Intégrale ne payera pas les 2,2 millions promis à son CEO

Diego Aquilina.
Diego Aquilina. - Dominique Duchesnes

Le conseil d’administrateur de l’assureur liégeois Intégrale se réunissait ce lundi soir en urgence. Il devait se pencher sur le courrier incendiaire que lui a envoyé son régulateur, la semaine dernière. Dans cette missive, le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, soulignait plusieurs manquements graves dans le chef d’Intégrale, dont certaines violations de la loi. Dans la ligne de mire de la Banque : les 5,7 millions d’indemnités versées au management de la compagnie d’assurances, le CEO Diego Aquilina en tête, en compensation de l’entrée en vigueur du décret gouvernance plafonnant les salaires en Région wallonne à 245.000 euros par an. Intégrale étant majoritairement détenue par une structure publique (Nethys), elle a dû se soumettre à ce plafond. Ce qui a été fait moyennant le versement de (très) secrètes indemnités de rétention, aujourd’hui contestées par la BNB.

Le régulateur a donc lancé un ultimatum à Intégrale : elle a jusqu’au 3 mars pour fournir des réponses aux problèmes soulevés. Sans quoi, des sanctions pourraient tomber.

Résilier la convention de départ

D’où la réunion du CA d’Intégrale ce lundi. Qui a déjà pris une mesure forte : le conseil a décidé de résilier la convention de départ signée avec Diego Aquilina le 8 octobre dernier. Pour rappel, après avoir reçu la première partie (1,6 million) des indemnités qui lui étaient promises, le CEO Diego Aquilina a annoncé au président d’Intégrale François-Xavier de Donnea (MR) sa volonté de quitter le navire. Ce qui a été acté dans une convention de rupture de contrat, signée en octobre dernier et validée par le comité de rémunération d’Intégrale. Cette convention validait le versement du solde des indemnités (2,2 millions), qui devait avoir lieu au moment du départ de Diego Aquilina, soit fin mai 2020. Cette partie des indemnités n’avait donc pas encore été payée.

Et elle risque de ne jamais l’être. « Le conseil d’administration a décidé de résilier la convention de départ qui a été conclue avec Monsieur Diego Aquilina en octobre 2019 et de négocier avec lui une nouvelle convention de rupture », fait savoir l’entreprise par communiqué lundi soir.

Pour la première partie des indemnités de M. Aquilina, « il a décidé de procéder à un réexamen juridique et factuel approfondi des paiements effectués aux membres du comité de direction », ajoute le communiqué. A côté de Diego Aquilina, les autres dirigeants d’Integrale ont aussi bénéficié, en mai 2018, d’indemnités oscillant entre 75.000 et 450.000 euros selon leur statut.

 
 
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