Migrer vos RH vers le cloud, une bonne idée ?

Migrer vos RH vers le cloud, une bonne idée ?

Agendas papier, feuillets Excel, logiciels internes à l’entreprise... Autant de manières obsolètes de gérer ses ressources humaines. De plus en plus, c’est sur le cloud que tout se passe via le SaaS, les Software as a Service (Logiciel en tant que Service en français). Le principe est simple : le fournisseur héberge des applications RH auxquelles vous accédez via Internet moyennant la souscription à un abonnement.

Des avantages incontestables

Premier d’entre eux, évident : avec le cloud, pas besoin de posséder votre propre serveur. En clair, pas de coûts liés à l’achat ou à l’entretien du matériel. Votre fournisseur de service se charge de tout, y compris en cas de problème. Quant aux applications elles-mêmes, elles sont mises à jour régulièrement et donc toujours à la pointe. “On est beaucoup plus efficace. Aussi, avec la réglementation RGPD, le risque de non-conformité devient de plus en plus important, surtout au niveau RH car les données sont très sensibles. Ce n’est jamais bon pour l’image d’une entreprise de perdre ce genre de données”, explique Frederik Somers, Transformation Officer chez SD Worx.

Utiliser le cloud facilite par ailleurs la mise en place du télétravail. Quelle que soit la fonction, la pratique se développe, et les ressources humaines n’échappent pas à la règle. Avec le cloud, aucun problème. Les applications choisies par l’entreprise sont accessibles, quels que soient l’endroit et le matériel utilisé.


Le cloud computer expliqué en quelques minutes

Autre avantage, et non des moindres : les RH retrouvent un rôle plus stratégique. Finies les tâches administratives qui n’apportent aucune valeur ajoutée. Les employés soumettent leurs notes de frais ou posent leurs jours de congés eux-mêmes, en ligne. Avec pour conséquence, un gain de temps pour tout le monde d’après Frederik Somers : “ Côté opérationnel, les démarches sont facilitées donc ça renforce l’engagement des employés. Mais surtout, grâce aux données que l'on peut collecter via les solutions Cloud, les RH peuvent comprendre les raisons de l'absentéisme par exemple. Pourquoi est-il plus fort dans telle équipe plutôt que dans telle autre ? Chez les hommes plutôt que chez les femmes ? Avec ces informations, on peut prendre des décisions beaucoup plus efficaces, parce qu’elles ne sont plus basées sur des hypothèses.” De quoi améliorer la productivité et réduire le turn-over.

Le raisonnement s’applique aussi au recrutement. De plus en plus de candidats s’attendent à bénéficier d’un certain confort technologique au sein de leur future entreprise. Celles qui offrent des possibilités de travail à distance, qui limitent la bureaucratie ou qui facilitent la communication entre les équipes et le département RH ont dès lors un avantage compétitif par rapport à leurs concurrentes. Sans compter que l’analyse des données, basée sur la recherche de mots-clés, permet de mieux cibler les profils recherchés. Les recruteurs peuvent donc aboutir sur des CV qu’ils n’auraient jamais pensé à consulter jusque-là.

Pas de distinction entre PME et grosses entreprises

D’après une enquête de Computer Profile, 64% des entreprises belges utilisent déjà des applications dans le nuage, dans 1 cas sur 4 pour la gestion de leur personnel. La tendance n’est donc pas encore aussi prononcée qu’au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis par exemple, mais elle progresse. Principal obstacle : le manque de connaissances en matière d’algorithmes. Comment collecter mais aussi comment interpréter les données. “ Certains algorithmes sont déjà standardisés donc ils sont plus accessibles mais ce n'est pas encore très intuitif ”, reconnaît Frederik Somers.

Avant de poursuivre : “ on ne doit pas forcément faire de distinction entre les grandes entreprises et les PME. Je pense que c'est plus important de voir dans quelle industrie l'entreprise est active. Pour celles qui travaillent avec des knowledge workers (travailleurs de la connaissance, ndlr) surtout, c'est très important de migrer vers le cloud.”

Attention tout de même : la transformation, même si elle en vaut la peine, coûte cher et le bouleversement culturel qu’elle engendre est important. Surtout, il ne s’agit pas de nier l’importance de l’humain dans ces différents processus. Jusqu'à preuve du contraire, aucune intelligence artificielle n’est encore capable de juger de la capacité d’une personne à s’intégrer dans une équipe.

 

 
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