Corporate venturing : quand les grandes entreprises ont intérêt à financer la concurrence

Corporate venturing : quand les grandes entreprises ont intérêt à financer la concurrence

Bourses, aides publiques, crowdfunding, prêts bancaires... et bien sûr capital-risque. Les différents types de financement sont nombreux pour lancer sa startup, la prospection s’apparentant souvent à un parcours du combattant. Mais le monde s’est accéléré, ouvrant de nouvelles opportunités pour les jeunes pousses.  

Pour rester compétitives, les grandes entreprises n’ont plus d’autres choix en effet que de se rapprocher de ces concurrentes d’un nouveau genre. En clair, de financer leur lancement ou leur développement. C’est ce qu’on appelle le corporate venturing.  

Une activité auréolée de peu de succès 

Les avantages d’un tel rapprochement sont évidents. Dans le cas de la startup : se faire financer mais aussi, bien souvent, profiter de l’expérience et du carnet d’adresses d’un acteur bien établi. Dans le cas de la grande entreprise : s’initier à « l’innovation de rupture » et gagner en agilité pour mieux répondre aux transformations du marché et donc renforcer sa compétitivité. Une manière de palier la lourdeur décisionnelle et procédurière qui la caractérise le plus souvent. 

La formule fait de plus en plus d’adeptes selon Global Corporate Venturing Analytics. En 2018, les startups auraient reçu quelque 180 milliards de dollars de capital-risque de la part de grandes entreprises. Problème : la plupart du temps, le succès est loin d’être au rendez-vous. D’après le Harvard Business Review, trois-quart des initiatives n’aboutissent pas aux résultats escomptés. En clair, ces investissements ne permettent pas au final aux grandes corporations de faire face à la concurrence effrénée des petits acteurs, plus agiles. En tout cas, pas sans certaines précautions. 

Quelques précautions à prendre 

L’étude pointe plusieurs points d’attention à garder à l’esprit : 

  1. Le corporate venturing ne concerne pas que le CEO. La collaboration avec la startup doit aussi impliquer l’ensemble des leaders de groupes ou de départements, qui doivent aussi y voir leur intérêt afin qu’ils aient envie de contribuer à son succès. 
  2. Il ne faut pas hésiter à soutenir financièrement des spin-off issues d’universités ou de centres de recherche. 
  3. Il est important de garder l’œil pour anticiper et résoudre les éventuels conflits d’intérêt entre la grande entreprise, sa « cellule corporate venturing » et la startup, en matière de rémunération et de répartition des tâches notamment. 
  4. Se rapprocher de startups implique de s’ouvrir à la culture du risque et... de l’échec. Une success story a souvent nécessité de pivoter plusieurs fois. 

Le meilleur des deux mondes 

Au final, le moins que l’on puisse dire, c’est que le corporate venturing n’est pas une entreprise facile. Un constat sur lequel veut surfer 9.5 Ventures chez nous. Le fonds propose de cofinancer, en partenariats avec de grandes entreprises, le lancement de startups. « Ce qui distingue notre fonds, explique Pieter Van de Velde, General Partner de la structure, c’est qu’il construit et investit dans des joint ventures avec ces multinationales. 9.5 Ventures mise elle-même un euro pour chaque euro apporté par une entreprise. Cet engagement financier va de pair avec ce que nous appelons le fait de “mettre sa peau en jeu” : les investisseurs actifs entrent dans les conseils d’administration des startups afin d’y coacher l’équipe de management qui vient de s’installer – et que nous recrutons ensemble. » 

Le meilleur des deux monde en somme. Peut-être de quoi concilier recherche de profit et apprentissage stratégique ? La formule en tout cas semble séduire. Créé en 2017, 9.5 Ventures vient de lever 25 millions d’euros auprès d’entrepreneurs-investisseurs flamands, mais aussi du fédéral et de la Région de Bruxelles-Capitale.   

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