Carnaval d’Alost: «Mauvais goût», «toute religion devrait supporter la satire» (les éditos flamands)

Carnaval d’Alost: «Mauvais goût», «toute religion devrait supporter la satire» (les éditos flamands)

À Alost, des caricatures de juifs ont à nouveau fleuri lors du carnaval et cette fois-ci devant les caméras du monde entier. Un groupe a même présenté les juifs sous forme d’insectes, ce qui a été dénoncé par des organisations se sentant assimilées à de la vermine. En réalité, le mot fourmis et mur se ressemble dans le patois d’Alost. Mais peu de journalistes ont dû le comprendre commente notamment la presse flamande.

Quasi tous les quotidiens flamands ont consacré leur édito au carnaval d’Alost. Gazet Van Antwerpen explique, que cette année, les juifs étaient caricaturés avec un peu plus de nuances. « Les Juifs n’étaient pas représentés avec des sacs d’argent et ils étaient accompagnés d’autres personnages stéréotypés d’autres communautés ». Le journal souligne un point important : « Les carnavaliers rient avec les stéréotypes qui identifient la communauté juive. Ils ne rient pas de l’holocauste et n’attribuent pas directement aux Juifs de mauvaises qualités » (…) « Mais ce n’est pas parce qu’un génocide a été commis sur un groupe de population qu’il ne faut plus jamais rire des gens. Le droit d’être ridiculisé n’est qu’un autre élément important d’une démocratie ».

« Une caricature n’est pas la même chose que la réalité », conclut le journal.

Het Belang van Limburg, s’interroge. « La frontière vers laquelle nous pouvons utiliser l’humour et le ridicule est simplement une zone grise. Néanmoins, avec l’aide du respect mutuel et d’une bonne dose de bon sens, nous devons être capables de tracer une ligne. Une ligne qui sera probablement toujours ouverte à la discussion et, grâce à une vision progressive et des arguments supplémentaires, changera régulièrement de place ».

Pour Het Nieuwsblad, « toute religion devrait supporter la satire ». Pour le quotidien flamand c’est le cas du carnaval d’Alost. « Il n’y pas d’incitation à la haine, il y avait tout au plus un problème de mauvais goût », explique Pieter Lesaffer dans son édito.

Le carnaval d’Alost divise plus que jamais, écrit le quotidien De Morgen. « Il est triste de voir comment l’humour peut être mal compris et a un impact si fort sur une tradition merveilleuse comme le carnaval d’Alsot. ‘…) Le carnaval d’Alost devra peut-être davantage changer à l’avenir, explique le quotidien.

Seuls deux journaux francophones ont consacré leur édito au carnaval d’Alost. Le Soir et L’Avenir.

« Alost, où le permis de rire rivalise avec la banalisation », titreLe Soir. « Il ne faut pas douter de la bonne foi de l’immense majorité des Alostois et des sociétés carnavalesques assurant leur droit à la rigolade. (…) Rire est une liberté. Mais chaque liberté est pondérée par les atteintes aux autres libertés ».

L’édito de L’Avenir, « Haine ou satire ? » explique que « les traditions peuvent. On ne jette plus des chats vivants du haut du beffroi d’Ypres et le père Fouettard a dû s’adapter aux réseaux sociaux qui diffusent, dans le monde, des images sorties de leur contexte sans donner les clés pour les interpréter ».

« Pour pouvoir continuer à faire vivre les traditions dans le respect d’une société qui change, il convient donc de les faire évoluer. Sans tomber pour autant dans la censure ou l’autocensure préventive ».

 
 
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