Huit cas de coronavirus en Belgique : la situation suivie «pas à pas», «sans exagération mais sans minimiser non plus» (direct)

Rudi Vervoort, Jan Jambon, Maggie De Block, Sophie Wilmès, Elio Di Rupo,, Pierre-Yves Jeholet, Oliver Paasch, Wouter Beke, Antonios Antoniadis et Caroline Desir
Rudi Vervoort, Jan Jambon, Maggie De Block, Sophie Wilmès, Elio Di Rupo,, Pierre-Yves Jeholet, Oliver Paasch, Wouter Beke, Antonios Antoniadis et Caroline Desir - Belga

Six nouveaux cas de coronavirus ont été détectés en Belgique, a annoncé lundi la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block (Open Vld) à l’issue d’un comité de concertation consacré à l’épidémie. Avec la personne testée positive dimanche et celle revenue de Wuhan, en Chine, il y a quelques semaines et guérie depuis, cela porte à huit le nombre total de cas avérés depuis le début de l’épidémie mondiale.

«Aujourd’hui, commence une semaine cruciale. Le retour de vacances a des conséquences», a expliqué Mme De Block lors d’une conférence de presse après le comité de concertation réunissant, sous la direction de la Première ministre, les ministres-présidents des Régions et des Communautés ainsi que les ministres compétents.

A l’échelle mondiale, le coronavirus a désormais infecté près de 90.000 personnes, selon un décompte de l’université américaine Johns-Hopkins (Baltimore) tandis que le bilan total a dépassé lundi le cap des 3.000 morts. Le niveau de risque est passé de «modéré» à «élevé» dans l’Union européenne, a annoncé la Commission européenne durant la matinée.

Isolées à l’hôpital ou à domicile

Les six nouvelles personnes infectées revenaient de régions à risque au nord de l’Italie. Elles sont originaires des différentes régions de Belgique (dont une de Bruxelles qui se trouve à l’isolement chez elle) et trois d’entre elles sont de la même famille, a indiqué Mme De Block, sans donner d’autre précision pour respecter leur vie privée. Elles se trouvent soit à leur domicile avec des mesures particulières d’isolement, soit à l’hôpital.

Les autorités devront déterminer qui ces personnes ont rencontré à leur retour afin que leur entourage puisse également être dépisté. La ministre s’attend d’ailleurs à ce que de nombreuses personnes se présentent cette semaine à l’hôpital pour réaliser un test.

Chaque jour, à 10h00, le SPF Santé publique enverra une communication sur l’état de la question. Le point a également été au coeur d’un comité de concertation extraordinaire. Si une coordination est déjà en place entre experts des différents niveaux de pouvoir au sein d’un «risk management group», c’est la première fois qu’une telle réunion avait lieu au niveau politique.

« La situation suivie pas à pas »

La Première ministre Sophie Wilmès a insisté sur la coordination entre les entités et le pouvoir fédéral face au coronavirus sur la base des avis fournis par un comité scientifique. «Nous suivons la situation pas à pas, sans exagération mais sans minimiser non plus. Nous appelons au calme et à la sérénité», a-t-elle dit. «Il faut que les décisions qui sont prises soient cohérentes entre le Nord et le Sud du pays. Et il y a la volonté autour de la table de prendre des décisions sur la base des avis scientifiques et dans la cohérence».

Tous les mercredis à 8h, la Première ministre, les ministres-présidents et les ministres concernés se retrouveront pour faire le point de la situation. A l’échelon fédéral, le coronavirus sera également évoqué en comité ministériel restreint tous les vendredis matin.

Une réunion interministérielle relative à l’impact économique du coronavirus est par ailleurs prévue ce lundi après-midi, à 15h00, au cabinet de la ministre fédérale de l’Economie et de l’Emploi Nathalie Muylle.

Une heure avant, la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale recevra à son cabinet, à Jambes, les acteurs médicaux sur le territoire wallon. L’objectif de cette rencontre sera d’écouter et d’échanger afin d’optimaliser la collaboration, de mesurer l’état de la situation sur le COVID-19 et de préciser l’implication des uns et des autres dans la gestion d’une éventuelle épidémie au sud du pays.

Les écoles

Au niveau de l’enseignement, aucune mesure spécifique n’a été prise pour le moment, alors que viennent de se terminer les vacances de Carnaval. La situation est suivie de près, assure la ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles Caroline Désir. Elle appelle les parents d’enfants malades à les (faire) garder à la maison et à être particulièrement attentifs s’ils reviennent de zones à risque comme le nord de l’Italie.

Les quatre écoles européennes Schola Europaea de Bruxelles ont, elles, demandé à leurs élèves et professeurs de retour de voyage dans les zones à risque de rester ces 14 prochains jours à la maison.

Pour rappel, le SPF Santé publique fournit une information continue sur le site internet https://www.info-coronavirus.be/fr/. Il existe également un centre d’appels que les citoyens en quête de réponses peuvent contacter (0800/14.689).

« Nous ne sommes pas dans le déni »

A Bruxelles, c’est la Commission Communautaire Commune qui est chargée d’assurer un traçage des personnes en contact avec celles qui ont été contaminées. Les instructions ont été données aux hôpitaux pour l’organisation d’un double flux au niveau des services d’urgences pour assurer une prise en charge séparée des personnes présentant des symptômes de type respiratoire.

Selon le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, les mesures prises en matière de santé publique en Belgique sont similaires à celles prises en Europe du nord, notamment au Luxembourg et aux Pays-Bas.

A propos de l’arrêté de police pris dimanche par la commune de Woluwe-Saint-Lambert, «il a été rappelé la nécessité qu’aucune initiative individuelle isolée ne soit prise et que tout soit décidé au conseil de sécurité. Par rapport à l’arrêté, l’idée est de travailler à un corpus plus général hors arrêté de police avec des mesures plus générales recouvrant l’arrêté de police tel qu’il avait été pris», a précisé Rudi Vervoort.

D’après le ministre-président bruxellois, pour l’instant, l’arrêté de Woluwe-Saint-Lambert n’a pas été retiré.

«Nous ne sommes pas dans le déni. La situation épidémiologique en Belgique ne nécesité pas d’autres mesures. Quand on va trop loin, il est dur de revenir en arrière», a encore commenté le ministre-président.

 
 
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