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Le « retrogaming », la nouvelle tendance qui grandit

Une communauté de plus en plus vaste de passionnés s’arrache aujourd’hui les jeux vidéo des années 80 et 90. Mustafa Al-Darwich en a fait un business. Dans sa boutique, les anciennes consoles côtoient des bacs de jeux Game Boy.
Temps de lecture: 3 min

Une Nintendo 64 entourée de Game Boy, des distributeurs de bonbons Pez ou encore des consoles Sega dans leurs emballages originaux … En franchissant la porte du magasin de Mustafa Al-Darwich, le visiteur s’offre une petite plongée dans l’univers des années 80 et 90. Une expérience qui a un nom : le retrogaming, et qui connaît, depuis une dizaine d’années, un succès croissant.

« Ca a débuté au moment de l’apparition des consoles next-gen comme la Playstation 3 ou la Xbox 360. C’est le fait de jouer à des jeux vidéo anciens qui ne sont plus distribués. Ce phénomène est lié à l’âge et a un côté émotionnel, nostalgique. Ce sont des articles qu’on jetait début des années 2000 et qui ont pris aujourd’hui de la valeur », raconte le fondateur de Super Gaby Games.

Ce passionné de toujours a lancé son business il y a un an et demi. Le point de vente, lui, accueille des clients depuis six mois, avec une demande qui ne cesse de croître. « Depuis notre lancement, on peut dire qu’on a multiplié notre chiffre d’affaires par cinq et nous n’avons pas encore atteint notre vitesse de croisière. Le mercredi et le samedi, ça n’arrête pas », s’enthousiasme cet ancien banquier reconverti.

De l'occasion et... du neuf !

Une clientèle qui se compose principalement de jeunes de 15 à 30 ans. « Mais cela peut grimper jusqu’à 50 ans. En fait, ce sont souvent des gens qui avaient entre dix et vingt ans dans les années 90. Et de façon assez surprenante, j’ai autant des clients hommes que femmes ! »

Succès oblige, Mustafa n’est pas le seul acteur du marché belge.  A Bruxelles, on trouve au moins quatre ou cinq points de vente spécialisés dans le retrogaming. « Chaque magasin de jeux vidéo s’y est mis. Pas mal d’entre eux existaient déjà dans les années 90 et ont continué à vendre tous les anciens jeux. D’autres sont arrivés récemment et se sont spécialisés sur ce créneau », explique notre interlocuteur de 36 ans.

Dans les rayons, on trouve de l’occasion bien-sûr, mais aussi du neuf. « Ce sont des rééditions ou ça vient de studios indépendants qui sortent de nouveaux jeux. Ils sont sous forme de cartouches comme à l’époque, et fonctionnent donc sur les anciennes consoles. Et parfois, on trouve même des jeux neuf de l’époque, qui sont scellés, c’est-à-dire qu’ils n’ont jamais été déballés. Ces jeux là ont une valeur plus importante ».

Plus de 1000 euros pour un jeu

Où ces magasins spécialisés dégotent-ils leurs produits ? Mustafa, lui, a plusieurs canaux d’approvisionnement. « Ca peut être des collectionneurs qui revendent certains articles. Nous chassons aussi en permanence. On rachète des lots, on se fournit dans des bourses et des conventions. Je suis aussi sur une trentaine de groupe Facebook internationaux, sur lesquels des produits sont proposés. On achète, mais on vend aussi. On fait beaucoup de « trade » avec d’autres professionnels au niveau mondial. Car les produits ne se vendent pas de la même manière partout, et les prix ne sont pas les mêmes non plus. »

Dans les 115 mètres carrés de Mustafa, il faut compter une cinquantaine d’euros pour la fameuse Game Boy, « le » produit phare, et de cinq à cent euros pour un jeu qui va avec. Une console Nintendo ou Sega s’acquiert pour 50 ou 60 euros en moyenne. « Les prix vont d’une bouchée de pain à des milliers et des milliers d’euros. Par exemple, un jeu Zelda pour Nintendo 64 sous blister peut coûter plusieurs milliers d’euros en fonction de l’état».

L’article le plus cher que Mustafa a aujourd’hui en stock est un jeu à 2000 euros. Mais le record mondial en la matière est détenu par une cartouche rare de Super Mario Bros, vendue aux enchères… 88.450 euros ! 

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