un programme informatique, un scanner qui mesure la santé mentale. 5 questionnaires, des tests neurologiques pour analyser le monde du travail et l'état d'esprit des collaborateurs : le concept pourrait bien débarquer dans votre entreprise. Mais comment est-ce que ça marche, et avec quels risques ? 

Des questionnaires scientifiques et donc objectifs 

Sur la forme, on pourrait comparer MyMindScan au bien connu test de Stroop. Vous savez, cet exercice très agaçant qui vous demande de lire des noms de couleurs qui sont écrits dans une couleur différente. Lire « JAUNE » quand il est écrit en rouge, ça demande un effort mental plus ou moins important selon les personnes, qui devront gérer un combat entre la zone occipito-pariétale de leur cerveau, et le lobe frontal.  

Là, on peut mesurer le niveau de stress du cobaye. C'est donc bien un test scientifique lors duquel la personne examinée ne pourra pas tricher pour tenter de manipuler les résultats. Eh bien le détecteur de burn-out dont on parle se présente de la même manière. 

Pour quoi faire ? 

En combinant les résultats des 5 questionnaires, le système va dégager des tendances, des chiffres, qui permettront d'évaluer la santé mentale des travailleurs, en s'intéressant notamment à leur niveau de stress, de confiance en eux, de perfectionnisme, de résilience. Selon les résultats individuels, le système va pouvoir catégoriser la personne évaluée, la placer dans un niveau de bilan et ensuite proposer des pistes d'amélioration ou de solutions si nécessaire.  

Si un état de stress avancé, de lassitude, de surmenage est détecté, le système de MyMindScan proposera un encadrement, par un coach, un partenaire de l'entreprise, voire un médecin indépendant, via un service externe de santé et de sécurité au travail. Mais dans quelle mesure les collaborateurs auront-ils vraiment envie d'être évalués ainsi ? L'idée de peut-être devoir faire aveu de faiblesse est rarement séduisante pour un travailleur qui évolue avec des collègues, une hiérarchie et parfois une certaine concurrence.  

Stijn Quantens, co-fondateur de MyMindScan, promet une expérience totalement sécurisée, confidentielle, anonyme et avec l'objectif important que toutes les parties s'y retrouvent. « Pour nous, c'est une approche positive. On va permettre aux personnes de comprendre leur manière de travailler, leur état d'esprit, pour améliorer ce qui peut l'être. Et, dans un second temps, on peut globaliser l'ensemble des résultats pour avoir un regard sur l'ensemble de l'organisation. On peut mesurer la santé mentale d'une grande population, faire un grand scanner de la société pour déterminer dans quels département les gens se sentent le mieux pour prendre exemple, et cibler les cellules moins bien gérées pour après travailler à une amélioration. Les départements RH peuvent alors, eux aussi, adapter leur stratégie dans les différentes cellules de l'entreprise. Tout le monde est gagnant : les collaborateurs qui sont soutenus et encadrés, s'ils en ont besoin et envie, et l'entreprise dans son ensemble qui va pouvoir améliorer son système de fonctionnement collectif. »  

De belles promesses sur le papier, donc. La question reste de savoir si les burn-out sont si facilement détectables, et prévisibles. 

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