L’Allemagne se recueille au lendemain des tueries racistes de Hanau

L’Allemagne se recueille au lendemain des tueries racistes de Hanau

Au lendemain des fusillades racistes de Hanau, au cours desquelles neuf personnes ont été tuées, l’heure était jeudi soir au recueillement en Allemagne, confrontée à une menace terroriste d’extrême droite de plus en plus pesante.

« Cette attaque a provoqué un choc pour moi. En raison de son histoire, l’Allemagne doit être un exemple pour l’Europe et le monde », a expliqué à l’AFP Patrick Knopke, 36 ans, venu se recueillir à Berlin, devant la mythique Porte de Brandebourg. Les manifestants y ont formé une chaîne humaine. À Hanau, des milliers de personnes se recueillaient jeudi soir en silence, en présence du président de la République Frank-Walter Steinmeier. « Montrez de la solidarité ! «, les a exhortés le chef de l’Etat. La chancelière allemande Angela Merkel avait auparavant dénoncé « le poison » du racisme, faisant le lien avec d’autres attentats d’extrême droite depuis 20 ans dans le pays, après ces attaques menées par un Allemand aux « motivations xénophobes ».

Recueillement après les fusillades à Hanau

L’assaillant présumé, Tobias R., 43 ans, a été retrouvé mort dans son appartement, de même que sa mère, tuée par balle, portant le bilan total à 11 morts, dont neuf dans les deux fusillades. Les victimes, dont certaines sont d’origine ou de nationalité étrangère, avaient entre 21 et 44 ans, selon le parquet.

Le parquet antiterroriste cherche à déterminer si l’auteur a pu bénéficier de complicités pour mener ces attaques dont le mobile est « profondément raciste ». L’auteur présumé, qui a suivi une formation de conseiller bancaire puis des études de gestion, a laissé derrière lui une vidéo et un manifeste de 24 pages, que l’AFP a pu consulter. Il y appelle à « anéantir » la population d’au moins 24 pays, parmi lesquelles celles du Maghreb, du Moyen-Orient, d’Israël ou encore d’Asie du Sud, avançant des thèses racialistes tout en assurant être surveillé depuis l’enfance par une « organisation secrète ».

Les enquêteurs ont également retrouvé dans sa voiture des munitions et des chargeurs. Le suspect pratiquait le tir sportif, selon de premiers éléments de l’enquête.

Une minute de silence à l’ouverture de la Berlinale

Une minute de silence a été observée jeudi soir lors de la cérémonie d’ouverture de la 70e Berlinale, en hommage aux victimes de la double fusillade «raciste» à Hanau, près de Francfort, qui a fait neuf morts. Quelques minutes avant la projection de «My Salinger year», le film d’ouverture avec Sigourney Weaver, le jury présidé par Jeremy Irons, les organisateurs et tous les participants se sont levés pour ce hommage.

Dans un bref communiqué publié plus tôt dans la journée, le festival de cinéma avait fait part de «sa détresse et de sa peine» après la double fusillade meurtrière mercredi soir, avec plusieurs victimes d’origine kurde. «La Berlinale défend la tolérance, le respect et l’hospitalité. Le festival s’oppose à la violence et au racisme».

 
 
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