Devenir manager n’est pas une promotion, c’est une compétence !

Devenir manager n’est pas une promotion, c’est une compétence !

Notre société est toujours plus complexe, tiraillée et instable. Le monde de l’entreprise n’échappe pas à la règle. L’entreprise devient régulièrement le lieu des joies, des déceptions ou des conflits. Il est parfois difficile pour celle-ci de conserver ses collaborateurs et d’ainsi maintenir son efficacité, sa connaissance et sa performance. Or, on estime qu’il manque plusieurs milliers de diplômés chaque année en Belgique et cette tendance tend à s’accentuer, faisant du recrutement un véritable parcours du combattant pour les entreprises.  

D’un contexte où les entreprises sélectionnaient les meilleurs parmi les postulants, nous sommes passés à une situation inverse dans laquelle les candidats sont ultra-sollicités, séduits et choisissent leur entreprise en fonction de leurs critères, sans hésiter à la quitter si celle-ci ne répond pas aux exigences. Cette évolution entretient et développe inexorablement une concurrence accrue entre les entreprises pour attirer les meilleurs profils, parfois au risque de devenir prisonnières de leurs propres initiatives. Ainsi, il est assez savoureux d’observer de nombreuses sociétés sur-jouant le bonheur à coup de Chief Happiness Officer, de tables de ping-pong et d’escape games. Sont-elles plus florissantes que les autres ? Leurs employés sont-ils plus épanouis et plus efficaces ? Parviennent-elles à inscrire l’engagement de leurs équipes dans la durée  ?  

A la lumière des douze premiers mois de notre société AION Consulting et des nombreuses rencontres effectuées dans ce cadre, il nous apparaît que les entreprises qui réussissent le mieux face à ces problématiques sont celles qui mettent en oeuvre d’autres types d’initiatives, plus lucides et pragmatiques.  

La formation comme facteur de motivation  

Nous pouvons d’abord citer la formation et la gestion de la connaissance. En effet, quelle satisfaction plus grande pour un employé que de sentir que l’entreprise mise sur lui ? La formation continue des employés est un enjeu capital dans la société pleine de bouleversements dans laquelle nous vivons. Le digital investit tous les secteurs d’activités, tous les types de métiers et il sera bientôt absolument vital pour les travailleurs d’être capables de comprendre les nouvelles technologies, sans pour autant tous être codeurs. Autrement dit, investissons l’ensemble de nos budgets « bonheur » dans la formation et la culture générale ! L’impact que cela peut avoir sur l’engagement et la satisfaction d’un collaborateur est inestimable.  

Il est d’ailleurs intéressant de constater l’évolution des offres de formation dans l’enseignement supérieur. Chaque année, les établissements techniques innovent et lancent de nouvelles spécialisations liées à l’entrepreneuriat ou à la gestion, alors que de nombreuses universités et écoles à orientation commerciale forment leurs étudiants aux technologies de l’IT et de l’ingénierie. Ce rapprochement tend à confirmer une tendance claire : les meilleurs profils de demain seront ceux capables d’être autonomes, polyvalents et donc d’intervenir sur leur sujet de prédilection tout en prenant en compte leur contexte et leur environnement. Accompagner les travailleurs actuels et encourager les prochaines générations dans cette évolution fondamentale est déjà une manière d’éviter de futures situations de tension, d’incompréhension et de stress.  

Management 4.0  

Evidemment, recruter des profils autonomes, les former et leur donner le contexte pour s’épanouir n’est pas chose facile. D’autant plus si nous nous mettons nous-mêmes des bâtons dans les roues. Comme évoqué par Nicolas Bouzou et Julia de Funès dans leur livre La comédie (in)humaine, le monde du travail doit cesser de considérer les fonctions managériales comme des promotions mais comme des compétences. Pourquoi se priver d’un excellent technicien en le promouvant manager d’une équipe s’il n’en a ni les qualités, ni l’envie ? Nous devons arrêter de penser pour les autres et de considérer que tout le monde rêve forcément de devenir manager. Pour investir dans la connaissance, il convient parfois simplement de conserver notre bon sens et de positionner les employés sur les fonctions où ils sont les meilleurs.  

Un dernier point paraît essentiel pour une entreprise qui souhaite cultiver l’engagement de ses collaborateurs et encourager leur développement personnel : miser sur l’intelligence émotionnelle. De nos jours, rares sont les fonctions qui ne nécessitent pas d’être en contacts réguliers avec des collègues, fournisseurs ou clients. La capacité de comprendre et contrôler ses émotions, et d’accepter celles d’autrui devient donc un atout non négligeable. Plutôt que de rechercher des experts de la dernière version de notre CRM, recrutons des personnes capables de gérer leur stress, d’être ouverts d’esprit et de parfois mettre leur égo de côté !  

Si l’on synthétise ces différentes réflexions, l’entreprise performante serait donc le lieu de la formation continue, de la polyvalence, de l’autonomie, de la libre-pensée et de l’intelligence émotionnelle. Plutôt attirant, non ? 

Sur le même sujet
Management
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Côté alimentation, la vitamine D est notamment présente dans les œufs.

    La vitamine D, une des manières de booster son immunité

  2. Pour que la ligne soit rentable, il faudrait évidemment remplir les conteneurs dans l’autre sens pour le retour vers la Chine, ce qui n’est pas encore le cas. © Dominique Duchesnes.

    Une troisième gare pour les trains chinois à Liège

  3. L’ex premier ministre à sa sortie de l’hôpital, le 14 septembre à Milan. © Reuters.

    Le «Cavaliere»Silvio Berlusconi est de retour

La chronique
  • Coronavirus – «La vie en pause, saison 2, jour 25»: Noël en juillet

    Ce week-end, il s’est passé un truc incroyable.

    Tout le monde a compris – enfin, on l’espère –, qu’on ne fêtera pas Noël cette année.

    Frédérique Jacobs, cheffe du service infectiologie à l’hôpital Erasme, avait déjà traumatisé tout le monde fin octobre à ce sujet. Et aujourd’hui, c’est la Très Respectable Union des Fêtes Familiales de l’Eté (la T.R.U.F.F.E.) qui prend la parole, au nom de la Fête nationale, de la Fête de la musique, des Feux de la Saint-Jean et de bien d’autres réjouissances estivales pour démontrer que Noël en juillet, c’est loin d’être une catastrophe.

    Oui mais et le sapin ? L’abattage d’un sapin se faisant généralement l’hiver pour différentes raisons (éviter d’avoir trop de résine, moins déranger la faune, etc.), la T.R.U.F.F.E propose de se rabattre plutôt sur les plantes en pot. Des grandes, aux larges feuilles comme le figuier lyre, l’oiseau du paradis, le palmiste multipliant, le dragonnier parfumé, le monstera ou, mieux que tout : le cactus qui empêchera les enfants de...

    Lire la suite

  • Courageux. Responsable. Collectif: la situation sanitaire l’impose

    C’est très courageux et hyper responsable. Sans fausse note – apparente –, les dirigeants politiques ont pris les décisions que la réalité sanitaire imposait. Avec pour seul objectif la crise de la santé. Et sur un seul constat : nous sommes toujours en pleine tempête.

    Ce n’est pas une obsession, c’est l’évidence : tant que le virus sera là, rien ne peut reprendre, ni l’économie, ni la vie normale, ni la vie sociale. Parce que le virus, c’est la maladie et encore aujourd’hui à un taux...

    Lire la suite