Coronavirus - L'euro grimpe de plus d'1% face au dollar en raison de craintes sur la croissance mondiale

Vers 14H10 GMT (15H10 à Bruxelles), l'euro prenait 0,80% face au billet vert, à 1,1116 dollar, une demi-heure après être monté jusqu'à 1,1164 dollar, un niveau plus vu depuis janvier.

Après avoir plongé au cours des 15 premiers jours du mois de février, tombant même à un niveau plus vu depuis près de trois ans face au dollar, la devise européenne opère depuis quelques jours un rebond spectaculaire.

Pour Matt Weller, analyste chez Gain Capital, il semblerait que l'euro soit "de façon contre-intuitive devenu une sorte de +valeur refuge+", au même titre que le yen. Une valeur refuge a tendance à s'apprécier en période d'incertitudes politiques ou économiques, ce qui est actuellement le cas avec l'économie de nouveau coronavirus, dont les conséquences à long terme demeurent floues.

Plus tôt dans la journée, l'OCDE a ramené sa prévision de croissance planétaire de 2,9% à 2,4% et le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a appelé les pays de l'UE à agir pour soutenir l'économie.

Alors que depuis plusieurs mois, le dollar avait tendance à être dépeint comme une valeur refuge, au détriment de l'euro, ce soudain changement de tendance à de quoi surprendre au premier abord. Mais pour Ulrich Leuchtmann, analyste pour Commerzbank, la capacité d'une devise à être considérée comme une valeur refuge provient du "différentiel de taux d'intérêt". "Comme la Fed peut abaisser son taux directeur de manière beaucoup plus importante que la BCE ne peut abaisser son taux de dépôt, une monnaie à faible rendement devient automatiquement candidate pour être un refuge en période de difficultés économiques", a-t-il expliqué.

Le dollar a, en effet, longtemps profité de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine plus restrictive, ce qui le rendait plus rémunérateur et donc plus attractif pour les cambistes.

Mais vendredi, la banque centrale a signalé qu'elle pourrait abaisser ses taux d'intérêt pour aider l'activité économique, pesant sur la devise. A l'inverse, avec des taux directeurs nuls, et même négatifs, la Banque centrale européenne dispose de moins de marge de manœuvre pour agir.

 
 
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