Saturée de demandes d’aide, l’asbl «SOS Viol» attend un refinancement public

Saturée de demandes d’aide, l’asbl «SOS Viol» attend un refinancement public

Les ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Santé et Droits de femmes, Ecolo) et Valérie Glatigny (Maisons de justice, MR) ont effectué jeudi midi une visite de travail auprès de « SOS Viol », une association subsidée par la FWB et qui assure une aide psychologique, juridique et sociale aux victimes de viol.

Chaque année, celle-ci organise gratuitement plus de 2.000 consultations de victimes de viol. Et depuis 2016, à la demande de la FWB, l’asbl assure également une ligne d’écoute gratuite (0800/98.100) pour les victimes.

En quatre ans d’existence à peine, le nombre d’appels enregistrés par l’asbl a progressé de plus de 50 % alors que son financement public est, lui, resté inchangé, ce qui la place aujourd’hui aux limites de ses possibilités.

Jusqu’à trois semaines de délais

« Nous sommes à saturation de nos capacités d’accueil », a ainsi averti Joëlle Delmarcelle, coordinatrice de l’association, devant les deux ministres.

« Avant, il se passait en moyenne une semaine entre un appel à la ligne gratuite et le premier entretien en consultation dans nos locaux. Maintenant, par manque d’effectifs, il peut y avoir entre trois semaines à un mois qui s’écoulent. Nous ne savons plus non plus assurer un suivi régulier des consultations, ce qui fait qu’on a beaucoup de pertes, c’est-à-dire des gens qui ne viennent plus… ».

Pour pouvoir faire face aux besoins, « SOS Viol », qui aujourd’hui fonctionne avec une petite équipe de 5,5 équivalents temps plein (ETP), aurait besoin d’en embaucher deux supplémentaires, soit un coût supplémentaire de 100.000 euros sur base annuelle, selon Joëlle Delmarcelle.

L’association, installée à proximité de la gare du Midi, bénéficie aujourd’hui d’un financement structurel de la FWB à hauteur de 250.000 euros, complété par un financement de 75.000 euros – renouvelé sur base annuelle — pour la gestion de sa ligne d’écoute gratuite.

Jeudi, le gouvernement de la Fédération a d’ailleurs annoncé avoir prolongé pour un an ce financement de 75.000 euros.

Devant les responsables de l’asbl jeudi midi, la ministre Linard a toutefois fait part de sa volonté de pérenniser ce subside pour l’avenir, mais sans s’engager toutefois à ce stade sur une quelconque augmentation des moyens financiers à l’association.

Près de la moitié des patient(e)s de « SOS Viol » venant de Wallonie, celle-ci a aussi dit vouloir étudier l’opportunité de créer une antenne de « SOS Viol » dans le sud du pays pour limiter les (longs) déplacements vers la capitale.

Par manque de moyens financiers suffisants, l’asbl ne peut par ailleurs assurer l’ouverture de sa ligne d’écoute téléphonique que du lundi au vendredi, et ce de 8h à 18h seulement.

Or, la Convention d’Istanbul de 2011 sur la prévention et la lutte contre les violences envers les femmes – dont la Belgique est signataire — impose d’assurer un tel service 24h/24, et ce 7 jours sur 7, ont rappelé jeudi les responsables de « SOS Viol », ce qui nécessitera ici aussi des moyens financiers complémentaires.

 
 
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