Kokotte, un incubateur pour les apprentis restaurateurs

Kokotte, un incubateur pour les apprentis restaurateurs

L’endroit ressemble à n’importe quel autre restaurant. Une déco aux couleurs de l’Amérique latine, du reggaeton en fond sonore, un lama sur le comptoir: l’enseigne Chocolero’s, spécialisée dans les plats et les boissons à base de chocolat, a ouvert en novembre 2019 en plein centre de Bruxelles. Mais pour quelques mois seulement… Comme une sorte de pop-up, version Horeca.

Expérimenter son concept de restaurant dans une durée limitée, c’est l’expérience proposée par l’agence d’accompagnement à l’entrepreunariat hub.brussels. L’idée? Se rendre compte des difficultés et ajuster si besoin son projet avant de se lancer pour de bon. Avec pour objectif d’éviter la faillite, très fréquente dans le secteur de la restauration.

Pierrick Stinglhamber est le premier à profiter de cet incubateur Horeca, appelé Kokotte, créé en 2019. Economiste à la Banque nationale, il a pris une pause carrière pour tenter l’expérience de la restauration. Six mois pour, peut-être, changer de carrière. « L’opportunité s’est présentée, donc je me suis lancé! », explique tranquillement le restaurateur éphémère.

Cuisine toute équipée et formations

Avant d’être un restaurant, Chocolero’s était d’abord une marque de chocolat, lancée par l’économiste-entrepreneur et distribuée dans une poignée de magasins bios. A l’origine de ce projet, l’envie de soutenir les agriculteurs péruviens et colombiens dans la culture de cacao, plutôt que celle, illégale, de la coca.

Quand l’appel à candidature a été lancé par Kokotte en mai dernier, Pierrick Stinglhamber y a vu l’occasion de développer son activité complémentaire en réel établissement. « C’est une vraie chance ce lieu. Les apprentis restaurateurs peuvent plus ou moins  arriver ici et poser leurs valises. Il y a tout ce qu’il faut niveau matériel: la cuisine équipée bien sûr, les assiettes, les tables etc. La seule chose dans laquelle il faut investir, c’est la déco », commente-t-il.

Pour cet espace, mis à disposition de chaque projet sélectionné pendant un quadrimestre, Kokotte demande 800 euros par mois aux bénéficiaires. Un tarif très avantageux comparé aux prix du marché. Mais les services de l’incubateur ne s’arrêtent pas là. En plus d’un restaurant laissé clés en main, il offre également aux bénéficiaires des formations diverses sur le monde de l’Horeca. « Nous avons reçu un coaching complet sur les règles d’hygiène alimentaire, l’économie circulaire mais aussi le stylisme culinaire et la communication. C’est très intéressant », énumère Pierrick Stinglhamber, qui conseille vivement à tous ceux qui ont un projet Horeca de postuler à cet incubateur.

Satisfaction versus fréquentation

Deux mois et demi après l’ouverture de Chocolero’s, le restaurateur débutant ne sait pas encore s’il souhaite ouvrir son propre établissement une fois l’aventure Kokotte terminée. « En terme de satisfaction des clients, le bilan est très positif. Nous avons par exemple de très bonnes évaluations sur les réseaux comme TripAdvisor etc. Mais en ce qui concerne la fréquentation, elle est plus basse qu’attendue », résume Pierrick Stinglhamber.

Manque de visibilité, défi d'attirer des Bruxellois dans une artère toujours considérée comme attrape-touristes… Le restaurateur, avec l’aide des professionnels du hub, cherche des explications et des solutions. En attendant de peut-être se lancer tout seul un jour, l’économiste reprendra son poste à la Banque nationale le 1er mars, « enrichi d’une expérience complémentaire ». « Aujourd’hui, grâce à cet incubateur, je vois que c’est faisable d’ouvrir un restaurant. Ce n’est pas facile, comme tout projet entrepreneurial, mais c’est faisable ».

La relève au 30 rue des Bouchers, elle, est déjà connue. D’ici quelques semaines, les tapas au chocolat de Chocolero’s seront remplacées par des burgers africains.

 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
  • Les espaces communs du petit hôtel sont particulièrement cosy.

    Par Marie-Eve Rebts

    Immo

    Le B-Lodge, une expérience belge un peu différente de l’hôtellerie

 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. LEBANON-BLAST

    Beyrouth dévastée suite à de violentes explosions

  2. Lipszyc
: «
L’activité des services de renseignement étrangers sur le territoire belge est une vraie préoccupation.
»

    Serge Lipszyc (Comité R): «Prédire l’arrivée du Covid n’était pas une mission du renseignement belge»

  3. Jean-Marc Nollet et Rajae Maoune voient «
des lacunes importantes
» dans la note des préformateurs.

    Négociations fédérales: les verts recalent la note des préformateurs Magnette et De Wever

La chronique
  • Lettre d’Europe: pour le climat, un objectif de papier mais des mesures insuffisantes en Belgique

    Comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique connaîtra une forte baisse de ses émissions de gaz à effet de serre suite au ralentissement économique causé par la crise du Covid-19. Selon le Bureau du Plan, organisme indépendant d’intérêt public qui réalise des études et de la prospective, elles devraient plonger de 13 % entre 2019 et 2020. Mais le répit sera de courte durée : elles devraient ensuite se redresser. A tel point que, selon les experts du Plan, la baisse enregistrée entre 2019 et 2025 ne devrait être finalement que de 5 %.

    Si elle se vérifie, cette trajectoire ne permettra pas à la Belgique d’atteindre son objectif de réduction : -35 % par rapport à 2005 dans le secteur non-industriel (non-ETS, en jargon). Mais les prévisions du Plan ont ceci de particulier qu’elles sont réalisées « à politiques inchangées ». Les experts n’intègrent dans leurs calculs que les décisions prises et en...

    Lire la suite

  • Bart De Wever, la majorité flamande et la minorité francophone

    On ne les attendait guère et les verts n’ont pas déjoué les pronostics mardi soir : après une longue rencontre avec les missionnaires royaux Paul Magnette et Bart De Wever, ils ont jugé les propositions du duo « en matière de climat, d’énergie et de mobilité insuffisantes », celles visant « une fiscalité plus juste et un renouveau politique trop floues » et celles destinées à réformer l’Etat pas assez « efficaces » pour accepter de rejoindre la table de négociations fédérales....

    Lire la suite