Turquoise : la couleur du bonheur au travail ?

Turquoise : la couleur du bonheur au travail ?

Il y a 5 ans, Frédéric Laloux, coach en entreprise, auto-publiait Reinventing Organizations, un ouvrage désormais perçu comme incontournable par les spécialistes du management. Le Belge y répertorie 5 types d’organisation du travail, de la plus ancienne et la plus archaïque à la plus moderne, attribuant à chacune une couleur : rouge, ambre, orange, verte et opale.  

« Plus je coache les entreprises, plus je vois les problèmes auxquels elles font face et plus je suis convaincue que l'organisation opale est le modèle à suivre », insiste Linda Schreurs, fondatrice du cabinet Inside-O.  

Trois principes pour devenir « opale » 

L’organisation opale, plus connue sous le nom d’entreprise libérée se distingue surtout par le grand degré d’autonomie laissée aux travailleurs. Chacun a la légitimité pour prendre n’importe quel type de décision, pour peu qu’il ou elle ait pris la peine de récolter les opinions de toutes les personnes concernées. Autre principe de base : l’intégrité. Chacun doit pouvoir être au travail comme il est dans la vie. 

« La génération d’aujourd’hui n’accepte plus de travailler autrement que comme ça. C’est indispensable pour attirer les talents », poursuit Linda Schreurs. Mais ce n'est pas la seule motivation pour se transformer. « Nous vivons dans un monde VUCA (pour vulnerability, uncertainty, complexity and ambiguity, ndlr), insiste la coach. Pour réaliser de bonnes performances économiques, il faut être flexible. » Et c’est exactement ce que vise une organisation opale grâce à sa raison d’être évolutive. 

Un tournant difficile à négocier  

Alors que la question du bonheur au travail gagne en importance, le concept décrit par Frédéric Laloux gagne en popularité. Dans les start-up par exemple. Parmi les grandes entreprise en revanche, peu d'entre elles peuvent aujourd’hui se revendiquer « opale ».  

« Les managers doivent changer de mentalité et devenir des leaders. Ce n’est plus une hiérarchie top-down, il faut donner de l’autonomie aux équipes. C’est un changement énorme pour des personnes habituées à tout contrôler. La question du rôle qu’elles pourront jouer dans la société les effraie parfois. » 

Des pièges à éviter 

Le changement ne doit donc pas être imposé directement aux équipes. Il doit impérativement venir du haut. D’abord parce que c’est toute la vision de l’entreprise qui doit changer. Start with why comme le dit si bien le conférencier Simon Sinek. « Certaines entreprises le font parce que c’est tendance, parce que certains de leurs concurrents le font, regrette la fondatrice d’Inside-O. Je vois ça dans le secteur bancaire par exemple. C'est une mauvaise raison. Si l’entreprise sait clairement pourquoi elle opère cette transformation, elle a beaucoup plus de chances de succès. » 

Une fois convaincu, le management doit porter la bonne parole. Considérer que la mise en œuvre du modèle « opale » va de soi parce qu’il place le travailleur au centre des préoccupations serait une erreur.  « Il faut expliquer le changement à tout le monde, il faut réfléchir à la manière de l’opérer pour que ce soit un succès dans chaque équipe et que ça ne mette pas l’entreprise en danger. Il faut aussi être conscient du fait qu’il y aura des résistances parce que le changement fait peur. Il faut être prêt à y faire face. » Conclusion : la transformation ne se fait pas en un jour. Au minimum 18 mois sont nécessaires conclut Linda Schreurs. 

 

5 couleurs, 5 types d’organisation 

Rouge : l’organisation la plus ancienne et la plus tribale, similaire à celle d’une meute de loup. Le dirigeant décide seul des règles et les fait respecter par la force. C’est le règne de la terreur.

Ambre : l’organisation est pyramidale et procédurière, chaque action étant très codifiée. Le système s’auto-entretient, évoluant très peu ou très lentement avec le temps.

Orange : c’est le type d’organisation le plus courant depuis l’avènement du capitalisme. Le seul but est la réussite économique, chaque individu étant récompensé au mérite.

Vert : l’organisation est égalitaire et consensuelle. C’est le modèle sur lequel repose généralement les entreprises familiales, mais aussi les associations et les coopératives.

Opale : l’organisation est évolutive, chacun ayant le pouvoir de prendre n’importe quelle décision pour peu d’avoir consulté l’ensemble des personnes concernées. Pas de hiérarchie mais au contraire de l’auto-gestion.
 

Sur le même sujet
Organisation
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. POLITICS ELECTIONS AFTERMATH KING INFORMATOR (2)

    Négociations fédérales: la crise de trop

  2. Ce lundi, le Roi a refusé la démission des deux préformateurs, Egbert Lachaert (VLD) et Conner Rousseau (SP.A). Quarante-huit heures pour sauver la Vivaldi...

    Négociations fédérales: les deux scénarios en cas d’échec de la Vivaldi

  3. Le refus d’inscription touche notamment le paramédical en raison de la difficulté d’organiser des stages pour tous.

    Enseignement supérieur: le refus d’inscription en haute école est illégal

La chronique
  • Coronavirus – «La vie devant toi», jour 61: le barbu

    Le 5 septembre, il s’est passé un truc incroyable.

    C’était la journée mondiale de la barbe. Une vraie fête de Vikings, avec des rituels sympas un peu partout dans le monde. Un match de boxe, dans le sud de l’Espagne, entre un barbu et un imberbe et dont le barbu (armé d’une pique) ressort toujours vainqueur. Ou une fête, à Dönskborg, en Suède, où les non-barbus sont bannis du village et doivent se réfugier dans la forêt voisine pendant 24 heures. Cool.

    On avait envie de leur rendre hommage, du coup, à tous ces boucs et ces barbiches, ces colliers, ces barbes de trois jours, de bûcherons et de hipsters. La Van Dyke, inspirée de celle d’Antoon van Dyck, le peintre flamand. L’impériale, popularisée par Napoléon III. La Souvorov qui nous vient d’Alexandre Vassilievitch Souvorov, militaire russe et fin stratège du XVIIIe. On l’obtient en laissant pousser les favoris et la moustache pour ne raser que le menton. C’est celle du légendaire Lemmy des Motorhead, presque...

    Lire la suite