Enprobel, une start-up qui recycle votre huile usagée

Enprobel, une start-up qui recycle votre huile usagée

Au commencement il y a les frites. Ou plutôt, l’huile des frites. Ne pas savoir où la jeter, c’est ce qui a donné envie à Nahla El Mernissi (25 ans) et Imad Mouakkat (26 ans) de créer leur entreprise. « On s’est rendu compte que chez nous, nos parents ne savaient jamais quoi faire de l’huile usagée. Au pire, elle finissait dans les canalisations, ce qui est très mauvais pour les tuyaux et pour l’environnement. Pour un litre d’huile jeté, c’est jusqu’à 1000 litres d’eau pollués », souligne Nahla El Mernissi.

Après quelques prospections, la société Enprobel (Environnement propre pour notre Belgique) est lancée en octobre 2017. L’idée, c’est de récolter les huiles usagées des professionnels et des particuliers pour les transformer en carburant vert. Simple, efficace. Très vite, le projet est soutenu par le Greenlab, l’accélérateur pour start-up durable à Bruxelles.

Ce programme d’aide à la création d’entreprise environnementale est financé par la Région bruxelloise. Chaque année, environ 10 à 15 équipes sont choisies pour être accompagnées gratuitement dans leur projet, tourné vers l’économie durable. Le but: limiter les risques, acquérir de solides compétences et se faire un réseau.

Grâce au Greenlab, Nahla El Mernissi et Imad Mouakkat ont ainsi bénéficié d'un coaching personnalisé pendant six mois. Sous forme d’ateliers hebdomadaires, ils ont reçu un tas de conseils pour développer leur offre à destination des particuliers, en stand-by à l’époque. « Je savais comment gérer une société en théorie, car j’ai suivi un master en gestion d’entreprise, mais la mise en pratique c’est autre chose.

Ces ateliers nous ont ouvert les yeux sur ce qu’il nous manquait. Et parfois on a ramassé des claques car certaines de nos idées semblaient irréalisables pour les experts… ça nous a fait cogiter! », rigole Nahla El Mernissi, consciente d’avoir « gagné en maturité ». « Avant on voulait se lancer dans tout, sans se poser de questions. Maintenant on est moins cow-boy, on commence à tempérer, à réfléchir davantage avant de foncer », commente la jeune femme. L’expérience a été bénéfique pour leur entreprise, plus encore qu’ils ne l’espéraient. Lauréats de l’édition 2018, ils ont notamment remporté le droit d’être suivis pendant deux ans par le hub.brussels. Et à profiter d’une belle couverture médiatique en prime.

200.000 kg d’huile récoltés chaque année

Depuis, la collecte d’huile chez les particuliers a réellement été lancée. C’est Nahla El Mernissi qui s’en charge, tandis que son compagnon gère celle chez les professionnels. A eux deux, ils récoltent environ 200.000 kg d’huile par an. De quoi se rémunérer chacun 1.200 euros par mois. « Pour le moment, la collecte chez les particuliers n’est pas vraiment rentable, car cela demande beaucoup de logistique pour peu de matière récoltée, mais c’est important pour nous de proposer ce service », explique Nahla, qui se paie en partie grâce aux subsides de la Région bruxelloise.

Moins de trois ans après son lancement, Enprobel gagne peu à peu du terrain dans la capitale. « L’argent quand tu es entrepreneur, c’est un soucis mais il y a moyen de le trouver. Ce qu’il faut surtout gérer, c’est la concurrence », juge Nahla El Mernissi. « Quand on est jeune, le plus difficile c’est de gagner en crédibilité face à ceux qui sont là depuis des années. La clé, c’est de bien faire son travail, et de gager la confiance des clients jour après jour », résume l’entrepreneuse. Qui, malgré les nombreux défis, « garde la frite! ».

 
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