La formation, un levier pour faire évoluer sa carrière professionnelle

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Choisir un métier, suivre des études, trouver un boulot. Le chemin vers le monde du travail semble tout tracé. Pourtant, entre le casse-tête de l’orientation et la réalité de la profession choisie, les désillusions peuvent être grandes. De quoi pousser certains jeunes à reprendre une formation quelques années seulement après avoir quitté l’école. Selon les derniers chiffres de Stabel, 45% de la population âgée de 25 à 64 ans a suivi au moins une formation au cours de l’année 2018. Et ce sont les jeunes adultes les plus concernés.

Johanne, 28 ans, a décidé de sauter le pas en septembre dernier. Déçue de son expérience professionnelle dans le secteur de la communication, elle suit actuellement des cours pour devenir professeure de français langue étrangère.

« Mon premier boulot était la suite d'un parcours universitaire suivi plutôt par défaut que par choix réel. J'aimais lire, écrire et rencontrer des gens: je ne savais pas vraiment comment mettre ça en pratique. Je ne sais pas si je le trouverai davantage dans cette formation, mais j'avais clairement besoin d'essayer autre chose et de me prouver que j’étais capable de changement. Cette formation répond à un besoin d'avoir un peu les mains dans le cambouis à ma manière », témoigne-t-elle. Comme Johanne, de nombreux Belges réfléchissent à se réorienter professionnellement. Quête de sens, sécurité ou confort, les raisons sont multiples.

Pour Alice aussi, l’histoire commence par des études en demi-teinte. « J’ai fini mon master en traduction sans grande conviction. Je savais déjà que je n’aimais plus trop ça mais je n’avais pas d’autre idée de master. Ensuite on m’a directement proposé un bon job, donc je n’ai pas trop réfléchi et je me suis lancée, même si je savais déjà que je n’allais pas forcément aimer. Et comme prévu, ce n’était pas fait pour moi », résume la jeune femme.

Aujourd’hui, Alice suit une formation en illustration, en parallèle de son travail. « Cette formation m’apporte la créativité qui me manque dans la traduction. Je me sens beaucoup plus impliquée et davantage fière de moi. Je ne sais pas si je vais devenir illustratrice à proprement parler, mais peut être en faire une activité complémentaire ou m’occuper de tâches plus créatives dans mon boulot actuel. »

Ajouter une corde à son arc

Se former n’est pas réservé aux personnes désireuses de changer de métier. C’est aussi un bon moyen d’acquérir de nouvelles compétences, afin de les mettre en pratique dans son travail. C’est ce qui a poussé Claire à rouvrir ses cahiers. « Je travaille dans un centre Fedasil, où je suis amenée à donner quelques cours de français. Je manque de méthode à ce niveau, donc j’ai décidé de suivre une formation pour me sentir plus à l’aise. C’est une façon de rajouter une corde à mon arc », commente-t-elle.

Apprendre tout au long de sa carrière, c’est ce qui s’appelle la formation continue. Selon Stabel, 84% des entreprises offrent, sous différentes formes, cette possibilité à leurs collaborateurs. Une façon notamment de faire évoluer les compétences en fonction des besoins réels. La Belgique serait pourtant à la traine concernant ce type d’apprentissage, au regard des chiffres d’Eurostat: seulement 9,7 % de la population active belge suit une formation continue.

Que les cours soient payés ou non par l’employeur, suivre une formation demande souvent quelques concessions. Et du temps surtout. Mais les trois jeunes femmes s’accordent: le jeu en vaut la chandelle. « On a le droit, presque le devoir aujourd'hui, de se former tout au long de sa vie », conclut Johanne.

 
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