Autopartage : une affaire de mobilité et de convivialité

Autopartage : une affaire de mobilité et de convivialité

Le stationnement est compliqué là où vous habitez ? Vous ne conduisez pas suffisamment pour acheter une voiture ? Ou alors, vous n’avez tout simplement pas envie d’assumer seul tous les frais qu’impliquent la possession d’un véhicule ? La solution, c’est peut-être l’autopartage... entre voisins.

Car le carsharing, ce n’est pas uniquement la voiture de location postée en bas de chez vous. Quelques initiatives visent à créer des communautés d’utilisateurs. C’est le cas de la coopérative Wibee, lancée il y a 4 ans à Louvain-la-Neuve. Son objectif : proposer une mobilité alternative via la copropriété entre voisins.

Du co-leasing à long terme

Le principe est simple : les usagers intéressés s’inscrivent sur la plateforme. Dès qu’un nombre de personnes suffisant (résidant dans la même zone) est prêt à s’engager dans un contrat de co-leasing, la coopérative achète une voiture.

« Le but, c’est que les voitures appartiennent à la coopérative et qu’un véhicule soit partagé par 4 ou 5 personnes, explique le fondateur, Pierre Oldenhove. Les groupes sont basés sur la diversité des profils, donc dans un même groupe, il n’y aura jamais 5 personnes qui ont besoin de la voiture le week-end. » Chacun paie pour l’utilisation qu’il fait du véhicule. Le reste du temps, celui-ci reste stationné dans la zone.

Pas encore dans les mœurs

Aujourd’hui, Wibee compte 15 véhicules à travers la Belgique pour... plus de 2.000 inscrits sur la plateforme. Si beaucoup d’entre eux sont demandeurs pour emprunter une voiture, beaucoup moins le sont pour signer un contrat de long terme : « on ne parvient pas encore à couvrir le nombre de véhicules pour faire face à la demande. La difficulté, c’est qu’en Belgique on est encore fort sur une mentalité d’achat. Le réflexe de la location à long terme n’est pas encore rentré dans les mœurs.»

C'est d’autant plus vrai en Wallonie, comme a pu le constater l’asbl Taxistop, à l’initiative de Cozycar, une autre plateforme d’autopartage entre voisins. Selon Sandrine Vokaer, sa coordinatrice, « c’est normal qu’en Wallonie ce soit plus difficile d’installer le système parce que la population est moins dense, donc le réseau de transports en commun est aussi moins dense, et le recours à la voiture est plus nécessaire ».

Pas de profit

Chez Cozycar, le principe est différent. La plateforme met en relation propriétaires de voitures et utilisateurs potentiels, afin de constituer des groupes. « C’est une relation de confiance », insiste-t-on au sein de l’asbl. Pas question d’ailleurs pour ces propriétaires de faire du profit. Comme chez Wibee, les conducteurs ne paient que le prix de revient au kilomètre. Entre 25 et 35 cents d’après l’asbl, auxquels il faut ajouter 10 euros d’affiliation annuelle pour l’utilisation des conventions, de l’outil de calcul du coût au km, ou encore du calendrier partagé sur la plateforme.

Même logique non lucrative du côté des deux entreprises. Dans les deux cas, la finalité est surtout de réduire le nombre de voitures présentes sur les routes « Wibee n’est pas dans un modèle où on est dépendant d’une échelle, où on doit être à X milliers d’utilisateurs pour être rentable. On n’achète pas de véhicule tant qu’on n’a pas d’utilisateurs ». Quant à Cozycar, le projet est entièrement financé par des subsides. « Ce serait compliqué de trouver un modèle financier qui soit rentable », reconnaît Sandrine Vokaer.

La formule séduit néanmoins. Aujourd’hui, Cozycar revendique quelque 8.000 inscrits sur sa plateforme. Des inscrits souvent aussi affiliés Cambio, l’autre plateforme de carsharing, plus traditionnelle, de Taxistop. « Pour les petits trajets, ils peuvent prendre une Cambio mais s’ils partent en week-end, ils prendront plus facilement une Cozycar, moins chère ou plus grande. Quand les gens passent au carsharing, leur mode de fonctionnement au niveau des modes de transport évolue énormément. Ils deviennent super flexibles », conclut la coordinatrice.

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