Migrants à la frontière gréco-turque: l’Union européenne débloque 700 millions d’euros

Migrants à la frontière gréco-turque: l’Union européenne débloque 700 millions d’euros

« Les inquiétudes grecques sont les nôtres », a assuré mardi en Grèce la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, aux côtés des présidents du Conseil et du Parlement européens, du Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et du Premier ministre croate Andrej Plenkovic. La délégation des principales institutions européennes, réunies en urgence en Grèce après l’ouverture des frontières par la Turquie, a été l’occasion pour la Commission d’assurer la Grèce de son plein soutien, y compris dans la gestion des milliers de migrants qui se pressent désormais à ses portes.

« Ceux qui veulent tester l’unité de l’Europe seront déçus », a lancé une Von der Leyen au ton déterminé, pointant que la priorité de l’Europe en ce moment était « le maintien de l’ordre aux frontières extérieures grecques ».

La présidente de l’exécutif européen a fait le point sur l’aide européenne rapidement débloquée : à la suite d’une requête grecque, l’agence européenne Frontex « s’apprête à déployer une équipe d’intervention rapide aux frontières (RABIT) et à envoyer sur place un vaisseau, six bateaux de patrouilles côtières, deux hélicoptères, un avion, trois véhicules à thermovision ainsi que 100 garde-côtes en plus des 530 déjà présents sur place, pour apporter de l’aide en mer et sur terre ».

Une assistance financière de l’UE à hauteur de 700 millions d’euros dont 350 millions immédiatement disponibles a également été annoncée, pour la gestion sur place des migrants.

Finalement, le mécanisme de protection civile de l’UE a été activé sur demande d’Athènes. Il permettra d’apporter une assistance sous la forme d’équipements médicaux, entre autres, a ajouté la présidente de la Commission, qui a appelé à « garder la tête froide et agir sur base de nos valeurs ».

« La Turquie n’est pas notre ennemie, et les personnes ne sont pas juste un moyen d’arriver à un objectif », a encore indiqué Ursula von der Leyen lors de sa brève allocution, au cours de laquelle elle n’a pas abordé directement l’annonce faite dimanche par le gouvernement grec d’un arrêt complet des nouvelles demandes d’asile pour un mois.

Cette fermeture des postes frontières a été sévèrement critiquée lundi par le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), pour qui la décision grecque n’a pas de « base légale ». La commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, s’est également inquiétée de cette situation, ainsi que de possibles refoulements collectifs. « L’augmentation du contrôle aux frontières ne peut être la seule réponse », avait insisté la gardienne des droits de l’homme en Europe. Elle s’est dit « alertée » par les récits rapportant que des personnes en mer, tentant de rejoindre la Grèce, n’ont pas été secourues ou auraient été repoussées.

Mardi, le président du Conseil européen Charles Michel est l’un des seuls à avoir abordé la question, de manière indirecte. Lors de sa brève prise de parole, le Belge a estimé qu’il était « crucial d’agir d’une manière proportionnée et en respect de la législation internationale et des droits humains ». « Nous vous faisons confiance, et avons confiance en votre discernement », a-t-il lancé au Premier ministre grec.

 
 
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