Carnaval d’Alost: Unia souligne le rôle des autorités communales et continue de privilégier le dialogue

Carnaval d’Alost
Carnaval d’Alost - Belga

Les autorités communales d’Alost étaient les seules, dans le contexte actuel, à être à même d’avoir un impact préventif sur le carnaval pour en limiter les excès à tendance antisémite, a estimé Patrick Charlier, directeur d’Unia, lundi matin au micro de La Première (RTBF radio). Selon lui, il est trop tôt pour dire si les chars et déguisements sortis dimanche et caricaturant des juifs peuvent donner lieu à des poursuites sur le plan juridique, mais c’est une question qui est étudiée.

« Sur le plan strictement juridique, nous sommes en contact depuis plusieurs jours avec le parquet, avec son magistrat de référence sur la législation antidiscrimination et avec le policier de référence. La police a d’ailleurs pris note de l’identité des personnes des groupes carnavalesques présentant un lien avec la judaïté, entre autres. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui s’il y aura des poursuites, mais ce n’est pas exclu que la loi s’applique dans ce cas. Nous allons avoir une concertation avec le parquet et la police à ce sujet », explique le directeur de l’institution publique indépendante chargée de lutter contre la discrimination.

Dialoguer

Dans la même ligne que le large rapport « Le carnaval et les limites à la liberté d’expression » publié par Unia il y a quelques mois, le directeur de l’instance insiste sur l’importance du dialogue, de l’échange, entre autres pour expliquer d’une part le contexte particulier du carnaval et comprendre de l’autre les inquiétudes des communautés se sentant visées. Cela permettrait d’éviter que l’escalade constatée dimanche « devienne quelque chose de récurrent », et parallèlement de « faire évoluer les traditions carnavalesques ». Un tel échange aurait d’ailleurs dû se mettre en place il y a plusieurs mois, pointe Patrick Charlier.

« Une des possibilités aurait été de mettre les choses en débat, d’inviter par exemple le musée juif ou la Kazerne Dossin au musée du carnaval pour qu’ils puissent expliquer pourquoi et comment certaines questions sont choquantes (…) Les autorités communales ont ici une responsabilité : le fait que le bourgmestre ait refusé de rencontrer les organisations juives l’année passée, qu’il ait ’demandé’ le retrait du carnaval de la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco, c’est un carburant qui a permis aux groupes de se lâcher cette année sous l’idée ’à Alost tout est permis’», lâche le directeur, qui pointe donc directement l’attitude jugée fort complaisante du maïeur N-VA de la ville, Christoph D’Haese.

 
 
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