Êtes-vous plutôt leader ou manager ?

Êtes-vous plutôt leader ou manager ?

Beaucoup de flou entoure les termes de leader et de manager. Ils sont même souvent utilisés l’un pour l’autre. Pourtant, les deux fonctions sont radicalement différentes.

Deux formes de légitimité

Première distinction : leur légitimité. Le manager est officiellement chef de groupe. Son statut, octroyé par la direction, fait de lui un supérieur, alors que le leader, lui, dispose plus d’une autorité informelle. Une autorité que l’équipe qu’il supervise lui reconnaît, lui concède volontairement.

Résultat, le premier évolue dans une hiérarchie verticale classique alors que le second s’inscrit davantage dans une hiérarchie horizontale. “De temps en temps, ce sont les compétences de manager qui sont les plus importantes et parfois ce sont les compétences de leader qui le sont. On vit dans un monde où le côté management est la partie invisible de l’iceberg. ”, explique Vincent Giolito, chercheur à la Solvay Brussels School.

L’un gère, l’autre inspire

Le manager est le garant des objectifs, des délais et du budget à court et moyen terme. Sa mission est d’organiser le quotidien. Et pour ça, il prend des décisions en s’appuyant sur les procédures existantes. C’est à l’opposé du rôle du leader qui propose, lui, une vision unique et inspirante pour atteindre ces objectifs. Sa personnalité et ses initiatives stimulent l’innovation. “ Le leadership donne du sens, le management donne un cadre ”, résume Vincent Giolito.

Les deux fonctions sont intimement liées évidemment mais, depuis quelques années, le leadership a particulièrement la cote auprès des travailleurs. “ Le modèle d’il y a 20, c’était le modèle bureaucratique, le modèle des managers, poursuit le chercheur. On entrait dans une boîte qui donnait un salaire, des garanties. L’exigence de leadership est relativement récente, elle a émergé il y a une dizaine d’année. Maintenant on veut bosser pour quelqu’un qui veut changer le monde.


Richard Branson : “un leader doit être tourné vers l’humain”

Pourtant, l’un ne va pas sans l’autre

Les entreprises libérées, réputées sans hiérarchie verticale, ont d’ailleurs le vent en poupe. “ Je valide à 100% évidemment, insiste Vincent Giolito, même si l’expérience tend à montrer que les gens sont capables de travailler en équipe sans managers seulement sous certaines conditions et pour une période limitée.

Un salarié aurait ainsi besoin de rêver et d’être inspiré mais aussi d’être encadré. Et ça, seul un manager serait en mesure de le faire d'après le chercheur : “ le leadership ne vous donne pas les critères pour savoir qui augmenter à la fin de l’année, ou alors il vous donne des critères subjectifs, ce qui peut générer de l’insécurité. De plus, quand il y a un désaccord et qu’on n’arrive pas à le dépasser, on ne respecte pas les deadlines ni les objectifs, donc il faut quelqu’un qui décide avec une autorité formelle.

Le secret serait juste de trouver le bon équilibre, alliant l’efficacité d’un bon manager et la capacité à motiver d’un bon leader. Sachant qu’évidemment une seule et même personne peut cumuler les deux casquettes. C’est même l’idéal, surtout si vous êtes à la tête d’une petite société.

 

 

Sur le même sujet
Management
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. PHOTONEWS_10892087-031.JPG

    Je confine, tu confines, moi non plus

  2. Lors de la première vague, le pic s’était arrêté à 101 patients covid (38 aux soins intensifs, 63 en unités covid). Ce vendredi, à 9
h du matin, l’hôpital en accueillait 126.

    «C’est un peu comme replonger dans un bain d’eau froide»: les soignants ont peur de se noyer dans la deuxième vague

  3. POLITICS CONSULTATION COMMITTEE

    Couvre-feu, limitation dans les commerces, enseignement, sport…: les nouvelles mesures en Wallonie

La chronique
  • La chronique de Carta Academica: «Justice et collaboration, ou la seconde utilité du bandeau de la Justice»

    Depuis la fin du siècle dernier, divers projets de loi ont tenté d’introduire un « droit des repentis » en Belgique. Toutes ces initiatives se sont heurtées à de multiples résistances jusqu’à une loi du 22 juillet 2018. Depuis lors, le ministère public peut proposer à un infracteur de dénoncer des infractions pour voir sa peine réduite, voire exemptée. Un tel mécanisme de collaboration en justice axé sur la dénonciation met au cœur de la justice pénale la trahison et le marchandage, tout comme il questionne divers principes juridiques fondamentaux comme le droit au silence, la fiabilité des preuves ou l’égalité devant la loi. Un détour par les travaux préparatoires de la loi montre que le retour à l’avant-plan du terrorisme sur la scène publique a contribué à dépasser les résistances que soulevait le principe de ce droit des repentis. Comme souvent en matière pénale, une situation de « crise » a joué un rôle d’accélérateur...

    Lire la suite

  • Mais bon sang, c’est quoi ce pays!

    On devrait dire : « Chapeau, vous avez enfin compris la gravité de la situation. » Alors que la Wallonie est au top des régions les plus dangereuses d’Europe, que les chiffres de contaminations continuent à exploser, que les experts tirent à boulets rouges sur la faiblesse des mesures prises, que le système hospitalier est en train de craquer et que les Belges succombent sous le coup du virus, il fallait évidemment passer à ce reconfinement partiel, annoncé par le ministre-président wallon Elio Di Rupo....

    Lire la suite