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Un jeune sur quatre a déjà été exposé à un viol

Une enquête commandée par Amnesty et SOS Viol révèle qu’un Belge sur deux a déjà été exposé à au moins une forme de violence sexuelle. Les femmes et les jeunes sont davantage concernés.

Info « Le Soir » - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Les violences sexuelles ne concernent pas que le milieu du cinéma, du sport de haut niveau, ou de l’Église. Loin de là. Elles sont même particulièrement prégnantes dans notre société. Une enquête commandée par Amnesty International (Belgique) et SOS Viol révèle aujourd’hui l’ampleur du phénomène. Ainsi, 47 % des Belges ont déjà été exposés à au moins une forme de violence sexuelle, allant de demandes insistantes à caractère sexuel au viol. Une femme sur cinq dit avoir été « personnellement exposée » à ce crime, un chiffre en augmentation par rapport à la dernière étude d’Amnesty datant de 2014 (13 %). Un jeune sur quatre indique aussi avoir été exposé à un viol. La jeunesse est en première ligne : la moitié des personnes qui ont été confrontées à une forme de violence sexuelle l’ont été pour la première fois avant l’âge de 19 ans.

La victime responsable de son agression pour un homme sur deux

L’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de 2.300 Belges de 15 à 85 ans, fait aussi la lumière sur les stéréotypes au sujet du viol. Un homme sur cinq estime par exemple que « les femmes aiment être forcées », que « la violence est sexuellement excitante pour elles »… Près d’un jeune sur quatre adhère aussi à cette croyance (contre 11 % des femmes). 39 % des hommes et 25 % des femmes jugent encore que « les femmes accusent souvent à tort ». Plus globalement, près de la moitié des hommes (48 %) et 37 % des femmes estiment qu’une victime peut être en partie responsable de son agression, par exemple lorsqu’elle portait des vêtements sexy (16 %), lorsqu’elle n’a pas clairement dit « non » ou qu’elle ne s’est pas défendue (16 %) ou lorsqu’elle s’est rendue volontairement chez son violeur (15 %).

Lutter l’impunité

Quatre victimes sur dix ont parlé de leur agression à la police, rapporte le sondage, mais seules 14 % des femmes étaient satisfaites de la démarche (pour 31 % des hommes). 68 % des répondants pensent que le classement sans suite est dommageable car il contribue à l’impunité des violeurs.

Amnesty et SOS Viol demandent désormais aux autorités de prendre des mesures fortes et de se doter des moyens nécessaires. Les associations plaident notamment pour un renforcement de l’Evras (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle), une meilleure formation du personnel de première ligne, une pérénisation des centres de prise en charge des violences sexuelles, une lutte plus efficace contre l’impunité des violeurs et une publication de données statistiques, y compris le taux de condamnation pour viol.

▶ Tous les enseignements de l’étude et l’analyse sur Le Soir+

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