Les politiques s’insurgent contre le Carnaval d’Alost: «Une image calamiteuse de la Belgique»

Les politiques s’insurgent contre le Carnaval d’Alost: «Une image calamiteuse de la Belgique»
Belga

Le carnaval belge d’Alost persiste et signe : accusé d’antisémitisme, ce qui lui a valu d’être rayé du patrimoine immatériel de l’Unesco, ce défilé festif a décidé de « rire de tout » et montré dimanche de nouvelles caricatures de juifs orthodoxes. Un choix qui n’a pas manqué de faire réagir de nombreux politiques.

Des stéréotypes

Les représentations de la communauté juive au carnaval d’Alost « portent préjudice à nos valeurs ainsi qu’à la réputation de notre pays », a réagi dimanche dans un communiqué la Première ministre Sophie Wilmès.

Sophie Wilmès épingle le carnaval d’Alost : « C’est un préjudice à la réputation de la Belgique »

Dans un communiqué arrivé un peu plus tard, le président du parti de la Première ministre y va de sa propre réaction. Le MR « a toujours été Charlie », postule d’abord le texte envoyé par Georges-Louis Bouchez. Bien que « l’immense majorité des chars » du cortège de dimanche « était tout à fait dans l’esprit d’un carnaval, l’un d’entre eux n’avait pas pour vocation l’humour mais cristallisait l’ensemble des références antisémites : des juifs assimilés à des fourmis ou à des SS, dictant leur loi aux organisations internationales comme l’Unesco grâce à leur puissance financière, le tout ponctué de nez crochus », déplore le parti libéral, qui estime que « raviver » ainsi « les stéréotypes antisémites et discriminants » ayant mené à un génocide n’est pas « drôle ».

Des airs d’Allemagne nazie

Défi parle de son côté d » un certain nombre de chars aux relents proprement antisémites ». « Un certain nombre d’images en provenance d’Alost ressemblent à s’y méprendre aux images des carnavals qui se sont déroulés dans l’Allemagne nazie à partir de 1933 », abonde le parti amarante, qui dénonce ce qui ressemble désormais à « un véritable acharnement » de la part du carnaval, vu la polémique déjà suscitée l’an dernier. Selon Défi, il y a bien eu propagation via le carnaval « de l’incitation à la haine », ce qui devrait être sanctionné.

Les socialistes sont également nombreux à avoir dénoncé les caricatures. Le président du PS bruxellois a d’ailleurs partagé un message haineux qu’il a reçu pour avoir critiqué le carnaval.

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, a fustigé via Twitter une « obstination dans l’erreur » de la part de certains carnavaliers, qui « tourne au ridicule et à l’injure ». « Cela donne une image calamiteuse de la Belgique et de la Flandre. L’humour de certains reste incompréhensible », ajoute-t-il, jugeant qu’il est « temps » qu’Unia fasse son boulot. Un même appel au centre interfédéral pour l’égalité des chances est d’ailleurs émis par Défi.

La coprésidente d’Ecolo, Rajae Maouane, a également décidé de s’exprimer sur Twitter pour dénoncer les expressions racistes lors du Carnaval d’Alost, qui ne sont pas qu’antisémites, comme elle le fait remarquer.

Peut-on rire de tout ?

Jan Jambon (N-VA), qui avait déjà par le passé jugé que les caricatures juives de l’an passé n’auraient pas dû être utilisées dans le contexte du carnaval d’Alost, a répété dimanche au micro de VTM qu’il n’est pas pour la censure. Il a fait un appel à « également rire d’autres après cette année ».

Le bourgmestre d’Alost Christoph D’Haese (N-VA) ne voit, lui, aucun problème avec les représentations de juifs qui ont été visibles lors du carnaval de sa ville, dimanche. Elles ne peuvent selon lui pas être qualifiées d’antisémites. Céline Fremault (CDH) est loin d’être d’accord avec cette vision des choses.

 
 
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