La sophrologie a du mal à se faire son trou en entreprise

La sophrologie a du mal à se faire son trou en entreprise

Sport, méditation, improvisation... De nombreuses activités autrefois réservées à la sphère privée franchissent désormais les frontières des entreprises. Et pour cause, c’est en train de devenir une évidence : le bien-être au travail réduit l’absentéisme et améliore les performances. 

Alors, quelle place dans tout ça pour la sophrologie ? Contestée par certains pour son manque de sérieux scientifique, cette méthode de relaxation, inspirée du yoga et d’autres disciplines orientales, a du mal à faire son trou dans les entreprises chez nous. Pourquoi ? Des réponses avec Luc Van den Broeck, sophrologue et fondateur d’Equilium. 

La sophrologie a-t-elle sa place en entreprise ? 

Bien sûr ! L’idée, c’est que la personne rééquilibre ses quatre intelligences, comme on les appelle : l'intelligence rationnelle, l’intelligence corporelle, l'intelligence émotionnelle et l’intelligence intuitive. Plus elle y parvient, mieux elle se sent et plus elle est performante. 

C’est un outil comme les autres, ni mieux ni moins bien mais qui permet, selon moi, de relier toutes les pièces du puzzle entre elles. La sophrologie donne un cadre qui rassemble ces quatre dimensions que sont le corps, la raison, les émotions et l’intuition. Elle permet de répondre à beaucoup de questions. 

Malgré cela, la sophrologie n'a pas encore réussi à s’imposer en entreprise... 

En France, la sophrologie est très implantée en entreprise. Ici, et encore plus en Flandre, les gens ne la connaissent pas encore bien. Certains médecins n’ont plus d’ailleurs, surtout ceux qui exercent depuis longtemps. Dans les entreprises, le lien entre bien-être et performance commence à se faire, mais il y a tellement d’outils, entre la méditation, le shiatsu, le reiki, etc., que les gens s’y perdent un peu. Et puis, dès qu’il faut sortir le portefeuille, ça se complique. D’autant que la pratique n’est, à ma connaissance, remboursée quasiment par aucune mutualité 

A quoi ressemble une séance en entreprise ? 

Exactement à la même chose qu’une séance à l’extérieur de l’entreprise, mais dans laquelle on intègre les problématiques professionnelles. On démarre toujours par le corporel pour que la ou les personne(s) soi(en)t bien ancrée(s), avant de passer aux émotions pour apprendre à bien les gérer. Dans ces deux cas-ci, il y a tout un tas d’outils et d’exercices que les participants peuvent emmener à la maison et pourront réactiver ensuite au besoin.  

La troisième partie en revanche, centrée sur l’intuition, où on va travailler sur la visualisation et où beaucoup de choses vont remonter à la surface, ne peut se faire qu’avec le sophrologue. Enfin, le travail se clôture sur un échange à propos du ressenti pendant la séance. 

Les séances se font en groupe ? 

C’est l’entreprise qui décide. Tout est affaire de prix évidemment. La difficulté quand on commence un cycle en groupe, c’est de savoir qui va participer à quoi, parce que tout le monde n’a pas les mêmes besoins. Certains ont besoin de travailler davantage que d’autres sur le corporel par exemple. 

Et tout le monde n’aime pas s’exprimer ouvertement en public. Chacun va donc profiter des séances mais certains ne vont pas souhaiter partager sur leur ressenti à la fin des séances, même s’il peut y avoir un effet de groupe. Dans tous les cas, on ne va pas aller aussi loin dans le partage quand on est entouré de ses collègues que si on est seul face au praticien. 

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. d-20200519-GG8AAK 2020-07-21 18:57:50

    En Wallonie et à Bruxelles, la deuxième vague va surpasser la première dans les hôpitaux

  2. Qu’est-ce qui a rendu possible le scénario catastrophe que la Belgique a connu au cours de la première vague de la pandémie de covid
?

    Maisons de repos: le plan pandémie dont personne ne se souvenait

  3. B9724675904Z.1_20200922174905_000+GJQGNMJ8E.1-0

    La saga ZenTech n’est pas terminée: l’État n’a toujours pas payé

La chronique
  • Le magazine Wilfried se lance en Flandre: «Belgophile, et alors?»

    Comprendre et ne pas juger, c’est la philosophie du magazine Wilfried. Mais la nouvelle originalité désormais de ce projet rédactionnel, c’est qu’il n’y a pas un mais deux Wilfried, l’un en français, l’autre en néerlandais pour un produit « half en half » comme le dit François Brabant, le rédacteur en chef de l’ » aile » francophone. Après «  Wilfried raconte la Belgique », voici donc «  Wilfried, de raconteur van België » avec 50 % environ de textes communs.

    Ce magazine a vu le jour en juin 2017, à l’initiative du journaliste François Brabant, connu notamment pour un livre qui a fait date sur le PS liégeois et ses talents de conteur de coulisses. Son idée : faire du format long, en interview et en reportage, par écrit et en photos, à raison de quatre éditions par an. Outre la grande qualité du contenu et du contenant, le magazine – qui doit son nom à Wilfried...

    Lire la suite

  • Notre santé jouée au poker: confiner ou pas, attendre ou pas?

    Qui sommes-nous pour pousser ou pas à un reconfinement ? La période inouïe que nous traversons incite à la modestie et à la prudence. Les responsables politiques n’ont par contre, eux, pas le choix : les chiffres actuels laissent penser que la première semaine de novembre, les images de malades empilés dans les couloirs des hôpitaux ou transférés en catastrophe vers d’autres pays proviendront de Belgique et en particulier de Wallonie et de Bruxelles. De chez nous !

    ...

    Lire la suite