Tech Trash, le collectif qui moque la «start-up nation»

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Uber, Instagram, trottinettes partagées, coworking, les mondes de la tech et des start-up ont envahi notre quotidien. Désormais «intelligence artificielle» et «numérique» sont des mots que l’on nous sert à toutes les sauces et à longueur de journée. Jusqu’à la nausée. Heureusement, un discours critique envers les travers de la start-up nation est en train d’apparaître. Et dans ce domaine, les trublions de Tech Trash apportent enfin un peu de dérision et de moquerie directement sur vos boîtes mail.

Depuis 2017, le collectif «Tech Trash» publie une newsletter hebdomadaire baptisée «Prêts à perdre 5mn?» et qui vient secouer le monde de la Tech. Une NL à laquelle tout passionné de nouvelles technologies devrait souscrire sur le champ.

«Tech Trash est née de la frustration de ne pas voir assez de médias parler de tech et d’innovation avec un ton critique et un esprit potache, se souvient un des membres du collectif. On s’est dit que ce serait amusant de se moquer des codes inhérents à cet univers, de ses travers risibles, comme notamment ce verbiage anglo-saxon directement transposé en français, bourré de déclarations grotesques… Ça a donné notre auto-proclamée «newsletter bête et méchante», qui paraît tous les mercredis, et qui permet, on l’espère, de rire un peu de ce milieu – tout en apprenant également deux/trois trucs».

Schizophrène ou cathartique?

Car les comparses connaissent bien ce monde qu’ils adorent critiquer. Et pour cause, ils travaillent pour la plupart dedans. Schizophrène, vous avez dit? «Schizophrène peut-être, cathartique très certainement. On croit beaucoup au fait de comprendre et d’assimiler la critique via le rire, la satire. Si vous nous lisez et que ça vous fait marrer, c’est déjà un début de la réflexion. Concrètement, notre référence et modèle, c’est avant tout Le Canard Enchaîné, qui fait ça depuis plus d’un siècle, sur d’autres types de sujet. Ou, avec leur esprit potache mais néanmoins radical, ce qu’ont pu faire certains comiques des années 1970, Coluche en tête».

D’un autre côté, le ton et la forme de la newsletter ne sauraient occulter le fond très bien documenté et qui permet d’en apprendre beaucoup sur les travers du monde des nouvelles technologies en en dénonçant certains scandales ou, au contraire, en mettant en lumière des projets qui en valent la peine.

Cambridge Analytica

Reste que petit à petit, les mentalités sont en train d’évoluer grâce ou à cause des scandales de ces dernières années. «On a commencé fin 2017, et, au début, on se sentait assez seuls. Après l’explosion du scandale de Cambridge Analytica début 2018, on a vraiment senti le vent tourner et les récits s’ouvrir à un discours plus critique. C’est à ce moment-là qu’on a constaté une vraie accélération dans notre nombre d’abonnés: de plus en plus de gens sont devenus sensibles à un discours plus critique et moins bêtement techno-enthousiaste».

Les entreprises ont donc pris soin de retravailler leur com’ ces derniers temps «Toutes les grosses entreprises aujourd’hui ont compris qu’il ne suffisait plus de se positionner comme «tech» pour briller aujourd’hui, ils parlent de «techforgood». Ce qui donne par exemple des sommets totalement délirants comme le «Tech for good», organisé en France par l’Élysée, où l’on retrouve des acteurs de la scène tech comme Deliveroo et Uber. En matière de «good», on a connu mieux quand même, non?».

Mais le collectif ne se cantonne pas à sa newsletter «bête et méchante». Non-content de publier quelques articles au ton toujours acerbe et de participer à quelques conférences, il a fait paraître récemment «Les Possédés», chez Arkhé, qui déconstruit certains des mythes fondateurs de la Tech. Le collectif nous confie en outre qu’un podcast est en cours de création.

 
 
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