Paris - Nice, la planche de salut pour de nombreux coureurs en raison du coronavirus

Paris-Nice plutôt que Tirreno pour Philippe Gilbert (Lotto-Soudal).
Paris-Nice plutôt que Tirreno pour Philippe Gilbert (Lotto-Soudal). - PNews

Au bout d’une semaine surréaliste, où les dirigeants du cyclisme mondial ont une fois de plus affiché leur incapacité à faire front et parler d’une seule voix, où les puissants organisateurs d’épreuves se sont arc-boutés sur leurs intérêts financiers pour coûte que coûte sauvegarder leurs épreuves, les 152 coureurs choisis, parfois à la hâte, pour disputer Paris-Nice signeront la feuille de départ, ce dimanche à Plaisir. Bourgade des Yvelines dont l’évocation rendra effectivement le sourire aux amateurs de vélo, qui ont bien cru être sevrés de leur sport favori jusqu’au début du printemps. Mais la France n’est pas l’Italie, la propagation du Corvid-19 y est plus lente que dans la Botte, où RCS (malgré un lobbying acharné jusque dans les dernières heures) a finalement dû se ranger derrière le décret gouvernemental et gommer Strade Bianche, Tirreno-Adriatico et Milan-Sanremo du calendrier de mars. Le plateau de Paris-Nice, corollaire direct, « profite » de ces annulations et retrouve une qualité rarement atteinte ces quinze dernières années. Christian Prudhomme et ASO se gardent évidemment de tout triomphalisme déplacé, d’autant qu’ils savent mieux que quiconque que la « Course au soleil » s’élance avec une épée de Damoclès au-dessus de la nuque.

Epée de Damoclès

Pas sûr en effet qu’elle aille à son terme, si d’aventure le « stade 3 » de la propagation était décrété dans l’Hexagone dans les prochaines heures, les prochains jours… Hypothèse plausible mais puisque les autorités sanitaires françaises le permettent (moyennant quelques mesures étonnantes, comme l’interdiction de signer la feuille de départ avec le même stylo que le coureur précédent, pas de selfie,...), on va rouler. Et affronter un parcours dont les principaux points de référence seront le chrono individuel de St-Amand-Montrond mercredi (15 km dans le jardin d’un Julian Alaphilippe en manque de certitudes), l’étape « ardennaise » de vendredi (six petites côtes avant arrivée à Apt), la journée alpestre de samedi (arrivée dans la station de ski de Valdeblore La Colmiane, avec une montée finale de 16,3 km à 6,3 %) et la finale dominicale (quatre cols de l’arrière-pays azuréen). Plus que jamais, difficile d’éluder les grands absents, sept équipes du WorldTour ayant choisi de renoncer à toute compétition dans les deux prochaines semaines, par mesure de prudence. Jumbo-Visma (van Aert), Movistar (Mas), Astana (Angel Lopez), CCC (Van Avermaet), Mitchelton-Scott, UAE Emirates et Team Ineos (Bernal) font ainsi l’impasse, des renoncements qui ouvrent la porte à deux équipes jusque-là pas conviées (dont Circus – Wanty Gobert avec Meurisse et les frères van Poppel). Egan Bernal (lauréat l’an dernier) ne défendra donc pas son titre, mais l’un de ses compatriotes a tous les traits du grand favori : son aîné Nairo Quintana, en forme affûtée depuis le début de saison (vainqueur du Tour de la Provence et du Tour des Alpes et Var).

Les principaux engagés : Nairo Quintana, Warren Barguil, Nacer Bouhanni (Arkéa), Vicenzo Nibali, Richie Porte (Trek), Romain Bardet, Oliver Naesen (AG2R), Thibaut Pinot (Groupama), Julian Alaphilippe (Deceuninck), Peter Sagan (Bora), Philippe Gilbert, Thomas De Gendt (Lotto), Dylan Teuns (Bahrein), Michael Matthews, Tiesj Benoot (Sunweb), Elia Viviani (Cofidis), Sep Vanmarcke (EF)...

 
 
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