Comment SmartNodes veut révolutionner l’éclairage public

Comment SmartNodes veut révolutionner l’éclairage public

La scène est, à priori, parfaitement banale : à la tombée de la nuit, un piéton se balade dans une rue. Mais le fonctionnement de l’éclairage public, lui, l’est beaucoup moins. Celui-ci reste éteint et ne s’allume qu’au passage du piéton, créant une bulle lumineuse qui suit ce dernier tout au long de son trajet. Quelques minutes plus tard, le même procédé se répète avec cette fois une voiture.

Fournir de la lumière à la demande, c’est le principe du produit conçu par la start-up liégeoise SmartNodes. « On allume les luminaires de voirie en fonction de la présence sur cette voirie. Une distinction est faite entre les différents usagers et leur vitesse, et la bulle de lumière est créée en fonction, pour les accompagner », explique Jean Beka, à la tête de la jeune structure.

Une intelligence et des capteurs

Derrière cette innovation technologique, on trouve des modules intelligents qui sont fixés aux luminaires et qui comportent un processeur, de la mémoire et des capteurs. « Ces modules se parlent entre eux via un réseau sans fil. Sur base de ce qu’ils détectent via les capteurs et des informations qu’ils reçoivent des autres modules, ils vont allumer ou éteindre le luminaire », poursuit notre interlocuteur, ingénieur de formation.

Le système identifie trois types d’usagers : les voitures, les vélos et les piétons. Il adapte pour chacun d’eux l’intensité de la lumière, sa durée, etc. « On peut changer les paramètres : un piéton aura plus d’éclairage devant et derrière par exemple ».  Une innovation qui se veut écologique car elle permet de diminuer sensiblement la consommation d’électricité (jusqu’à 80%), mais aussi économique avec un coût de l’énergie et des frais de maintenance réduits. Jean Beka estime que l’investissement est rentabilisé au bout de cinq à six ans.

Autre avantage : tout fonctionne indépendamment du luminaire, qui doit juste être composé de LED pour être compatible avec les modules. A noter que ces derniers ne sont pas équipés de caméras. Les informations sur les usagers restent donc anonymes. « Les capteurs perçoivent un déplacement et une vitesse, mais pas ce qui se trouve exactement sur la voirie ».

La force de frappe de Lacroix

Une rue à Tournai, une autre à Charleroi, les parkings des autoroutes wallonnes, les bernes centrales des autoroutes flamandes, des sites industriels, des quartiers résidentiels ou encore des pistes cyclables… Depuis sa création en 2014, la spin-off de l’UCL et de l’ULg a réalisé plus d’une soixantaine d’installations en Hollande, dans le nord de la France et en Belgique principalement.

Aujourd’hui, l’entreprise cherche à booster son déploiement à l’international. Partie à la recherche de capitaux il y a quelques mois, elle a croisé sur son chemin le groupe français Lacroix. « Ils nous ont fait une proposition de rachat que nous avons acceptée l’été dernier ». Depuis, SmartNodes bat donc pavillon français mais a gardé son ancrage à Liège, où elle emploie une quinzaine de collaborateurs. Elle bénéficie désormais de la force de frappe d’un acteur solide, spécialisé dans les équipements technologiques et affichant un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros. « Nous avons les mêmes objectifs qui sont de rendre la rue plus « smart », plus intelligente. Avec eux, on rentre dans le monde industriel, on profite de leur expérience avec les pouvoirs publics et de leur présence commercial dans le sud de l’Europe ».

L'épine dorsale de la "smartcity"

Au-delà de son déploiement, SmartNodes compte également poursuivre le développement de ses produits, dont l’usage ne se limitera pas forcément au pilotage de l’éclairage. « Les informations de présence au niveau de la voirie pourraient alimenter des automates de feux de signalisation, des indicateurs de parking. Cela pourrait aussi aider les décideurs politiques à prendre de meilleures décisions pour mettre un casse vitesse, objectiver les problèmes de bruit, etc. C’est vraiment l’idée d’utiliser l’éclairage public comme l’épine dorsale de la "smartcity" ».

Cécile Danjou

 
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