Coronavirus - "La demande de voyages en avion peut de nouveau se stabiliser en quelques semaines" (2)

Les dirigeants des principales compagnies aériennes européennes étaient réunis mardi à Bruxelles pour un sommet de l'association Airlines for Europe (A4E), dont font également partie des groupes comme Air France-KLM, easyJet, Lufthansa et TUI.

Le nord de l'Italie est actuellement le plus touché par la propagation du virus en Europe. Presque toutes les compagnies aériennes ont déjà annoncé des changements dans leur offre de vols vers cette région en raison de réservations bien moins importantes qu'en temps normal. Ce sont principalement les voyages qui sont touchés, d'après elles, entre autres à cause de l'annulation d'importantes foires ou d'autres événements.

"Nous surveillons la situation de manière permanente", a assuré Willie Walsh, qui s'attend à une stabilisation de la demande d'ici quelques semaines s'il n'y a pas de nouvelle épidémie. Ce qui s'est déjà produit en Asie, d'où vient le coronavirus, mais où les réservations sont tout de même à un niveau plus faible qu'auparavant. "Comme lors d'autres événements, le trafic aérien reprendra en temps voulu", estime le patron d'IAG.

Un avis que partage son collègue de Ryanair. "Je m'attends à ce que les réservations soient très faibles pendant quelques semaines", a ainsi confié Michael O'Leary dans un entretien à Belga. Selon lui, "sauf nouvelle poussée du virus ou paranoïa", tout se calmera d'ici les vacances de Pâques. Il ne voit d'ailleurs pas (encore) de baisse des réservations pour cette période. "Le nombre de nouveaux cas va ralentir, les mesures de confinement seront raisonnablement efficaces, la tempête médiatique va se calmer et les gens vont finir par se lasser."

L'été devrait dès lors se dérouler normalement pour le secteur, prédit le patron de Ryanair. A ses yeux, plusieurs compagnies aériennes qui dépendent de leurs liquidités et qui seront fortement touchées par la crise sanitaire actuelle devraient cependant faiire faillite dans les mois à venir.

A ses yeux, il faut surtout apporter des réponses les plus sensées et proportionnées possibles, gérer la situation avec calme et rappeler les consignes d'hygiène aux passagers. Il n'est par contre pas nécessaire d'interdire des vols ou d'annuler des concerts ou des matches de football, "des mesures qui ne sont pas efficaces". "Il faut continuer à vivre le plus normalement possible", insiste-t-il. "Nous ne sommes pas la Chine et ne pouvons pas mettre des villes entières en quarantaine. Ca n'a d'ailleurs pas fonctionné."

Le coronavirus peut cependant avoir des conséquences pour le secteur. Ben Smith, le CEO d'Air France-KLM s'attend par exemple à ce que la crise accélère la vague de consolidation du secteur. Les compagnies aériennes plus faibles feront faillite et/ou seront reprises. "La crise ne devrait pas constituer une excuse pour que les compagnies aériennes plus faibles demandent des aides d'État", a d'ailleurs mis en garde Willie Walsh. Air France-KLM demandera toutefois le report de l'introduction prévue de certaines taxes de vol, comme en France.

Pour Airlines for Europe, il est en tous les cas trop tôt pour pouvoir estimer l'impact total du virus. L'organisation rejoint cependant l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui a demandé lundi que les règles régissant l'utilisation des créneaux aéroportuaires soient suspendues immédiatement pour la saison 2020.

Il y a une dizaine de jours, l'Iata avait estimé que le coronavirus coûterait aux compagnies aériennes du monde entier plus de 29 milliards de dollars de revenus. Mais elle avait alors supposé que l'impact serait en grande partie limité à l'Asie de l'Est. Pour l'Europe, la perte de revenus n'avait été calculée qu'à hauteur de 600 millions de dollars. Une estimation qui semble à présent dépassée, maintenant que le virus est également apparu en Europe.

 
 
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