Managers : un pays, un style ?

Managers : un pays, un style ?

Qu’est-ce qu’un bon manager ? Celui qui fait respecter les règles, inspire ses collaborateurs, suscite la participation, délègue un maximum de tâches ? La question n’a jamais autant fait débat. Une chose est sûre, il y a du bon et du moins bon dans chaque système. 

Un manager « pote » comme aux Etats-Unis 

Le management à l’américaine fait parfois rêver. Aux USA, le chef n’est pas seulement manager, il est également leader et coach. La position hiérarchique n’est pas aussi marquée qu’en Belgique ou en France, par exemple. Le manager appelle ses employés par leur prénom et il n’est pas rare qu’il les invite à manger chez lui.  

La positivité est aussi le maître mot des managers. Pas avares en compliments, jugés parfois démesurés par les Européens, ils félicitent volontiers leurs employés à coups de “amazing” ou de “awesome” !  

Mais leur tendance à foncer tête baissée peut parfois être préjudiciable et leur coûter cher. De plus, les employés sont encouragés à vivre boulot, penser boulot, manger boulot… Ce dernier devient le centre de leurs préoccupations et la tendance à l’individualisme et au manque de solidarité dans un objectif carriériste ne sont pas rares non plus. 

Un manager « leader » comme en Allemagne  

Le manager allemand est reconnu pour ses qualités professionnelles, ses compétences et s’impose donc tout naturellement comme un leader aux yeux de ses employés. 

Malgré cela, il est très attaché à ce que pensent ses employés. Son équipe est active lors de la prise de décision grâce notamment à la pratique du brainstorming. Une décision soutenue par l’équipe a plus de chances d’être appliquée par celle-ci et mène au “wir-gefühl” (sentiment d’appartenance, cohésion sociale). 

Attention, respecter le planning, les délais et être ponctuel sont des qualités importantes. Tant pour se montrer efficace que pour terminer sa journée plus tôt et profiter ainsi de sa vie personnelle et familiale.  

Un manager « accessible » comme en Norvège  

Il y a une certaine égalité entre le manager norvégien et ses employés. Le chef travaille dans le même bureau/open space que les salariés et est accessible à l’ensemble de ses employés.  

Le management participatif est celui qui prime. Les employés sont impliqués dans le processus de décision et disposent d’une large autonomie pour pouvoir prendre des initiatives. 

Toutefois, le manque de hiérarchie peut parfois poser problème pour trancher lors de la prise de décision et peut mener à beaucoup de réunions pour débattre.  

Un management « paternaliste » comme au Japon 

Au Japon, une des techniques de management reconnues est celle du Kaizen. Inventée par l’entreprise Toyota, elle se base sur la méthode des 5 S :  

  • Seiri : débarrasser 
  • Seiton : ranger 
  • Seiso : nettoyer 
  • Seiketsu : ordonner 
  • Shitsuke : être rigoureux  

L’idée est que chacun peut apporter une amélioration permanente et continue de la qualité et ainsi favoriser une meilleure culture de l'entreprise. 

Le Kaizen est aussi associé au Kikubari. C’est l’attention qui va être portée aux autres mais avant même que la personne n’ait exprimé un besoin ou un désir. L'intelligence émotionnelle est donc une compétence à laquelle les Japonais, tant managers qu’employés, accordent beaucoup d'importance. 

C’est le collectif qui prime sur l’individuel. Les employés japonais pensent leur carrière et leur succès sur du long terme. Souvent, un employé japonais garde le même emploi toute sa vie, ce qui favorise d’autant plus une attitude coopérative.  

Pourtant, on connaît le fameux roman Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, basé sur sa propre expérience et qui donne une toute autre image du travail au Japon. Et pour cause, derrière une image de respect et de rigueur, la soumission et la fidélité à l’entreprise malgré des conditions difficiles est de mise. 

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