La transformation digitale, coûteuse mais rentable ?

La transformation digitale, coûteuse mais rentable ?

Migration vers le cloud, collecte de données, automatisation... Cette année, les entreprises dans le monde devraient dépenser 1.180 milliards de dollars pour leur transformation digitale. D’après l’International Data Corporation (IDC), c’est 18% de plus qu’en 2018, la croissance devant même dépasser les 20% dans le secteur de la finance par exemple. Et la tendance devrait s’accélérer. 

Mais la répartition géographique de ces investissements est inégale, plus de la moitié de ceux-ci étant réalisés aux Etats-Unis ou en Chine. L’Europe occidentale, elle, représente moins de 20% des dépenses en matière de transformation digitale. Et ce n’est pas la Belgique qui relèvera le niveau. Dans le dernier classement de l’Institute for Management Development, notre pays ne figurait plus qu’à la 33e place (26 de moins qu’en 2015) pour ce qui est de l’agilité des entreprises dans un environnement digitalisé.  

La transformation digitale, un passage obligé ? 

Le terme “transformation digitale” apparaît pour la première fois en 2000 sous la plume de Keyur Patel et Pat Mac Carthy. C’est alors, pour les entreprises, la traduction d’une prise de conscience : la nécessité de s’adapter à un nouvel environnement. D’un côté, l’arrivée sur le marché de nouveaux concurrents, qui ont fait du numérique leur core business. De l’autre, l’émergence de nouvelles attentes chez le consommateur, avide d’une communication plus fluide et plus personnalisée avec les entreprises.   

Cela veut-il dire cependant que tous les acteurs doivent systématiquement en passer par la transformation digitale pour survivre ? La question est plus que légitime. En effet, la procédure nécessite, on l’a vu, des investissements, mais pas seulement. Également du temps, et donc... de la patience. Eh oui, une telle transformation peut prendre des années, surtout dans les très grandes entreprises. D’après Forbes, 2 ans chez Nike ou Home Depot par exemple, 5 ans chez Microsoft, voire même 7 ans chez Hasbro ou Best Buy.   

Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?  

Peut-être pas pour le commerçant du coin mais pour les autres, les chiffres semblent faire pencher la balance vers l’affirmative. Certes, les difficultés à intégrer les nouvelles technologies peuvent coûter cher aux sociétés, entre 250.000 et 500.000 dollars par an pour les grandes structures d’après une étude de Cleo, mais, bien négociée, cette transition s’avère rapidement très rentable. “ Notre étude indique clairement que les entreprises qui ont investi lourdement dans la transformation digitale ces deux ou trois dernières années en récoltent déjà les fruits en termes de croissance des revenus et de bénéfices nets, si on les compare à celles qui ne l’ont pas fait”, indique Craig Simpson, research manager à l’IDC. 

D’après une étude de PwC, menée en Belgique, ce constat n’est d’ailleurs pas une surprise pour les dirigeants d’entreprises. En investissant dans le digital et ses différentes composantes (automatisation, intelligence artificielle, etc.), 57% d’entre eux s’attendent en effet à voir leur chiffre d’affaires progresser, grâce notamment à des réductions de coûts et des gains de productivité. 8 sur 10 considèrent même cette digitalisation nécessaire pour pouvoir innover. Et n’oublions pas, sans transformation digitale, pas vraiment de présence sur les réseaux sociaux ni de collectes de données. Des données qui, si elles sont bien utilisées, permettent de mieux cibler et donc anticiper les attentes des clients, mais aussi des salariés. 

 
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