Italie, Canaries, Japon, Iran…: la contamination au coronavirus s’accélère dans le monde

Italie, Canaries, Japon, Iran…: la contamination au coronavirus s’accélère dans le monde

L’épidémie de pneumonie virale s’est accélérée à travers le globe, l’OMS évoquant un risque de « pandémie », sur fond de dégringolade des marchés financiers inquiets pour l’économie mondiale.

« Nous devons nous concentrer sur l’endiguement (de l’épidémie de nouveau coronavirus, NDLR), tout en faisant tout notre possible pour nous préparer à une éventuelle pandémie », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’OMS a notamment jugé « très préoccupante (…) l’augmentation soudaine » de nouveaux cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran. Elle a cependant observé un déclin en Chine, pays d’origine de la maladie, depuis début février.

Sept morts en Italie

En Europe, l’Italie, qui compte désormais sept morts, est devenue le premier pays du continent à mettre en place un cordon sanitaire autour d’une dizaine de villes du Nord.

Les services sanitaires espagnols ont confirmé un nouveau cas de coronavirus dans le pays. Un touriste italien sur l’île de Tenerife dans les Canaries a été testé positif au Covid-19.

Deux mois après l’apparition du nouveau coronavirus, cinq pays ont annoncé de premiers cas de contamination : Afghanistan, Bahrein, Koweit, Irak et Oman. Bahrein a suspendu les vols en provenance de deux aéroports émiratis, et Oman ses liaisons aériennes avec l’Iran.

La Corée du Sud etl’Iran se retrouvent en première ligne, avec le plus grand nombre respectivement de cas de contamination et de décès en dehors de la Chine.

Hong Kong a décidé d’interdire à partir de mardi les arrivées de non-résidents en provenance de Corée du Sud et a appelé les résidents hongkongais à s’abstenir de tout voyage non nécessaire.

Un homme de plus de 80 ans issu du paquebot de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine est décédé. Il s’agit du 4e décès d’un passager de ce navire, alors que près de 700 personnes sorties de ce bateau à quai près de Yokohoma ont été déclarées positives au nouveau coronavirus.

Moins d’une semaine après la détection du nouveau coronavirus, Téhéran a pour sa part annoncé quatre nouveaux décès, portant à 12 le nombre de victimes de l’épidémie en République islamique, où une mission de l’OMS est attendue.

Avec 64 personnes contaminées en Iran, ce taux de mortalité d’un sur cinq semble beaucoup plus élevé que celui constaté jusqu’à présent en Chine (aux alentours de 3 %).

Inquiets de la contagion en Iran, l’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, l’Irak et l’Afghanistan ont fermé leur frontière ou restreint les échanges avec ce pays. Au moins 200 personnes ont été mises en quarantaine au Pakistan, à la frontière iranienne.

Au total, plus d’une trentaine de pays sont désormais touchés, avec un bilan qui dépasse largement les 30 morts hors de Chine.

Après un pic de 231 nouvelles contaminations annoncées lundi, la Corée du Sud a connu un reflux, avec 60 nouveaux cas répertoriés mardi matin. Deuxième foyer mondial derrière la Chine, la Corée du Sud compte désormais 893 patients contaminés, dont huit mortellement.

Inquiétude pour la Corée du Nord

Entre Chine et Corée du Sud, la Corée du Nord n’a pour l’heure fait état d’aucune contamination, mais l’inquiétude monte à l’égard de ce pays au système de santé fragile.

La Croix-Rouge a annoncé lundi avoir obtenu une exemption des sanctions de l’ONU pour y acheminer du matériel médical face à une éventuelle arrivée de l’épidémie.

En Chine même, où le coronavirus est apparu en décembre dans la métropole de Wuhan, l’épidémie a fait 71 morts supplémentaires, selon le dernier bilan quotidien annoncé mardi matin, soit le plus bas depuis plus de deux semaines. Au total, 2.663 personnes ont succombé au Covid-19 en Chine continentale.

Les autorités sanitaires ont aussi fait état mardi matin de 508 nouvelles infections, un chiffre en hausse par rapport à celui de lundi (409).

L’OMS a jugé que la situation dans ce pays était globalement en voie d’amélioration. Selon l’agence spécialisée de l’ONU, l’épidémie en Chine a connu un « pic » puis un « plateau » entre le 23 janvier et le 2 février. « Depuis lors elle n’a cessé de décliner », a assuré son directeur général.

Les études menées en Chine ont également permis de montrer « qu’il n’y a pas eu de changement significatif dans l’ADN du coronavirus », a-t-il ajouté.

Les Bourses décrochent

L’accélération mondiale des contaminations a fait décrocher les marchés boursiers, pas seulement en Europe. Wall Street a plongé à la clôture : Dow Jones -3,6 %, Nasdaq -3,7.

Mardi matin à l’ouverture, pour sa première séance de la semaine, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo dégringolait de plus de 4 %.

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a averti que la crise « pourrait mettre en péril la reprise » mondiale. Le FMI a déjà abaissé de 0,4 point sa prévision de croissance pour la Chine en 2020, à 5,6 %. La Chine étant la deuxième économie mondiale, ce repli devrait coûter 0,1 point de croissance au PIB planétaire.

 
 
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